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Regard sur un monde en perdition. La photographie contemporaine et le débat environnemental

Ottawa - 26 juin, 2008

Une exposition qui révèle des preuves irréfutables des dangers que présente le progrès dans le monde industrialisé

La plus récente exposition du Musée canadien de la photographie contemporaine (MCPC) souligne la situation dramatique et le danger que constitue la dégradation par l’homme de la planète Terre. Coparrainée par l’Oakland University Art Gallery de Rochester (Michigan) et CONTACT, le festival de la photographie de Toronto (Ontario), cette exposition imposante prend l’affiche au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) du 27 juin au 13 octobre 2008.

Regard sur un monde en perdition. La photographie contemporaine et le débat environnemental, qui réunit les œuvres de 12 illustres photographes nord américains, explore les graves problèmes écologiques engendrés par la société industrialisée. Cette exposition, qui vise à réaffirmer l’urgence d’une réponse à l’échelle mondiale, comprend 56 témoignages percutants de photographes parmi les plus acclamés du continent : Edward Burtynsky, John Ganis, Peter Goin, Emmet Gowin, David T. Hanson, Jonathan Long, David Maisel, David McMillan, Robert et Shana ParkeHarrison, John Phahl et Mark Ruwedel. Rassemblées, leurs œuvres témoignent de la profonde transformation de notre monde et soulignent la grande insouciance avec laquelle l’humanité a géré son milieu.

Les œuvres sélectionnées, qui couvrent une variété de points de vue et emploient une vaste gamme de techniques, dépassent la sphère domestique, à savoir le recyclage, l’utilisation de l’eau par les ménages et la consommation de combustible, et met plutôt l’accent sur les effets des comportements sociaux, des pratiques industrielles, des priorités des entreprises et des politiques gouvernementales. En ciblant les complexes industriels, les sites d’exploitation minière, les lacs asséchés, les décharges, les étangs de déchets, les aires d’essais nucléaires et d’autres zones d’exclusion réparties aux quatre coins de la planète, ils brossent un portrait global de l’emprise humaine sur l’environnement.

Thèmes de l’exposition
L’exposition s’articule autour de trois principaux thèmes.

Abîmer la surface de la Terre
Le premier thème montre comment l’activité humaine laisse des traces à la surface de la Terre. Notons par exemple la série Terre inculte, de David T. Hanson, qui mélange cartes et plans topographiques, vues aériennes et rapports gouvernementaux pour attirer l’attention sur deux des sites les plus contaminés en sol américain. Dans ses œuvres, l’artiste formule des accusations catégoriques contre les pratiques industrielles actuelles. Emmet Gowin et David Maisel utilisent aussi la photographie aérienne pour exposer des paysages ravagés et ainsi révéler le rapport paradoxal entre beauté et dégradation.

Industries primaires
Le deuxième thème porte sur la gestion et l’exploitation des ressources naturelles, une question qui figure au premier plan des préoccupations de tous ces photographes de l’environnement, qui s’efforcent d’illustrer l’insatiable soif d’énergie des hommes. Le portrait par John Ganis d’un oléoduc en Alaska montre comment les conduits gainés d’aluminium envahissent, tels des vers de terre bioniques, une région éloignée absolument majestueuse par d’autres côtés. La représentation monumentale par Edward Burtynsky du projet des Trois Gorges, le monstrueux barrage érigé pour exploiter le fleuve Yangtze à des fins de production hydroélectrique, laisse présager des événements imminents. Elle montre comment l’homme, aveuglé par son culte du progrès, s’est lancé dans une entreprise risquée, non seulement engloutissant la sérénité millénaire de cet ancien paysage fluvial, mais aussi ignorant complètement les répercussions potentiellement cataclysmiques d’un tel sabotage de la nature.

Zones d’exclusion
Le troisième thème porte sur l’après vie de sites dont on dit qu’ils ont subi des dommages irréparables. Ils sont illustrés par des zones d’exclusion, qui prolifèrent partout dans le monde. De vastes étendues de terre jadis vouées aux promesses du progrès, comme l’aménagement de centrales nucléaires, ont depuis subi une telle contamination qu’ils sont aujourd’hui inhabitables et représentent un danger pour l’espèce humaine. Le portrait par David McMillan de Chernobyl constitue un exemple classique d’une communauté autrefois florissante qui s’est éteinte au point de devenir méconnaissable. La série de Mark Ruwedel sur le passage de Hanford Stretch illustre l’empreinte de l’homme sur la rivière Columbia, qui a accueilli neuf réacteurs nucléaires entre 1944 et 1990.

Les nombreux liens existant entre les corpus d’œuvres de chacun de ces photographes traduisent leurs préoccupations communes. Dans l’exposition, plusieurs photographes se sont intéressés aux mêmes sites, faisant ainsi ressortir la pluralité des perspectives et le niveau de danger qu’ils représentent. En fin de compte, chacune de ces œuvres dénonce une dégradation monolithique caractéristique.

« Bien que l’exposition ne vise pas à présenter une vue d’ensemble exhaustive, ces images forment un portrait terrifiant des risques croissants qui menacent la race humaine », a déclaré le conservateur de l’exposition, Claude Baillargeon, Ph.D. « Une fois rassemblées, ces images constituent un plaidoyer en faveur de mesures concertées contre la “perdition” de la planète ».

Comme le souligne Martha Hanna, directrice du Musée canadien de la photographie contemporaine, « c’est la première fois que le MCPC réunit des photographes canadiens et américains pour aborder un tel enjeu sous un angle planétaire. Cette exposition représente une remarquable contribution au monde de la photographie contemporaine et force l’humanité à prendre la pleine mesure de ses tendances à l’autodestruction. »

« Nous sommes honorés de tenir cette exposition », a avoué le directeur du Musée des beaux-arts du Canada, M. Pierre Théberge. « Les œuvres de ces éminents artistes sont à la fois tragiques et inspirantes et susciteront sans aucun doute réflexions et débats chez nos visiteurs. »

L’exposition Regard sur un monde en perdition. La photographie contemporaine et le débat environnemental a été rendue possible grâce à de généreux dons de la part des artistes et d’un certain nombre de galeries au Canada et aux États-Unis. Après sa présentation au Musée des beaux arts du Canada, elle prendra l’affiche au Brunier Art Museum, à l’Université d’État de l’Iowa, du 1er novembre 2008 au 1er mars 2009.

À propos du Musée canadien de la photographie contemporaine
Le Musée canadien de la photographie contemporaine est affilié au Musée des beaux arts du Canada. C’est grâce à l’achat, à la cession et au don de photographies d’art et documentaires les plus remarquables d’artistes canadiens que la collection du MCPC, compte aujourd’hui plus de 161 000 images (17 000 photographies, 144 000 négatifs et transparents). Par la diversité et l’étendue de sa collection, le MCPC est une institution unique au Canada et fait partie des quelques musées nationaux du monde consacrés exclusivement à la photographie. La plupart des expositions organisées par le MCPC en vue d’être présentées à Ottawa prennent ensuite l’affiche à divers endroits du Canada et de l’étranger grâce au programme En tournée du Musée des beaux arts. Le MCPC continue de faire l’acquisition d’œuvres de photographes qui vivent et travaillent actuellement au Canada. Pour obtenir de plus amples renseignements, rendez vous au http://www.mcpc.beaux-arts.ca/regard/.

À propos du Musée des beaux-arts du Canada
Le Musée des beaux-arts du Canada abrite la plus importante collection d’œuvres d’art historiques et contemporaines canadiennes au monde. En outre, l’établissement réunit une impressionnante collection d’œuvres d’art inuit, occidental et européen (du XIVe siècle au XXIe siècle), d'art américain et asiatique, ainsi que de dessins et de photographies. Créé en 1880, le MBAC compte parmi les plus anciennes institutions culturelles du pays. Le Musée des beaux-arts du Canada a notamment pour mandat de rendre l’art canadien accessible d’un bout à l’autre du pays et offre le plus important programme d’expositions itinérantes d’œuvres d’art en Amérique du Nord. Pour obtenir de plus amples renseignements, rendez vous au www.beaux-arts.ca.

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Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec :

Josée-Britanie Mallet
Agente principale des relations avec les médias
Musée des beaux-arts du Canada
613 990 6835
bmallet@gallery.ca

Claire Schofield
Gestionnaire, Communications et relations publiques
Musée des beaux arts du Canada
613 990 7081
cschofield@gallery.ca