Mowry Baden, Rebecca Belmore, BGL, Max Dean & Raffaello D’Andrea, Geoffrey Farmer, Massimo Guerrera, Glen Johnson, Rodney LaTourelle, Jennifer Marman et Daniel Borins, Kent Monkman et Jana Sterbak adoptent tous des approches et des stratégies différentes pour explorer le rôle de l’observateur dans l’expérience qu’il fait de leurs oeuvres respectives. Ils proposent diverses situations de rencontre entre oeuvre et visiteur : des milieux immersifs dans lesquels les visiteurs peuvent entrer; des sculptures qui nous interpellent par le mouvement; des installations qui favorisent les échanges entre les membres du public; et un texte qui perturbe ou qui interrompt la lecture du catalogue.
Flagrant délit présente de nouvelles oeuvres qui ont été créées spécialement pour l’exposition ainsi que des œuvres tirées de la collection permanente du Musée des beaux-arts du Canada et d’autres qui ont été prêtées par d’importantes institutions canadiennes et étrangères.
En quoi cette exposition est-elle différente?
Certains des artistes qui retiennent actuellement l’attention abordent les thèmes de l’esthétique relationnelle, de l’interactivité et du rapport entre soi et l’autre. Par cette démarche, ils redéfinissent les rôles de l’artiste et du spectateur, la fonction de l’objet d’art et la frontière entre les sphères publique et privée. Flagrant délit se concentre uniquement sur l’avancement de ces nouvelles pratiques artistiques dans un contexte canadien. En exposant des oeuvres influentes des années 1970, 1980 et du début des années 1990, de même que des projets réalisés par une génération d’artistes fraîchement établis, Flagrant délit offre un cadre pour ces nouvelles pratiques et invite l’observateur à explorer les liens qui existent entre les créations de chaque artiste. L’exposition ne vise pas à construire une histoire définie, mais plutôt à montrer comment l’observateur a délaissé son rôle passif au profit d’une participation active.
Quelle est l’origine de cette forme d’art contemporain?
Issues des traditions combinées de la performance, de l’ installation, de l’ art environnemental et de l’ art minimal, les oeuvres exposées dans Flagrant délit illustrent les diverses réactions des artistes au conservatisme, à l’absence de communication ressentie entre les membres de la société contemporaine et à l’influence croissante de la technologie dans la vie de tous les jours. Pour s’attaquer à ces situations sociales potentiellement aliénantes, ces artistes utilisent leurs oeuvres pour encourager des échanges où le rôle du participant est aussi important que celui du créateur et de l’oeuvre elle-même. Ce changement remet en question les notions traditionnelles d’autorité et d’intention artistique ainsi que les manières jugées « normales » de se comporter dans un musée.
Rencontres
Flagrant délit crée une série de situations dans lesquelles, à titre d’observateurs, nous pouvons choisir d’entrer; tandis que nous déambulons dans les diverses salles du Musée, il nous appartient de décider comment nous réagirons aux situations présentées par les artistes. Chaque interaction sera unique et conditionnée par notre choix de participer personnellement, publiquement ou politiquement. Dans Flagrant délit, l’art doit être vécu comme un processus collaboratif, comme une expérience sociale et, finalement, comme une négociation active dans laquelle l’observateur a toujours la possibilité de devenir l’exécutant.
Catalogue
Les visiteurs pourront se procurer un catalogue tout en couleur contenant des essais de la conservatrice de l’exposition, Josée Drouin-Brisebois, ainsi que des textes de Greg Hill, conservateur de l’art indigène, d’Anne-Marie Ninacs, chercheuse et conservatrice indépendante dont le travail porte sur les liens entre la conscience humaine et l’art visuel, et de Stephen Horne, écrivain du milieu artistique établi à Montréal.
Le catalogue comprend aussi un texte de l’auteur et créateur de performances Glen Johnson (alias Hugh Briss), qui a publié ses oeuvres sur le Web depuis 2001 sous le titre Persiflage. Persiflage est un carnet de commentaires satiriques et pleins d’ironie sur la vie contemporaine. L’objet de ce texte est de perturber ou d’interrompre la lecture du catalogue.