Artistes, architectes et artisans. Art canadien 1890–1918

Dernière chance ! L'exposition se termine le 17 février 2014

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Au cours des quelques décennies qui s’écoulent entre l’achèvement de la voie ferrée transcontinentale du Canadien Pacifique en 1886 et la fin de la Première Guerre mondiale, le Canada, qui était jusqu’alors une alliance fragile d’anciennes colonies indépendantes, se mue en une nation agricole et industrielle. L’optimisme et un nouvel esprit de fierté nationale marquent le point culminant de cette période d’expansion, stimulée par l’immense accroissement de la population dû à l’immigration. De la croissance urbaine naît une demande pour de nouveaux bâtiments, qui deviennent le cocon des ambitions civiques et offrent aux artistes de nouveaux débouchés. Depuis l’ameublement et l’aménagement intérieur des résidences privées jusqu’à la conception et la décoration des bâtiments publics, en passant par l’aménagement du paysage et du tissu urbains, l’époque est à la réforme. Artistes, architectes et artisans unissent leurs talents dans des projets communs, introduisant la peinture dans l’architecture, le design et l’ameublement. Cette exposition vous fait découvrir l’architecture, l’urbanisme, la peinture, les arts appliqués, les arts graphiques et la photographie qui ont marqué les jeunes années du Canada en atteignant des niveaux de qualité jusqu’alors inconnus dans la brève histoire du pays. Pour en savoir plus, consultez le site du Magazine MBAC.

Aperçu de l’exposition

Les thèmes abordés dans l’exposition Artistes, architectes et artisans. Art canadien 1890–1918  sont variés. Explorez ci-dessous certains de ces sujets et images.

 

Un esprit d’inspiration mutuelle

Les années 1890 sont une période d’interaction sans précédent entre les artistes canadiens de diverses disciplines. Les peintres et les sculpteurs trouvent leur inspiration dans la musique et la littérature. Les architectes travaillent avec les peintres et les sculpteurs, et jouent un rôle actif dans des organisations artistiques plus vastes. Les artisans défendent la nécessité de reconnaître que l’art ne se résume pas à créer un objet que l’on encadre et que l’on accroche à un mur, mais qu’il imprègne tous les aspects de la vie quotidienne. Les communautés d’intérêts et les amitiés nouées donnent naissance à des projets collaboratifs entre des peintres, des sculpteurs, des écrivains, des musiciens, des architectes et des artisans, tous réunis par des inspirations et des idéaux communs.

Steinway & Sons, New York, piano; W.W. Scott & Co., Montréal, caisse de piano, sculptée par G.W. Hill (1862–1934), d’après le plan d’Edward & W.S. Maxwell,<em>Piano et banc pour la maison de Louis-Joseph Forget</em>, 1902, piano, pin et cuivre, 143 × 163 × 75 cm, The Lake St. Louis Historical Society La Fondation Macdonald-Stewart, Montréal, Photo © Brian Merrett R. Tait McKenzie (1867–1938), Fonderie inconnue, Archibald Lampman 1903, bronze, 30 cm de diamètre, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (42516), Don de Margot L. Johnston, Ottawa, 2008, Photo © MBAC George A. Reid (1860–1947), Adagio 1893, huile sur toile, 76,5 × 127 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (23115), Acheté en 1978, Photo © MBAC Sidney Carter (1880–1956), Walter Allward v. 1906, épreuve au platine et au palladium, 21,7 × 16,3 cm, Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts, du Canada, Ottawa, Don de Peter Allward, 1997 (137), Photo © MBAC
 

 

Des viviers pour la création artistique

À la fin du XIXe siècle, artistes, écrivains, architectes, photographes et musiciens créent des associations professionnelles afin de promouvoir leurs disciplines respectives. Ils se retrouvent de manière informelle dans des ateliers et créent des cercles artistiques pour stimuler une plus grande interaction et une inspiration mutuelle. Les cercles et les associations comme la Woman’s Art Association of Canada et le Pen and Pencil Club de Montréal (tous deux fondés en 1890), l’Arts and Letters Club de Toronto (fondé en 1908) et l’Heliconian Club de Toronto (1909) organisent régulièrement des événements musicaux, littéraires ou artistiques. Ces groupes, ainsi que le mensuel Le Nigog, deviennent des viviers de partenariats créatifs et des catalyseurs de nombreuses activités importantes pendant plusieurs décennies.

W.W. Kissock (actif 1898–1917), Membres de l’Arts Club lors de son inauguration, Montréal mars 1913, épreuve à la gélatine argentique sur carton, carton 25,2 × 35 cm, Collection d’architecture canadienne John Bland, Livres rares et collections spécialisées, Bibliothèque de l’Université McGill, Montréal, Photo © MBAC
 

 

L’intégration des arts : l’espace public

L’intégration des arts dans un cadre architectural revêt de nombreuses formes au XIXe siècle, mais avant 1900, il est rare qu’un architecte ou un décorateur conçoive et réalise un projet comme un tout unifié. Ce sont les églises qui offrent aux peintres et aux architectes les premières occasions d’unir leurs talents, car la peinture est un outil important pour la transmission des connaissances et de la foi. L’intérêt de George Reid pour la peinture murale naît à Paris et se développe au gré des amitiés qu’il noue à Onteora, dans les monts Catskills aux États-Unis, lieu de séjour estival très prisé des artistes. Reid et d’autres artistes torontois créent la Society of Mural Decorators en 1894. Peu après, ces derniers proposent un projet de décoration pour le tout nouvel hôtel de ville de Toronto. Toutefois, les projets qu’ils présentent ensuite pour les édifices du parlement de Toronto et d’Ottawa reçoivent peu de soutien, voire aucun. Au début du XXe siècle, quelques architectes sont chargés de tous les aspects des nouveaux bâtiments publics. Grâce à une collaboration avec des artisans qualifiés, ils réalisent un véritable chef-d’œuvre.

Robert Harris (1848–1919), Dessin de l’élévation intérieure du mur nord de la chapelle All Souls’, cathédrale St. Peter’s, Charlottetown,I.-P.-E. v. 1888–1889, aquarelle et mine de plomb sur papier, 52,4 × 96,8 cm, Confederation Art Gallery, Charlottetown (H-526), Don du Robert Harris Trust, 1965, Photo © Confederation Art Gallery, Charlottetown Image
 

 

Des palais flottants pour voyager et se divertir

Vers 1900, la Richelieu and Ontario Navigation Company commande les bateaux à vapeur le Toronto, le Kingston et le Montreal pour naviguer sur les eaux du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent. Ces bateaux sont dessinés par l’architecte naval Arendt Angstrom, de la Bertram Engine Works. L’architecte Charles Acton Bond conçoit les aménagements intérieurs et l’ameublement. Il s’occupe également de choisir et de faire exécuter la décoration. Fred Challener peint l’ornementation des trois bateaux, ce qui lui vaut par la suite de recevoir des commandes pour des restaurants, des théâtres et des hôtels, en collaboration avec divers architectes.

Fred Challener (1869–1959), Maquette pour « L’apothéose de l’art dramatique », au théâtre Russell, Ottawa 1901, pastel sur papier émerisé, encadré de plâtre, 55,2 × 160,5 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (29195), Acheté en 1985, Photo © MBAC
 

 

Regina et Montréal

Au cours de la première décennie du XXe siècle, l’agence d’architectes montréalaise Edward & W. S. Maxwell remporte deux contrats importants : la construction du parlement de Regina, dans la toute nouvelle province de la Saskatchewan, et celle de l’édifice de l’Art Association of Montreal (aujourd’hui le Musée des beaux-arts de Montréal). L’agence mène ces deux projets de bout en bout, conception des plans, des élévations, des détails architecturaux, des structures en métal et en maçonnerie, et même de l’ameublement et de la décoration. Elle collabore avec des artisans qualifiés de Montréal et de Regina pour l’exécution.

Edward Maxwell (1867–1923) et W.S. Maxwell (1874–1952), Assemblée législative de la Saskatchewan à Régina. Dessin 274: ¾” détails du buffet de la salle à manger principale  1911, Encre sur lin avec inscriptions à la mine de plomb 28,6 × 35,2 cm, Collection d’architecture canadienne John Bland, Bibliothèque de l’Université McGill, Montréal Edward Maxwell (1867–1923), Édifice législatif et exécutif de la Saskatchewan à Regina 1909, aquarelle, plume et encre sur papier, 53,5 × 78,8 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (306), Morceau de réception à l’Académie royale des arts du Canada déposé par l’architecte, Montréal, 1911, Photo © MBAC The Craftsmen Limited, d’après le plan d’Edward, Maxwell (1867–1923) et W.S. Maxwell (1874–1952), Buffet de la salle à manger principale de l’édifice, législatif et exécutif de la Saskatchewan à Regina 1912, chêne blanc d’Amérique, 213,4 × 233,7 × 58,4 cm, avec poignées en métal et verre, Assemblée législative de la Saskatchewan, Regina, Photo © MBAC
 

 

Percy Nobbs

L’architecte Percy Nobbs, qui a fait ses études en Écosse, arrive d’Angleterre en 1903 afin d’occuper la deuxième chaire d’architecture Macdonald à l’Université McGill. Il a étudié à l’Université d’Édimbourg, à l’Edinburgh School of Art et à la Rowand Anderson’s School of Applied Art, et effectué son apprentissage auprès de R. S. Lorimer, l’éminent architecte écossais du mouvement Arts and Crafts, avant de travailler pour le County Council de Londres. Sa formation lui a donné un goût marqué pour l’artisanat manuel avec la volonté de rester fidèle à la vérité des matériaux et des techniques, qu’il admire tant dans l’ancienne architecture rurale du Québec.

Percy Nobbs (1875–1964) pour Nobbs & Hyde, Modifications à l’église St. James, dessin no 23B : pélican sur panneau au-dessus de l’autel 12 novembre 1916, aquarelle et mine de plomb sur papier, 63,2 × 91,7 cm, Collection d’architecture canadienne John Bland, Livres rares et collections spécialisées, Bibliothèque de l’Université McGill, Montréal, Photo © Bibliothèque de l'Université McGill, Montréal J.K.N. et Percy Nobbs (1875–1964) pour Nobbs & Hyde, L’édifice Birks à Winnipeg : détail grandeur nature du médaillon en terre cuite : l’orfèvre 7 mai 1914, pinceau et encre sur papier de soie, 107,7 × 72,6 cm, Collection d’architecture canadienne John Bland, Livres rares et collections spécialisées, Bibliothèque de l’Université McGill, Montréal, Photo © Bibliothèque de l'Université McGill, Montréal Percy Nobbs (1875–1963) et Hutchison & Wood, Syndicat de l’Université McGill McGill, section XII   3 octobre 1904, Aquarelle, encre et mine de plomb sur papier 37 × 58 cm, Collection d’architecture canadienne John Bland, Bibliothèque de l’Université McGill, Montréal, Photo © MBAC Herman Sontheim (1877–1959) et Francesco Saverio, Sciortino (1875–1958), d’après le plan de Percy Nobbs (1875–1964), Support et contrepoids avec couvercle de fonts baptismaux de l’église St. James à Trois-Rivières 1917, support en fer forgé, contrepoids en zinc coulé et couvercle de fonts en chêne; support 56,5 × 190 × 16 cm; contrepoids 36 × 66 × 15 cm; couvercle 28 × 45,7 cm, Ville de Trois-Rivières, Photo © Brian Merrett
 

 

L’intégration des arts : l’espace privé

L’intégration des arts ne se confine pas à la sphère publique. On la remarque dans diverses demeures au Canada, particulièrement celles des artistes. À Toronto, d’éminents membres du mouvement Arts and Crafts, comme l’architecte Eden Smith, l’artiste George Reid et le designer-décorateur Gustav Hahn, introduisent la peinture dans l’architecture et font entrer l’artisanat dans tous les aspects de leur vie quotidienne. Reid encourage les arts appliqués, tout comme le fait Eden Smith par l’intermédiaire de l’Architectural 18 Club de Toronto, qui organise des expositions sur l’architecture et les arts connexes. À Montréal, les architectes Edward et William Maxwell sont en mesure de concevoir et de faire exécuter tous les détails intérieurs et extérieurs, y compris les décorations peintes et sculptées, de même que les tissus et les revêtements des murs. Percy Nobbs met sa compréhension aigüe de l’artisanat au service de la conception et de l’ameublement de sa propre résidence, tandis que l’homme d’affaires Charles Porteous choisit les murales, les ferronneries, les meubles et les décorations intérieures de sa maison sur l’île d’Orléans. La qualité de l’artisanat, tant local qu’importé, que l’on observe dans les maisons construites par Samuel Maclure et R. P. S. Twizell, architectes de la Colombie-Britannique, est la preuve éclatante de la relation étroite qui unit les concepteurs, les clients et les artisans.

Mary Hiester Reid (1854–1921), Au coin du feu 1912, huile sur toile, 61, 2 × 46 cm, Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto (87/174), Acheté en 1987, Photo © Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto George A. Reid (1860–1947) et la Reid Brothers Manufacturing Co. Piano et banc de piano 1900, piano droit avec caisse en chêne teint et ciré, portant quatre peintures à l’huile sur bois avec mécanisme en métal; banc de piano de chêne teint et ciré, 145,6 × 159,5 × 72,3; banc 53,2 × 105,5 × 29,7 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (30050.1-2), Acheté en 1989, Photo © MBAC
 

 

La Woman’s Art Association of Canada et la Guilde canadienne des métiers d’art

Le Woman’s Art Club est fondé à Toronto en 1890 afin de fournir aux femmes des modèles pour qu’elles puissent exécuter leurs dessins, et des salles pour lire et discuter. Deux ans plus tard, il devient la Woman’s Art Association of Canada et des sections naissent dans un certain nombre de villes canadiennes (y compris à Montréal en 1894), organisant régulièrement des expositions de tableaux et de porcelaine peinte. De ces activités naît un mécanisme qui permet de promouvoir les arts ménagers et l’artisanat ainsi que de former des travailleurs, d’énoncer des normes et de développer un marché. Le magasin « Our Handicraft Shop », ouvert au square Phillips à Montréal, est un comptoir permanent pour la distribution et la vente des ouvrages collectés. La Guilde canadienne des métiers d’art est fondée en janvier 1905. Elle achète en argent comptant des ouvrages de qualité et décerne des récompenses afin d’encourager l’excellence de la conception et l’utilisation de matériaux novateurs. Elle a pour but de préserver les compétences d’immigrants et de dissuader l’exode des habitants des collectivités rurales vers les grandes villes des États-Unis et du Canada.

Alice Hagen (née Egan) (1872–1972), Assiette à gâteau sur pied 1916, porcelaine Belleek, peinte à la main en émail, 11,8 cm × 22,5 cm de diamètre de la planche, Mount Saint Vincent University, Halifax (1966.1.85), Don de l’artiste, 1966, Photo © MBAC
 

 

La promotion des professions de l’artisanat

L’Ontario Society of Artists organise la première exposition d’arts appliqués de Toronto en avril 1900, sous la présidence de George Reid. L’objectif est d’« amener les gens à prendre conscience de la valeur d’un bel objet et de l’artisanat, afin de créer une demande à laquelle les fabricants devront répondre ». En 1904, la première exposition de l’Arts and Crafts Society of Canada se tient à Toronto. Les origines de ce mouvement – inspiré des idées de William Morris – sont « caractérisées par un retour vers la simplicité de la conception, l’adoption d’ornements appropriés et le remplacement de la machine par la main de l’homme chaque fois que possible ». Quand s’ouvre la deuxième exposition en décembre 1905, la Société a été rebaptisée la Canadian Society of Applied Art et des entreprises industrielles figurent en bonne place. Si l’identité des personnes qui produisent les biens commercialisés par la Woman’s Art Association et la Guilde canadienne des métiers d’art reste souvent inconnue, la Society of Applied Art indique le nom du concepteur et de l’artisan afin de stimuler la profession d’artisan et d’ouvrier qualifié pour l’industrie.

George A. Reid (1860–1947), Edwin Challener (1843–1914) et Mabel Adamson (1871–1943), Buffet 1904, chêne, cuivre et émail, 196 × 170 × 53,5 cm, Jeremy E. Adamson, Photo © MBAC Minnie Sophia Prat (1868–1901), Reliure pour William Bradley, The Book of Ruth and the Book of Esther (New York, R.H. Russell pour Will Bradley, 1897) septembre 1899, cuir brun travaillé avec dorures, 20,4 ×14,9 × 2 cm, Nova Scotia Archives, Halifax (Collection Prat / Starr, – MG 1, vol. 886, no.1), Don de Charles Henry Starr, 1986, Photo © Nova Scotia Archives, Halifax
 

 

Les arts graphiques et la photographie

Les domaines de la conception graphique et de l’édition, dans lesquels exercent nombre d’artistes torontois, sont largement représentés aux expositions de la Canadian Society of Applied Art. De 1893 à 1904, des membres de la Toronto Art Students’ League conçoivent et publient des calendriers annuels où se mêlent mise en page novatrice et thèmes canadiens des plus originaux. Mais comme ce sont des éditeurs installés dans d’autres pays qui sont propriétaires des droits d’exploitation des œuvres des auteurs étrangers, les éditeurs canadiens n’investissent pas dans des publications luxueuses conçues localement. Cependant, il existe une demande pour les concepteurs graphiques de la part de périodiques illustrés. On fait aussi appel à eux pour produire des textes enluminés, des motifs, des écussons, des sceaux et des ex-libris, et parfois des affiches.

Les photographes canadiens possèdent leurs propres associations pour promouvoir les diverses façons d’aborder ce moyen d’expression. Certains se passionnent pour ses aspects techniques, alors que d’autres cherchent à créer, grâce à leur maîtrise des outils, une image qui est l’expression individuelle d’une pensée, d’un ressenti ou d’un sentiment. Ces derniers présentent leurs œuvres à l’exposition Arts and Crafts de 1904 et, sous le nom de Studio Club, à l’exposition d’arts appliqués de 1905. En 1907, une exposition internationale majeure de photographie pictorialiste orchestrée par Sidney Carter se tient à l’Art Association of Montreal.

Tom Thomson (1877–1917), Paysage ornemental : citation tirée de The Foot Path of Peace de Henry Van Dyke v. 1915, encre sur papier, 28,5 × 21,7 cm, Collection McMichael d’art canadien, Kleinburg, (1980.3.1), Don de Mme M. Tweedale, Photo © The McMichael Canadian Art Collection Frank Johnston (1888–1949), L’étoffe dont les rêves sont faits 1918, tempéra sur mine de plomb sur carton à dessin, 98,5 × 74 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa (42966), Don de la famille de feu Henry Button, 2009, Photo © MBAC J.E.H. MacDonald (1873–1932), Ex-libris de l’Arts and Letters Club avant novembre 1917, épreuve en relief sur papier vélin, 13,3 × 8,3 cm, Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa, Photo © MBAC R. Weir Crouch (1865–1943), Couverture et quatrième de couverture pour A Calendar for the Year Nineteen Hundred and Four with Drawings Illustrating Some of the Characteristic Landscape Features of Canada (Toronto, The Musson Book Co. Limited for the Toronto Art League, 1903) 1903, imprimé, 34 × 24,9 cm (chacun), Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa, Photo © NGC R. Weir Crouch (1865–1943), Couverture et quatrième de couverture pour A Calendar for the Year Nineteen Hundred and Four with Drawings Illustrating Some of the Characteristic Landscape Features of Canada (Toronto, The Musson Book Co. Limited for the Toronto Art League, 1903) 1903, imprimé, 34 × 24,9 cm (chacun), Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa, Photo © NGC
 

 

L’artisanat et l’industrie

Il existe une tension constante entre la volonté de former des dessinateurs « techniciens » et celle de faire éclore des « artistes », mais les exigences techniques et mécaniques de nombre d’industriels laissent peu de place à la créativité. À une époque où l’économie canadienne se développe à toute allure et où les ambitions industrielles grandissent, la question de la formation d’artisans se fait des plus pressantes et le manque de personnel qualifié capable d’exécuter les conceptions des architectes est un problème, particulièrement pour ceux-ci. Dans l’impossibilité de trouver des exécutants canadiens habiles, ils se tournent vers l’étranger. À l’époque, aucun projet architectural d’envergure n’est d’ailleurs mené en utilisant uniquement des ressources canadiennes. Pourtant, les architectes peuvent bel et bien trouver des ouvriers compétents, souvent de nouveaux immigrants, pour matérialiser leurs projets ambitieux. Des entreprises comme Bromsgrove Guild (Canada) Ltd., Castle & Son, Robert Mitchell Co., à Montréal, et Robert McCausland & Son et Elliott and Son, à Toronto, peuvent fournir la qualité exigée. Avant la Première Guerre mondiale, les sculpteurs travaillant le bronze devaient faire mouler leurs sculptures dans des fonderies installées à l’étranger. Cependant, pendant la guerre, Robert Mitchell Co., fonderie architecturale, commence à mouler des sculptures.

Eugène Payette (1874–1959), Bibliothèque Saint-Sulpice, Montréal 1912, aquarelle sur mine de plomb sur papier, 63,2 × 88,5 cm, Bibliothèques et Archives nationales du Québec, Centre d’archives de Montréal, Fonds de la Bibliothèque Saint-Sulpice (MSS 125), Photo © Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Centre d’archives de Montréal / Photo Michel Legendre The Robert Mitchell Co., pour Eugène Payette, (1874–1959), Deux lampadaires d’intérieur pour la bibliothèque, Saint-Sulpice v. 1914–1915, bronze et verre, 122 × 48.3 cm de diamètre chacun, Bibliothèque Saint-Sulpice, Montréal, Ministère de la Culture et des Communications, Photo © Brian Merrett Bromsgrove Guild (Canada) Ltd., d’après le plan d’Edward & W.S. Maxwell, Bureau pour l’Art Association of Montreal 1912, chêne et poignées de laiton, 75,5 × 128,2 × 75,5 cm, Musée des beaux-arts de Montreal (1985.Df.3), Achat, commande pour le nouveau musée de l’Art, Association of Montréal inauguré en 1912, Photo © Musée des beaux-arts de Montréal, Christine Guest Arnold Matthey Doret (1889–1958) pour Ryrie Bros., d’après le plan d’A. Scott Carter; illumination d’A. Scott Carter (1881–1968), Couverture, cercueil et exemplaire d’un album offert à Sir Edmund Walker de la part des directeurs de la Banque canadienne de commerce 1918–1919, cartable : cuir maroquin rouge avec agrafes en argent; cercueil : acajou avec gesso, poignée et clef en bronze doré; couverture de l’album : or, émail, velours, cristaux, rubis synthétiques, émail et bronze doré; album : peinture et or sur lin. cercueil : 16 × 26 ×19 cm; album : 15 × 10 × 3 cm, Prêt du Musée royal de l’Ontario, Toronto, Photo © Musée royal de l'Ontario, Toronto, Toronto
 

 

La planification d’un tout

Au début du XXe siècle, la croissance galopante des villes canadiennes donne lieu à un développement effréné et débridé. Inspirés par le mouvement City Beautiful, les planificateurs canadiens cherchent à lier entre eux tous les aspects du tissu urbain pour aboutir à plus de cohérence, de variété visuelle et de splendeur. En 1906, l’Association des architectes de la province de Québec crée un comité d’embellissement municipal et, en 1908, présente cinq ambitieux projets visant à résoudre le problème de la congestion routière, à créer de vastes boulevards et à remettre en état les parcs urbains de Montréal. La Guild of Civic Art de Toronto, qui propose des plans pour la Ville reine, est créée en 1897 sous la forme d’un conseil consultatif chargé de promouvoir et d’encourager les normes d’excellence les plus élevées pour les œuvres d’art publiques. Dans l’Est du pays, la mise en œuvre de nouveaux projets municipaux pleins d’audace nécessite souvent de défaire à grands frais les erreurs du passé, tandis que dans l’Ouest, vierge d’infrastructure, tout semble possible. Toutefois, la profusion de projets d’urbanisme dans les années précédant la Première Guerre mondiale est étouffée, d’abord par la récession de 1913, puis par l’éclatement de la guerre.

Thomas H. Mawson & Sons, Subdivision de propriété à proximité du lac Wascana 1913, Aquarelle et encre sur papier  75,5 × 88,5 cm, Saskatchewan Archives Board (Map B620.10), Photo © Saskatchewan Archives Board Percy Nobbs (1875–1964) et Frank Darling (1850–1923), Université de l’Alberta, Edmonton, panorama vers le nord 1912–1915, encre de couleur sur papier, 59,7 × 120,7 cm (en vue), Archives de l’Université de l’Alberta, Edmonton, (73-124), Photo © MBAC Thomas H. Mawson & Sons, Le plan Calgary : le centre municipal tel qu’il pourrait être dans plusieurs années 1914, gouache, mine de plomb et encre de couleur sur papier, 69,8 × 107 cm, Canadian Architectural Archives, Université de Calgary, Fonds Thomas H. Mawson (Maw C25.1), Photo © MBAC Alfred Laliberté (1878–1953), Fonderie : The Robert Mitchell Company Founders, Montréal, Garçon tenant une dinde (l’air) de la fontaine du Marché Maisonneuve 1915

Carte

Artistes, architectes et artisans du Canada. Lieux à visiter pour découvrir l'art réalisé au pays entre 1890 et 1918

Événements

Symposium

Le samedi 9 novembre de 13 h a 17 h
À l’auditorium
Un groupe d’experts se penchera sur une période de l’art canadien durant laquelle la collaboration, l’interdisciplinarité, alors au centre des pratiques artistiques, s’exprimaient dans une vision commune. Celle-ci se reflétait sur la brique, la pierre, le travail du bois et du métal, le textile, de même que sur les meubles et les décorations peintes. Café et thé seront servis pendant la pause. Traduction simultanée.

Détails complets

Les billets pour le symposium sont disponibles à la billetterie ou par téléphone au 1 (888) 541-8888. Le numéro local est (613) 998-8888.

Rencontre avec le conservateur

Le samedi 18 janvier à 14h
Gratuit avec les droits d’entrée au Musée
Visitez l’exposition en compagnie du conservateur Charles Hill.

Conférences

Billet requis : 8 $ (adultes), 7 $ (aînés et étudiants), 6 $ (membres)

Le jeudi 5 décembre à 18 h
À l’auditorium
Redécouvrez Ottawa et ses environs avec l’historien et expert en aménagement urbain, David Gordon. En anglais avec interprétation simultanée.

David Gordon est professeur et directeur de la School of Urban and Regional Planning  à l’Université Queen. Il a également enseigné à l’Université Harvard, l’Université de Toronto et à l’Université de Pennsylvanie.  Avant de devenir professeur, il a œuvré en tant qu’urbaniste pendant 15 ans. En 1991 et 1992, il reçoit le prix d’excellence de l’Institut canadien des urbanistes.

Mr. Gordon détient un doctorat de l’Université Harvard ainsi que des diplômes en ingénierie, en planification urbaine et en administration.  Il a également publié plusieurs ouvrages traitant d’urbanisme.  Ses dernières recherches portent sur l’histoire de la capitale nationale et l’exploration des banlieues canadiennes.

Le jeudi 12 décembre à 18 h
À la salle de conférence
Conférence annuelle Kathleen M. Fenwick
Conférencière : Rosalind Pepall
En anglais avec interprétation simultanée
The Architect as Artist: “Pictures in an Exhibition”
Apprenez-en plus sur quelques dessins et aquarelles de l’exposition Artistes, architectes et artisans. L’art canadien de 1890 à 1918, présentement à l’affiche au Musée des beaux-arts du Canada.Ces œuvres, aussi techniques qu’artistiques, ont étéréalisées par des architectes canadiens qui croyaient en la valeur d’un bon et beau dessin et qui commençaient à bâtir leurs projets sur le papier en maniant avec plaisir le crayon et le pinceau.

Visite guidée pour adultes

Mardi 17 décembre à 13 h 30
Billet requis : 7 $ + le droit d’entrée au Musée
Découvrez l’exposition Artistes, architectes et artisans. L’art canadien de 1890 à 1918 et partagez vos impressions avec d’autres amateurs d’art. Visite guidée d’une heure en français.

Les groupes organisés peuvent également réserver une visite en communiquant avec le Bureau des réservations de groupes au 613-998-8888, ou à reservations@beaux-arts.ca

Artissimo

Fins de semaine et jours fériés
Tous les jours du 26 au 31 décembre 2013 et du 2 au 5 janvier 2014

De 11 h à 16 h
Des activités innovatrices qui donnent aux familles l’occasion d’examiner les œuvres de l’exposition et d’explorer leur propre créativité dans le Jardin du Musée. Les participants découvriront l’architecture et l’urbanisme en créant leur propre environnement en miniature.

Videos

À propos du Musée des beaux-arts du Canada

Le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa abrite la plus importante collection d'art canadien ancien et contemporain au monde. Il réunit en outre la plus prestigieuse collection canadienne d’art européen du xive au xxie siècle, d’importantes œuvres d’art américain, asiatique et autochtone, ainsi qu’une collection mondialement réputée d’estampes, de dessins et de photographies. Ouvrir la carte

 

Commanditée par

Ozias Leduc
L'enfant au pain, 1892-1899
huile sur toile, 50.7 x 55.7 cm
Acheté en 1969
Musée des beaux arts du Canada, Ottawa
Photo © Musée des beaux arts du Canada