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Rodney Graham. L'île des contrariétés et autres œuvres prend l'affiche au Musée des beaux-arts du Canada

Ottawa, Canada - 13 avril, 1999

Le Musée des beaux-arts du Canada est heureux de présenter Rodney Graham. L'Île des contrariétés et autres œuvres, une exposition qui réunit quatre œuvres pour projecteur du Vancouverois Rodney Graham, artiste contemporain de réputation internationale salué pour son inventivité. Organisée par le Musée des beaux-arts en collaboration avec Loretta Yarlow et Jack Liang, de l'Art Gallery of York University, l'exposition tiendra l'affiche du 15 avril au 13 juin 1999.

« Le Musée des beaux-arts est déterminé à donner la place qui lui revient à l'art contemporain, a affirmé Pierre Théberge, directeur du Musée des beaux-arts du Canada. Ces créations cinématographiques et vidéographiques de Rodney Graham offrent au Musée une excellente occasion de faire honneur à la production récente d'un des artistes les plus en vue au Canada. »

Né à Vancouver en 1949 et diplômé de l'université de Colombie-Britannique, Rodney Graham est apprécié au Canada et à l'étranger, ayant notamment représenté le Canada à la Biennale de Venise en 1997. Connu pour sa maîtrise d'une vaste panoplie de moyens d'expression, Rodney Graham est revenu plusieurs fois à la création cinématographique et vidéographique au cours de sa carrière.

Les quatre œuvres de cette exposition ouvrent des perspectives critiques sur l'état actuel du cinéma et sur ce qu'il pourrait être. Des liens plus profonds unissent par ailleurs ces œuvres. Graham a souvent déclaré voir en la psychologie freudienne l'une des sources de sa créativité et il a même exploité les écrits de Freud dans quelques-unes de ses œuvres. L'artiste s'est aussi étonné de ce que les propres intérêts qu'il a développés découlent d'expériences de jeunesse ; ainsi, il fait remonter son engagement dans la carrière cinématographique à sa petite enfance, à l'époque où son père organisait des projections de films dominicales au camp forestier où il travaillait. Graham a dit que sa première œuvre cinématographique, Deux génératrices (1984), était née d'une puissante aversion, d'une quasi névrose pour le cinéma qui est nettement perceptible dans les défis que pose l'œuvre à l'auditoire. Cette aversion a évolué depuis. Si L'Île des contrariétés, réalisée pour la Biennale de Venise de 1997, est une prise de possession critique de la cinématographie épique dans le meilleur style grahamesque, l'œuvre remet aussi en cause le cinéma populaire et même l'art en osant être humoristique, invitante et belle à voir.

Les œuvres de l'exposition sont basées sur des structures en « boucles » continues qui évoquent des cycles, concept qui oriente une bonne partie de la production de Graham et qu'il explore sous tous les angles. Dans Deux génératrices, par exemple, des génératrices éclairent une rivière tumultueuse pendant la nuit, et ce cycle artificiel établit les conditions d'une projection cinématographique primitive où le film dure aussi longtemps que l'illumination qui lui a permis d'être réalisé. Le caractère burlesque des cycles de la nature, capté par la caméra, se répète dans le cycle de la projection du film, alors que l'éclairage commence par diminuer dans la salle, que le film est projeté et que l'éclairage revient progressivement, ce processus se répétant autant de fois que le permet le budget qui défraie le salaire du projectionniste.

Dans Sommeil Halcion l'artiste, qui a absorbé des somnifères, est assoupi sur la banquette arrière d'une fourgonnette qui parcourt une ville pendant la nuit, les lumières défilant en temps réel. Le spectateur ignore tout, entre autres pourquoi le personnage est drogué, et la boucle sans fin du sommeil du personnage et de la course du véhicule évoque la situation d'un être évoluant dans un récit littéraire ou théâtral plus complexe, ou encore les routines de la vie quotidienne.

Granules de cannelle étincelantes est projeté en grand format dans un petit espace de dimensions domestiques qui rappelle la cuisine où l'œuvre a été tournée. Un élément de cuisinière chauffe dans le noir, et les granules de cannelle dont il est parsemé s'embrasent puis se refroidissent comme des étoiles minuscules qui naissent et meurent. Lorsque l'élément s'éteint, l'image se réduit à quelques étincelles, associant dans une grande charge poétique un plaisir quotidien et l'univers.

L'Île des contrariétés est un fragment de l'histoire d'un marin naufragé qu'a inspirée à l'artiste la vue du pavillon canadien condamné par des planches au Giardini de Venise (à la Biennale de Venise), vue assimilée à une île déserte plantée d'un arbre solitaire. Parée des couleurs vives du cinéma épique et populaire, l'œuvre peut être interprétée comme une vaste métaphore exprimant les efforts acharnés, la frustration et peut-être la névrose qui sont le lot des créateurs.

Un visionnement de presse aura lieu le mardi 13 avril de 13 h 30 à 15 h 30, d'abord dans l'Auditorium puis à l'étage des Salles d'art contemporain. Comme les salles d'exposition seront fermées au public ce jour-là, les représentants des médias sont priés d'entrer au Musée par le Foyer. L'artiste Rodney Graham ainsi que Janice Seline, conservatrice associée intérimaire des arts médiatiques au MBAC, accorderont des entrevues à l'étage des Salles d'art contemporain.

Le mercredi 14 avril à 18 h, Rodney Graham prononcera une causerie à la Salle de conférences à l'occasion de l'ouverture de l'exposition. Exceptionnellement, le Musée sera ouvert jusqu'à 20 h ce soir-là.
 
 
 
 
Renseignements généraux
Musée des beaux-arts du Canada
tél. (613) 990-1985
info@beaux-arts.ca

380, promenade Sussex, Ottawa