Le premier ensemble d’œuvres d’art de l’exposition Miller Brittain. Quand les étoiles jetèrent leurs lances se compose de peintures et de dessins datant des années 1930. Avec beaucoup d’esprit et une profonde empathie, ceux‑ci évoquent la vie quotidienne des différentes classes sociales de Saint John. Comme l’écrit le conservateur Tom Smart, « les images d’ouvriers et de personnes pauvres de Miller Brittain sont de puissantes métaphores qui illustrent la promesse brisée d’une prospérité économique tant espérée. » En 1942, Brittain achève les études en taille réelle d’une série de peintures murales devant s’étaler sur 24 mètres commandées par le Saint John Tuberculosis Hospital. Le projet, qui devait initialement représenter les traitements passés et actuels de la tuberculose, a pris dans les derniers dessins une forme complètement différente, celle d’une critique de la pauvreté et des conditions de vie malsaines, véritables causes de la maladie.
Brittain réalise également, pour la Collection d'œuvres canadiennes commémoratives de la guerre, deux peintures et sept grands dessins qui exposent le quotidien des aviateurs et les tensions propres aux dessous de la Deuxième Guerre mondiale. Cible nocturne – Allemagne, où l’artiste illustre un bombardement atroce du point de vue des pilotes, est la seule toile qui montre un vrai combat.
Après le conflit, la production de Brittain se complexifie et laisse davantage place aux émotions. L’humour s’estompe et la douleur s’intensifie. Autrefois inspiré par les tragédies d’autrui, l’artiste puise désormais son inspiration dans les thèmes religieux, exprimant ainsi le bouleversement intérieur engendré par ses expériences de guerre. Jusqu’en 1951, il consacre la quasi-totalité de son travail à l’interprétation de scènes bibliques mais l’atmosphère satirique et pathétique est bientôt remplacée par des états d’âme empreints d’extase, de frénésie et de ravissement frôlant l’hystérie.