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L'exposition Dé-cons-tructions : un rendez-vous aux imprévisibles rebondissements

Ottawa - 19 avril, 2007

Le Musée des beaux-arts du Canada présente du 14 avril au 3 septembre 2007 Dé-cons-tructions dans le cadre de la troisième biennale Scène Québec du Centre national des arts du 20 avril au 5 mai 2007. Cette exposition enjouée et intrigante met en lumière le travail de cinq artistes actuels québécois : Michel de Broin, Karilee Fuglem, Annie Thibault, Jean-Pierre Gauthier et Tricia Middleton. Chaque artiste s’approprie à sa façon l’espace du musée, l’aménage, le bouleverse et en fait un laboratoire et un lieu d’exploration.

« Nous sommes fiers d’ouvrir grandes nos portes à un projet audacieux comme Dé-cons-tructions, où carte blanche est donnée à ces artistes québécois qui nous font voir notre institution sous un autre jour. Cette exposition vient ébranler notre définition de l’objet d’art et influence notre appréciation de l’art », a commenté Pierre Théberge, directeur du Musée des beaux-arts du Canada.

Plusieurs artistes ont crée des œuvres contextuelles adaptées aux galeries d’art contemporain ou ont modifié des œuvres existantes pour qu’elles  répondent au contexte de l’exposition. « Ces expériences sont passionnantes et transforment les salles d’exposition en un lieu hybride, entre un atelier d’artiste et un laboratoire », déclare Josée Drouin-Brisebois, conservatrice par intérim de l’art contemporain et commissaire du projet.

Michel de Broin, un artiste de Montréal, dont l’installation Réparations. Une participation volontaire au programme de revalorisation des déchets (2004) a été acquise par le Musée en 2006, présente pour cette exposition Tenir sans servir c’est résister – version autonome (2004). Adaptée pour Dé-con-structions, cette œuvre est une métaphore de la résistance physique d’une sculpture dans un contexte d’agitation sociale et de menace terroriste internationale. Équipée de piles, d’une mémoire, d’une horloge et d’un électro-aimant de forte capacité (300 kilos), l’œuvre fonctionne comme un robot semi-autonome, conçu pour s’installer sur des surfaces métalliques. Le clavier électronique permet à son utilisateur d’armer et de désarmer l’aimant pour une durée spécifique en composant son code secret programmable de six chiffres. L’horloge DEL (éclairage à diodes) affiche le compte à rebours tel celui d’une bombe à retardement, mais à la fin du décompte, le robot, conçu au départ pour tomber au sol, ne fait que recommencer à zéro.

Karilee Fuglem, établie depuis 1992 à Montréal, explore les phénomènes quasi-imperceptibles, tel que ce qui demeure dans un espace que l’on croit vide. Depuis plus de dix ans, ses constructions éphémères, notamment Un fil continu (2005), dont le monofilament presque imperceptible s’enroule et se déroule sur lui-même, attirent l’attention sur ces petits détails que l’on perçoit difficilement. Pour Dé-con-structions, le but de Fuglem est de sensibiliser davantage à l’espace choisi, à la relation de notre corps avec ce lieu et à la manière dont nous nous y déplaçons. Étendue imaginaire, créée à partir de 18 km de « fil invisible », retrace les pistes jamais cartographiées que l’esprit peut parcourir dans l’espace. Cette œuvre, dit Fuglem, aide « à visualiser où vagabonde l‘esprit. » L’artiste ajoute que « désormais indissociables de ce lieu, mes équipées imaginaires sont invisibles, à cette trace près. »

Jean-Pierre Gauthier est né à Matane, au Québec. Lauréat du Prix artistique Sobey en 2004, il crée à partir d’objets du quotidien des installations en mouvement activées par des mécaniques improbables et incontrôlables. La technologie du quotidien est poussée à l’extrême et devient absurde, ainsi utilisée à de nouvelles fins bruyantes et chaotiques. Par exemple, Le grand ménage (1998) présente un placard de concierge rempli de pièces mécaniques fantaisistes destinées au nettoyage. Pour Dé-con-structions, Gauthier a créé Effondrements (OVI), une sculpture cinétique où planent dix couvercles de poubelles en plastique suspendus à des fils accrochés au plafond, avec l’aide de moteurs qui les font monter et descendre comme des ovnis. Lorsque les couvercles se déplacent, parfois activés par la présence des visiteurs, les fils résonnent et chaque couvercle qui se rabat sur le sol disperse un tapis de morceaux de styromousse rose, créant des marques d’atterrissage. Ainsi, le lieu et le visiteur font partie d’un procédé artistique imprévisible. Gauthier laisse la pièce réagir à toutes sortes d’influences et s’adapter à son environnement, l’espace muséal. Son intention pour cette œuvre était de créer, explique l’artiste, une « installation qui s’auto-organise et qui s’auto-transforme. »

Née à Vancouver et établie à Montréal depuis 2002, Tricia Middleton a créé pour Dé-con-structions l'installation Portail de la future aile d’art contemporain montrant des oeuvres non encore acquises, pour dégager un espace à la fois physique et imaginaire au-delà des murs du musée. Cette œuvre comprend des matières insolites parmi lesquelles des fragments sont recyclés de ses oeuvres précédentes. À travers un processus de construction, de déconstruction, et de reconstruction, Middleton a creusé dans l’un des murs du Musée une ouverture assez grande qui laisse voir une galerie imaginaire à l’intérieur du mur. Ce lieu de démolition, à la fois possible et improbable, est empli d’un amas de débris constitué de matières scintillantes et inattendues. Par cette ouverture, on peut voir une vidéo au rythme syncopé qui propose une série de plans de l’espace d’exposition, sur lesquels se superposent des œuvres fictives et éphémères qui existent, dit l’artiste, à l’extérieur de ce que l’on considère possible dans un lieu d’art.

Annie Thibault, une artiste de Gatineau, multiplie les croisements entre l’art et le monde naturel. Depuis 1995, cette artiste, formée aux beaux-arts et en sciences pures, crée des installations où la matière vivante est un mode d’expression artistique. L’œuvre conçue pour Dé-con-structions, Essaimage et prolifération, utilise des cultures qui ont été isolées des plantes, du sol, et de l’air dans la région d’Ottawa et inoculées dans les laboratoires d’Agriculture et Agroalimentaire Canada. Thibault introduit le champs scientifique dans ceux de l’art et de la muséologie en déplaçant ces organismes de leur environnement naturel vers l’espace du Musée. L’artiste explore les mythes des origines de la vie, ainsi que les méthodes employées par les scientifiques pour communiquer leurs recherches, et utilise donc un laboratoire de microbiologie au lieu d’un studio d’artiste traditionnel. Cette installation est une œuvre in situ, soit en progression sur une période de six mois, pendant laquelle les cultures fleurissent, meurent et sont remplacées périodiquement.  

Scène Québec
Dans le cadre de la troisième biennale de cet événement dédié à la culture d’une province canadienne, le Centre national des arts se retourne vers le Québec. Du 20 avril au 5 mai 2007, 700 artistes québécois prennent le contrôle de la scène artistique et culturelle dans la région d’Ottawa/Gatineau. Ce festival qui dure 16 jours met en lumière plus de 100 événements différents.

Musée des beaux-arts du Canada
Le Musée des beaux-arts du Canada a pour mandat de constituer, d’entretenir et de faire connaître, dans l’ensemble du Canada et à l’étranger, une collection d’œuvres anciennes et modernes et d’amener tous les Canadiens et Canadiennes à mieux connaître, comprendre et apprécier l’art en général. Le Musée appartient au portefeuille du Patrimoine canadien.

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