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Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques 2012. Le Musée des beaux-arts du Canada célèbre les lauréats dans une exposition

Ottawa - 28 mars, 2012

Ils ont marqué la scène des arts visuels canadienne par leurs œuvres novatrices et leur audace. Récemment, leur riche et influente carrière était couronnée du prestigieux Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques, décerné par le Conseil des arts du Canada. À compter du 30 mars, ces grands talents de l’art canadien verront certaines de leurs œuvres les plus marquantes exposées au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) jusqu’au 17 juin 2012 dans les salles d’art contemporain du Musée (B108).

Des œuvres importantes de l’artiste de la performance Margaret Dragu; du photographe Geoffrey James; de l’artiste en arts visuels Ron Martin, de l’artiste en arts visuels – vidéo et installation – Jan Peacock; du sculpteur Royden Rabinowitch; de l’artiste en arts visuels Jana Sterbak et de l’orfèvre Charles Lewton-Brain, lauréat du Prix Saidye-Bronfman seront en vedette. La contribution exceptionnelle de Diana Nemiroff, directrice de la galerie d’art de l’Université Carleton, sera également mise en valeur dans cette exposition.

« Nous sommes fiers de rendre hommage aux carrières exceptionnelles de ces grands artistes en exposant leurs œuvres dans le cadre de cette célébration », a souligné le directeur du MBAC Marc Mayer. « Le Musée des beaux-arts du Canada salue chacun d’eux pour leur remarquable contribution à l’essor de l’art canadien, ici, au pays, et au-delà de nos frontières. »

L’exposition des Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques 2012, dont la majorité des œuvres sont tirées de la collection du MBAC, est organisée en collaboration avec le Conseil des arts du Canada et Son Excellence David Johnston, gouverneur général du Canada. Elle constitue une excellente occasion pour le public d’apprécier la vitalité de la culture canadienne.

Les Prix, financés et administrés par le Conseil des arts du Canada, ont été remis pour la 13e année le 28 février dernier lors d’une conférence de presse, à Toronto. Ils reconnaissent la carrière exceptionnelle d’artistes canadiens des arts visuels et des arts médiatiques, ainsi qu’une contribution remarquable sous forme de bénévolat, de philanthropie, de participation aux travaux de conseils d’administration, d’activités de rayonnement communautaire ou d’activités professionnelles.

Faits saillants de l’exposition

La pratique de l’artiste multidisciplinaire Margaret Dragu se fonde sur la collaboration. De retour au Canada après avoir étudié la danse à New York au début des années 1970, Dragu travaille avec des artistes tels que Tom Dean, Elizabeth Chitty et Kate Craig. Utilisant les styles du burlesque et du music-hall, elle découvre de nouvelles façons d’intégrer spiritualité et sexualité dans ses création en produisant des œuvres interactives pour des danseurs non initiés afin d’établir un langage vernaculaire du mouvement au sein du grand art. Elle continue de se distinguer en adoptant une démarche relationnelle et communautaire. Dragu vise à saper les fondements de la solitude et à brouiller les frontières entre la vie et l’art en créant des expériences extraordinaires de ce qui semble banal. Plus récemment, c’est ce qu’elle a tenté d’incarner avec ses personnages Lady Justice, rappeuse politiquement engagée et blogueuse assidue, et Verb Woman, écoutante, guérisseuse et collectionneuse d’actions menacées d’oubli.

Geoffrey James braque son objectif sur la société occidentale. Ce photographe possède, outre le don de situer les aspirations humaines dans des milieux bâtis, un sens aigu de la structure picturale, qui lui fait découvrir de la poésie et de l’ironie dans les jardins organisés et aménagés et dans les complexités visuelles des milieux urbains contemporains. Sa série Clôture fuyante (1997) témoigne des effets de l’« Opération Gatekeeper », une initiative de l’administration Clinton qui a décrété l’érection d’une clôture en tôle ondulée de 23 kilomètres entre le Mexique et la Californie afin de contrôler les points d’entrée des immigrants illégaux. Muni d’un appareil panoramique, un instrument utilisé en cartographie des frontières, James sélectionne de part et d’autre de la limite américano-mexicaine des vues qui composent un document visuel afin de comparer la zone de sécurité déserte du côté américain et le développement désordonné de Tijuana et ses environs.

Ron Martin amorce sa carrière de peintre dans les années 1960 sur la scène artistique animée de London, en Ontario, et se fait connaître par des abstractions systématiques à fortes connotations conceptuelles qui exploitent la matérialité de son moyen d’expression. Faisant fi des tendances de l’abstraction moderniste, l’œuvre de Martin s’articule autour de la relation entre chaque œuvre et l’observateur – et non entre l’artiste et sa toile – et de l’expérience tactile qui s’ensuit. Malgré certaines variations esthétiques de sa production, tous ses tableaux ont une matérialité et une sensualité tangibles. Surfaces volcaniques travaillées à la main, Amourmort–Mortamour no 15 (1975) et Sans titre no 39, 1er au 3 janvier (1981) illustrent ses explorations des propriétés perceptuelles et inquiétantes du noir tout en s’opposant l’une à l’autre, alors que Sans titre (1973) met en doute la possibilité d’un blanc pur.

Depuis les années 1970, la vidéaste, auteure, conservatrice et professeure Jan Peacock redéfinit les nouveaux médias. Ses vidéos à canal unique et ses installations à canaux multiples proposent de complexes investigations souvent poétiques sur la politique et la structure du langage. En colligeant notes et croquis à l’aide de sa caméra, elle mélange des séquences personnelles avec des images d’archives ou tirées des médias – superposées parfois à de grinçantes bandes sonores et d’hypnotiques voix hors champ – pour rappeler les expériences subjectives et temporelles. Juxtaposant paysage et langage, Le lecteur près de la fenêtre (1993) reflète la complexité du développement de notre mémoire et de notre identité en fonction d’un lieu. Ici, l’observateur est invité à « lire » le récit de voyage éclaté qu’elle a composé. L’élément sonore interdit toute logique narrative ou séquentielle, alors que les vues, qui sont à la fois de partout et de nulle part, évoquent les propres souvenirs du spectateur.

Le minimalisme de Royden Rabinowitch se caractérise par la certitude de pouvoir exprimer par une forme sculpturale notre expérience de la réalité, qui est définie par la rationalité de la science et par le caractère sensuel du savoir physique. Prenant exemple sur le monde naturel et l’étude de la musique, il oriente l’évolution de l’observateur autour de ses œuvres, exigeant ainsi un échange actif avec celles-ci. Sa série d’Après Kharakorum (1972) résume ses nombreuses explorations sculpturales de la hauteur, de la largeur et du volume en lien avec l’orientation du corps humain dans l’espace. La sculpture présentée dans l’exposition évoque la capitale mongole fondée par Gengis Khān au XIIIe siècle ainsi que le vaste territoire accidenté de l’Himalaya. L’ensemble, avec ses multiples superpositions, rappelle la tectonique des plaques et inspire un sentiment d’immensité que l’on peut ressentir au sommet d’une montagne.

Jana Sterbak axe sa pratique sur le corps humain et s’attarde aux thèmes du pouvoir, du contrôle, du désir et de la sexualité. Son œuvre multidisciplinaire – art performatif, sculpture, photographie, vidéo, installation – oscille entre séduction et agression, et interroge la fragilité physique et émotive de l’humain. S’appuyant sur les propriétés physiques de la matière, elle a défié l’iconographie féminine traditionnelle en utilisant la chair animale, le métal, la glace, le verre, le feu et le chocolat. Cette utilisation des matériaux l’a d’ailleurs rendue célèbre. Divan de séduction (1986–1987) évoque la présence d’un corps féminin dont l’énergie sexuelle prend la forme d’inquiétants courants électriques. Pour sa part, La vraie princesse (2012), inspirée d’un conte des frères Grimm, renvoie à la notion de perturbation en dé¬cortiquant la légende de la jeune femme dont la valeur sociale dépend de sa sensibilité physique.

Charles Lewton-Brain repousse les frontières conceptuelles, matérielles et sculpturales de l’art prêt-à-porter. Ses constructions géométriques varient des structures architecturales surdimensionnées, qui enveloppent ou collent au corps, aux accessoires perlés et soudés avec délicatesse. Il considère ses œuvres comme des dessins dans l’espace, qui représentent les systèmes culturels, politiques et sociaux que nous nous imposons. Les œuvres de la série Cage (1997 – auj.), inspirées jusqu’à récemment de ses pérégrinations en Thaïlande, créent une tension entre l’ordre structuré et la forme organique. Enseignant passionné, auteur prolifique et éditeur, Lewton-Brain défend aussi les droits des bijoutiers-joailliers et des artisans. Précurseur dans sa spécialité, il a inventé une technique novatrice de pliage du métal, unique méthode de forgeage à avoir vu le jour en plus d’un siècle et aujourd’hui employée dans les ateliers de joaillerie et de sculpture du monde entier.

Anciennement conservatrice au Musée des beaux-arts du Canada et aujourd’hui directrice de la Carleton University Art Gallery (CUAG), Diana Nemiroff est largement reconnue pour sa contribution au milieu de l’art contemporain canadien. Sa remarquable carrière se distingue par ses revendications pour une représentation accrue des femmes et des artistes autochtones, et pour ses expositions d’envergure nationale et internationale en art contemporain. Elle a aussi œuvré au sein de nombreuses organisations artistiques. Elle est présentement présidente de l’Association canadienne des galeries d’art universitaires et collégiales et vice-présidente de l’Association des musées canadiens. Depuis sa nomination à la CUAG en 2005, Nemiroff a été mentor de jeunes conservateurs et d’étudiants qui veulent poursuivre une carrière en muséologie. Elle a poussé son programme encore plus loin en incluant des artistes reconnus à l’échelle nationale tels qu’Edward Burtynsky, Jocelyne Alloucherie, Diana Thorneycroft et Damian Moppett.

À propos du Musée des beaux-arts du Canada
Le Musée des beaux-arts du Canada abrite la plus importante collection d’œuvres d’art historiques et contemporaines canadiennes au monde. En outre, il réunit la plus prestigieuse collection d’art européen du XIVe au XXIe siècle au Canada, d’importantes œuvres d’art américain, asiatique et indigène, ainsi qu’une collection mondialement réputée d’estampes, de dessins et de photographies.  Fondé en 1880, le Musée des beaux-arts du Canada joue un rôle clé sur la scène culturelle canadienne depuis plus d’un siècle. L’une de ses principales missions consiste à accroître l’accès à l’excellence en matière d’œuvres d’art pour tous les Canadiens. Pour ce faire, il propose le plus important programme d’expositions d'art itinérantes au monde.  Pour obtenir de plus amples renseignements, rendez-vous au www.beaux-arts.ca.

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Pour obtenir de plus amples renseignements au sujet de l’exposition, veuillez communiquer avec :

 
Josée-Britanie Mallet
Agente principale
Relations publiques et médiatiques
Musée des beaux-arts du Canada
613-990-6835
bmallet@beaux-arts.ca

Dossiers de presse du Conseil des arts du Canada
Un dossier de presse électronique comprenant des entrevues vidéo, les déclarations de mise en candidature et une liste des activités ainsi que des images des artistes et de leurs œuvres est accessible à partir du site du Conseil des arts du Canada à : www.conseildesarts.ca.

Pour obtenir des entrevues avec les lauréats, communiquez avec :
Attachée de presse nationale
Diane Chaperon-Lor : 613-653-0849
Cellulaire : 416-788-8271
chaperonlor@sympatico.ca