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Paolo Véronèse et le Retable Petrobelli

Ottawa (Ontario) - 27 mai, 2009

Une exposition qui sonde le passé et décrit
les travaux de restauration mis en œuvre pour redonner
à une célèbre œuvre d’art sa splendeur d’antan

Du 29 mai au 7 septembre 2009

L’épais mystère entourant l’œuvre historique de Paolo Véronèse intitulée le Retable Petrobelli se dissipera enfin lorsque le Musée des beaux-arts du Canada dévoilera au public, le 29 mai 2009, le tableau d’une beauté énigmatique de cet illustre artiste vénitien de la Renaissance. Quelque 400 ans après la création de l’œuvre originale, la réunion des quatre fragments du tableau permettra de relater une histoire remarquable marquée par l’acte de vandalisme commis contre le retable au 18e siècle, l’acquisition de ses sections par des collectionneurs au 19e siècle, sa conservation moderne au 20e siècle et sa restauration au 21e siècle. Pour de plus amples renseignements sur cette œuvre qui sera exposée jusqu’au 7 septembre, consultez le site de l’exposition financé grâce à l’appui généreux des Mécènes distingués de la Fondation.

« Grâce à la réunification des quatre fragments, le public et les spécialistes pourront enfin découvrir cette œuvre exceptionnelle », a déclaré le directeur du MBAC, Marc Mayer. « Le fructueux partenariat de recherche entre le Musée des beaux-arts du Canada et la Dulwich Picture Gallery à Londres ainsi que la collaboration du Blanton Museum of Art à Austin (Texas) et de la National Gallery of Scotland à Édimbourg ont joué un rôle déterminant dans la réussite de cet ambitieux projet. »

Paolo Véronèse, prestigieux artiste de la Renaissance
Véronèse forme avec les grands maîtres Titien et Tintoret l’un des fameux triumvirats vénitiens de peintres maniéristes de la Renaissance tardive. Sa renommée tient plus particulièrement à son talent de coloriste et à l’extraordinaire luminosité de ses œuvres.

L’étonnante histoire d’un sauvetage
L’histoire incroyable du tableau et son sauvetage remarquable comporte tous les ingrédients d’un bon roman policier. Rien n’y manque : instruments tranchants, avaries en mer, fausses pistes et révélations soudaines. Comparable à la résolution d’un immense et fascinant casse-tête, la mise en œuvre de cette reconstruction a nécessité la combinaison de recherches savantes et d’expertise technologique.

L’histoire débute vers 1563 dans la petite ville de Lendinara, en Vénétie, dans le nord de l’Italie. C’est là que réside l’un des deux cousins Petrobelli − Antonio et Girolamo − qui commandent à Paolo Véronèse un grand retable pour la chapelle familiale, dans l’église San Francesco. Véronèse conçoit une imposante œuvre cintrée devant être placée dans un haut portique de pierre comportant trois principaux groupes de personnages debouts en triangle : un Christ mort soutenu par les anges, les cousins Petrobelli agenouillés recevant les bénédictions des saints et un saint Michel foulant aux pieds Satan.

Il y a 200 ans, le retable, comme beaucoup d’autres œuvres de cette période, subit un sort cruel : il est démembré par des marchands d’art rusés qui voient l’intérêt de le vendre en sections plus petites. Les fragments changent plusieurs fois de mains. L’un d’eux finit par se retrouver à la Dulwich Picture Gallery à Londres (R.-U.) et un autre à la National Gallery of Scotland; un troisième fragment, Le Christ mort soutenu par les anges, est acheté par Eric Brown, premier directeur du MBAC, et entre dans la collection du Musée des beaux-arts du Canada en 1925. Néanmoins, lors de sa précédente traversée transatlantique en direction d’un acquéreur, l’œuvre, transportée à l’envers et immergée dans l’eau salée subit d’importants dommages. Un quatrième fragment, la tête d’un ange, est découvert au Blanton Museum à Austin (Texas).

Restaurer le Christ mort pour lui redonner toute sa splendeur
Le fragment du MBAC – Le Christ mort − présentait de nombreux défis pour le Musée et son équipe de restauration, composée de Stephen Gritt et Tomas Markevicius. Commencés en 2007, les travaux se sont échelonnés sur deux ans aux cours desquels les difficultés matérielles et techniques se sont multipliées. En outre, comme le tableau avait été découpé dans un format rectangulaire asymétrique, il fallait, pour rétablir le dynamisme de la composition d’origine, lui redonner sa largeur et sa forme arquée initiales. On a aussi dû examiner et analyser deux autres œuvres de Véronèse – La Madeleine repentante et Le repos pendant la fuite en Égypte afin de résoudre diverses considérations techniques : différentes grosseurs de fils de la toile, complexités de la palette de couleurs et variations dans le style des assistants d’atelier de Véronèse ayant aussi participé à la création du tableau. De plus, la reconstruction des fragments les uns par rapport aux autres représentait une tâche ardue.

Le Christ mort était très abîmé. Sa restauration initiale, réalisée par Frank Colley en 1926, n’avait pas résisté à l’épreuve du temps et le séjour du tableau dans l’eau de mer avait aussi aggravé le problème. Avec une surface ainsi souillée, décolorée et partiellement illisible, l’œuvre était restée dans les réserves du Musée plus longtemps qu’elle n’avait été exposée sur ses murs. Son état de détérioration avait aussi empêché sa réunion avec les autres fragments.

« L’étrange accumulation de difficultés associées à ce projet s’est traduite par un travail très complexe, mais néanmoins fascinant et gratifiant », a expliqué le chef du laboratoire de conservation et de restauration du MBAC, Stephen Gritt. « Maintenant que le fragment du MBAC a retrouvé presque intégralement sa beauté d’origine, non seulement sera-t-il exposé dans les musées qui ont participé au projet, mais il occupera la place qui lui revient au sein de la collection permanente du Musée des beaux-arts du Canada et de la littérature sur Véronèse. »

Financement de la restauration
La restauration de cette œuvre inestimable n’aurait pas été possible sans la générosité des membres, amis donateurs et donateurs du MBAC et de la Fondation du MBAC qui ont financé la restauration du fragment du Musée des beaux-arts dont la pérennité est maintenant assurée.

« L’histoire extraordinaire de ce chef-d’œuvre a touché le cœur et l’imagination de plus de 800 ménages au sein de notre communauté qui sont intervenus afin que ce tableau puisse être restauré et redécouvert par le public », a indiqué la présidente et chef de la direction de la Fondation du Musée des beaux-arts du Canada, Marie Claire Morin. « C’est aussi grâce à leur formidable soutien que le Musée peut présenter cette remarquable exposition. Nous tenons à leur exprimer toute notre gratitude pour leur précieuse contribution à cet important projet. »

À propos de la Fondation du Musée des beaux-arts du Canada
Créée en 1997, la Fondation du Musée des beaux-arts du Canada est vouée à procurer au Musée des beaux-arts du Canada et à son musée affilié, le Musée canadien de la photographie contemporaine (MCPC), l’appui financier additionnel requis afin de préserver et de promouvoir le riche patrimoine canadien en art visuel et de rendre l’art accessible et significatif pour chacun d’entre nous. L’harmonisation de la philanthropie privée et du soutien public est essentielle à la mise en œuvre des programmes du Musée et à la réalisation de  son mandat unique. La Fondation accepte les dons immédiats et différés, y compris pour les projets spéciaux et les fonds de dotation. Pour en savoir davantage, visitez le .

À propos du Musée des beaux-arts du Canada
Le Musée des beaux-arts du Canada abrite la plus importante collection d’œuvres d’art historiques et contemporaines canadiennes au monde. En outre, il réunit une prestigieuse collection d’œuvres d’art indigène, occidental et européen du 14e siècle au 21e siècle, ainsi que d’art américain et asiatique, et de dessins et de photographies. Fondé en 1880, le MBAC compte parmi les plus anciennes institutions culturelles du pays. Fidèle à son mandat de rendre l’art canadien accessible partout au pays, il organise l’un des plus importants programmes d’expositions itinérantes au monde.

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Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Josée-Britanie Mallet
Agente principale, Relations publiques et médiatiques
Musée des beaux-arts du Canada
613-990-6835
 
Claire Schofield
Gestionnaire, Communications et relations publiques
Musée des beaux-arts du Canada
613-990-7081