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La seule œuvre au Canada de Titien, grand artiste vénitien du XVIe siècle, à l’affiche au Musée des beaux-arts du Canada

Ottawa (ON) - 12 décembre, 2012

Une œuvre à découvrir durant la période des fêtes

Un portrait dont l’authenticité a longtemps été remise en cause et qui ne pouvait être présenté en raison de son état de détérioration avancé retrouvera enfin la place qui lui revient dans l’histoire de l’art et sur les murs du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC). Grâce à sa récente restauration, Daniele Barbaro (1545), seule toile du peintre vénitien au Canada, peut maintenant être présentée au public.

Les visiteurs du Musée pourront admirer l’œuvre dans la galerie d’art européen C203 à compter d’aujourd’hui et tout au long de la période des fêtes.

« Titien fut l’un des titans de la peinture italienne et demeure sur la courte liste des plus grands peintres de tous les temps. Tout le monde était d’accord sur ce point de son vivant. Grâce à l’expertise et à la perspicacité de nos spécialistes chevronnés, nous avons restauré – et réattribué de façon convaincante – le seul tableau de ce maître immortel au Canada, que nous exposons maintenant à la vue du public après qu’il ait passé plusieurs années dans les réserves », a souligné le directeur général du MBAC, Marc Mayer.

Un tableau autrefois célèbre
Daniele Barbaro (1514-1570) était un érudit et un humaniste. Le portrait du Musée était destiné à l’historien et collectionneur Paolo Giovio, évêque de la ville de Côme, en Italie, qui assemblera au cours de sa vie une imposante et prestigieuse collection de portraits. Quand Giovio écrit à Daniele Barbaro pour lui demander son portrait, Barbaro, sensible à cet honneur de voir son effigie figurer dans une collection, accepte et commande le tableau à Titien, alors le plus grand peintre de Venise. L’œuvre réalisée est amplement documentée dans des lettres échangées entre Giovio et le notoire Pietro Aretino, dit l’Arétin, écrivain réputé et « publiciste » de Titien. Les deux hommes louangent l’œuvre et cette correspondance lui assureront la gloire. Lorsque le tableau refait surface dans les années 1920, le Musée est ravi d’en faire l’acquisition.

Toutefois, l’histoire du portrait n’est pas si simple. On lui connaît déjà une autre version, conservée au Musée du Prado, à Madrid. La redécouverte du tableau de Giovio remet en question sa valeur. Les spécialistes débattent du lien entre les deux œuvres : il était fréquent que des sujets commandent plusieurs versions de leurs portraits, cependant, de ces deux tableaux, lequel est l’original, lequel est la copie? Ces deux œuvres sont-elles de la main de Titien? Les opinions varient jusqu’en 1991, lorsqu’on compare les deux peintures dans le cadre d’une rencontre spécialement prévue à cet effet. Le verdict semble inéluctable : la version du MBAC est une copie exécutée à l’atelier de Titien. Barbaro aurait envoyé une copie à Giovio et conservé la première version pour lui-même.

Redécouverte d’un Titien
Le tableau reste ensuite dans les réserves du Musée et tombe plus ou moins dans l’oubli jusqu’en 2003. Cette année-là, un amateur d’art écrit au Musée pour demander pourquoi une œuvre aussi célèbre n’est pas présentée au public. La réponse est simple : il s’agit d’une copie, de surcroît en très mauvais état. Il n’y a donc aucune raison de l’exposer. La lettre déclenchera cependant une série d’événements qui conduiront à la restauration et à la redécouverte de la peinture.

Au cours des siècles, le tableau avait subi d’importants dommages, que des restaurations antérieures n’avaient pas réussi à réparer entièrement. De fait, il était très difficile d’en évaluer la qualité. Cela avait-il influencé l’opinion des spécialistes ? Stephen Gritt, directeur, Conservation et recherche technique au Musée, croyait que l’œuvre devait faire l’objet d’une révision. Ce fut le point de départ d’un long processus, ponctué de nombreuses interruptions, pour examiner, nettoyer et restaurer le tableau. Le résultat allait causer toute une surprise. 

L’examen du tableau révéla une œuvre endommagée, mais peinte avec beaucoup de sensibilité et de virtuosité. Il ne pouvait s’agir d’une copie. Lorsque l’occasion se présenta de comparer les radiographies des deux toiles, Gritt se rendit à Madrid. « J’ai passé un après-midi devant une table lumineuse avec le documentaliste technique du Prado. Grâce à une comparaison minutieuse des détails d’exécution révélés par les rayons X, il a été possible d’établir que les tableaux avaient été réalisés à peu près à la même époque, et que la toile d’Ottawa était celle de la genèse de l’œuvre, celle qui en avait été le fondement », explique-t-il.

En mettant en vis-à-vis les images radiologiques, Gritt a constaté que le tableau d’Ottawa comportait de légères transformations : Titien avait modifié la couleur du vêtement et rectifié la hauteur du col et, surtout, il avait dû se reprendre pour rendre avec justesse le nez proéminent du sujet. En revanche, dans la toile du Prado, on arrivait plus directement à l’aspect final de l’œuvre, parce que ces problèmes avaient déjà été résolus. De fait, les deux œuvres avaient été peintes côte à côte, une pratique qui n’était pas rare à l’époque. Le portrait du Musée est donc celui où Titien a déterminé les détails et couleurs de sa composition et il a vraisemblablement été terminé en présence de Barbaro. 

À propos de Titien
Tiziano Vecellio, dit Titien (v.1488–1576) compte parmi les plus grands artistes de la Renaissance. Ses œuvres, saluées par ses contemporains, figuraient en bonne place dans les collections des Habsbourg qui régnaient sur une grande partie de l’Europe et des Amériques. Un portrait exécuté par Titien offrait une étude de caractère à la fois subtile et pénétrante – et était la consécration suprême du statut social du sujet. L’artiste était aussi reconnu pour la sophistication de ses sujets mythologiques et religieux, qui joueront un rôle charnière dans l’évolution de la peinture au  le siècle subséquent. Titien a créé un style inimitable, hautement personnel qui a à jamais changé l’art pictural.

Rencontre avec le restaurateur
Le jeudi 24 janvier à 18 h
Stephen Gritt, directeur, Conservation et recherche technique au MBAC, parlera des défis captivants que pose la restauration de tableaux et de comment composer avec les difficultés du passé. Pour obtenir de plus amples renseignements, rendez-vous à beaux-arts.ca. À l’Auditorium. En anglais avec interprétation simultanée. Entrée gratuite.

Droits d’entrée
Collection : Adultes : 9 $; aînés et étudiants 7 $; jeunes de 12 à 19 ans : 4 $, familles (2 adultes et 3 jeunes) : 18 $. Entrée libre pour les Membres et les moins de 12 ans.

Heures d’ouverture
Le MBAC est ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 17 h et le jeudi jusqu’à 20 h. Fermé les lundis. Ouvert du 26 au 31 décembre. Fermé le 25 décembre et le 1er janvier.

À propos du Musée des beaux-arts du Canada
Le Musée des beaux-arts du Canada abrite la plus importante collection d’œuvres d’art historiques et contemporaines canadiennes au monde.  En outre, il réunit la plus prestigieuse collection d’art européen du XIVe au XXIe siècle au Canada, d’importantes œuvres d’art américain, asiatique et indigène, ainsi qu’une collection mondialement réputée d’estampes, de dessins et de photographies.  Fondé en 1880, le Musée des beaux-arts du Canada joue un rôle clé sur la scène culturelle canadienne depuis plus d’un siècle. L’une de ses principales missions consiste à accroître l’accès à l’excellence en matière d’œuvres d’art pour tous les Canadiens. Pour ce faire, il propose un important programme d’expositions d'art itinérantes.  Pour obtenir de plus amples renseignements, rendez-vous au www.beaux-arts.ca.

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À l’attention des médias seulement
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Josée-Britanie Mallet
Agente principale, Relations publiques et médiatiques
Musée des beaux-arts du Canada
613-990-6835
bmallet@beaux-arts.ca