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Des photos qui valent mille mots !

Ottawa - 14 juin, 2006

Du 16 juin au 1er octobre 2006, le Musée des beaux-arts du Canada propose une incursion dans le monde des « conteurs » photographiques. La photographie mise en scène. Créer l'illusion du réel  est une des premières expositions à explorer l'évolution du genre dramatique en photo en proposant un échantillon remarquable de ce type d'œuvres du milieu du XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui. L'exposition est sous la direction de la conservatrice adjointe des photographies au Musée des beaux-arts du Canada, Lori Pauli.

« Cette exposition met en relief le côté narratif de la photographie puisque depuis son invention, les photographes racontent des histoires à travers leur art. De plus, le désir de raconter des histoires en images est à l'origine même des arts visuels », explique Pierre Théberge, directeur du Musée des beaux-arts du Canada.

La photographie mise en scène comprend plus d'une centaine de photographies, dont les oeuvres d'Oscar Gustave Rejlander, Julia Margaret Cameron, Lewis Carroll, Henry Peach Robinson, Man Ray, Duane Michals, Les Krims, Cindy Sherman, Jeff Wall, Yasumasa Morimura, Wang Qingsong et bien d'autres. Ces photographies sont regroupées en trois grands thèmes, soit « l'acteur », « l'artiste » et le « conteur ».

Sous la thématique de « l'acteur », on trouve le photographe suédois Gustave Rejlander qui joue dans une fresque intitulée, Les deux façons de vivre (1857). On découvre aussi le travail de F. Holland Day qui choqua ses contemporains de la fin du XIXe siècle en personnifiant le Christ dans des scènes religieuses. Cent ans plus tard, en 1988, Yasumasa Morimura imite l'Olympia de Manet. L'artiste fait appel aux mises en scène soit pour expérimenter des identités différentes, démontrer qu'il maîtrise les techniques complexes de cette forme d'art ou plus simplement, réaliser une sorte d'esquisse ou d'aide-mémoire. Les photographies présentées dans cette salle ne sont pas toutes au sens strict des autoportraits, puisque parfois un tiers est derrière l'appareil, mais les scènes sont conçues et dirigées par l'artiste qui « crée l'illusion du réel ». Par exemple, c'est l'artiste Marcel Duchamp qui incarne « Rrose » dans la photo de Man Ray, Rrose Sélavy (1923).

Dans la deuxième salle, la thématique de « l'artiste » rappelle que pour les jeunes peintres qui faisaient leur éducation en copiant des oeuvres, la photo a soudainement permis d'accéder aux oeuvres sans avoir à se déplacer. Or, d'une chose à l'autre, les photographes commencent à recréer des peintures et des sculptures célèbres avec des acteurs. Erwin Blumenfeld (Sans titre v. 1936-40), photographe de mode, utilise comme fond de scène des images tirées de peintures célèbres. Cindy Sherman, artiste et actrice de ses propres fictions, recrée quelques oeuvres d'art où elle pose, par exemple, Sans titre no 223. Parmi ces reconstitutions d'oeuvres connues, on trouve la dernière scène façon Adi Nes (Sans titre 1999) ou encore une vidéo d'Ève Sussman (89 Seconds at Alcazar) dans laquelle une scène évoque le chef-d'œuvre de 1656, Les Menines de Velázquez.

La troisième salle de l'exposition traite du thème du « conteur ». Comme la photographie apparaît à l'époque victorienne, elle est soumise aux mêmes lois que la peinture qui devait raconter une histoire ou donner un enseignement moral. Les photographes refont donc des scènes littéraires, historiques ou contemporaines. Dans cette section, on voit Les vendeurs de fruits de William Henry Fox Talbot. À la même époque, Julia Margaret Cameron photographie des petites œuvres morales, comme Ne pars pas (1874) ou Prie Dieu de ramener papa sain et sauf à la maison (1872). Même Lewis Carroll, l'auteur d'Alice au pays des merveilles, réalise en 1875 un tableau vivant de Saint Georges et le dragon. Ensuite, dans les années 1940 et 1950, la photographie narrative devient un important outil publicitaire. Puis, vers 1960, Duane Michals lui donne une nouvelle orientation en prenant des modèles, dont lui-même, pour interpréter des personnages dans des drames qui tâchent d'illustrer des sujets abstraits, comme l'amour et la mort.

« Je suis fier de dire qu'une grande partie de ces oeuvres provient des collections du Musée des beaux-arts du Canada et du Musée canadien de la photographie contemporaine. Toutefois, nous n'aurions pu composer une telle vue d'ensemble sans la généreuse participation de nombreux spécialistes et établissements. Je tiens donc à remercier les collaborateurs de ce projet et en particulier les organismes et les personnes qui ont prêté leurs oeuvres », conclut M. Théberge.

Un catalogue illustré, une variété d’activités et une série de films.  sont offerts en complément de l'exposition.

L'exposition est organisée par le Musée des beaux-arts du Canada. Le Musée des beaux-arts du Canada souhaite remercier ses partenaires médiatiques, soit la Télévision de Radio-Canada, CBC Television, Le Droit et The Ottawa Citizen.