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Scott McFarland. La réalité aménagée

Ottawa - 16 avril, 2009

Une exposition qui insiste sur l’équilibre précaire
entre les univers naturel et humain

Organisée par le Musée canadien de la photographie contemporaine
À l’affiche du 11 avril au 13 septembre 2009

Les relations qu’entretient l’humain avec le monde naturel. Voilà le sujet central qu’aborde l’exposition Scott McFarland. La réalité aménagée organisée par le Musée canadien de la photographie contemporaine (MCPC). À l’affiche  jusqu’au 13 septembre 2009 au Musée de beaux-arts du Canada, l’exposition rassemble 36 œuvres photographiques de l’artiste Scott McFarland, qui s’est forgé une solide renommée pour ses photographies superbement construites. Pour en savoir davantage, visitez le site qui lui est consacré au mcpc.beaux-arts.ca/mcfarland.

Les images rigoureuses créées par Scott McFarland représentent la nature façonnée selon la volonté et le désir humains. Centrée sur les jardins, les paysages et les animaux que l’on trouve dans des endroits particuliers comme les zoos, les fermes et les écuries, l’approche de McFarland est à la fois descriptive et métaphorique. Ses photographies ont beau montrer un état d’harmonie et de tranquillité, l’effet d’ensemble n’en paraît pas moins artificiel. Trois séries d’œuvres, Jardins (2001 – 2006), Hampstead (à partir de 2005) et Empire (à partir de 2003) composent l’exposition. Un groupe important de ces œuvres se concentre sur les jardins de Vancouver.

« Nous sommes très heureux de présenter cette fascinante exposition de photographie contemporaine au public. Actif depuis seulement 10 ans, Scott McFarland a su très tôt se distinguer des nombreux artistes photographes de sa génération par ses œuvres qui font vivre au spectateur une riche expérience visuelle », a indiqué la directrice du MCPC, Martha Hanna.

Tirant son inspiration de jardins réputés dans le monde et d’artistes acclamés tel que John Constable, McFarland utilise la pellicule et une chambre photographique grand format pour prendre ses clichés. Il scanne ensuite ses négatifs et les combine numériquement pour présenter une photographie étonnamment cohérente. L’artiste, dans son choix et son traitement du sujet, intègre également des éléments faisant référence aux procédés photographiques et à l’histoire de l’art et de la photographie.

Une exposition, trois thèmes
Dans cette exposition, l’artiste exploite trois thèmes : le jardin, photographie : l’art et le document, et les animaux.

  • Le jardin – Dans sa série Jardins, qui se concentre sur les jardins privés que l’on trouve dans le quartier cossu de West Side à Vancouver, McFarland réunit la vue rêvée du jardin et de soigneuses mises en scène à plusieurs personnages, qui illustrent l’entretien des lieux. Dans certains cas, la composition et la pose étudiée des ouvriers soulignent l’idée de l’activité humaine se fondant avec la nature, comme on peut le voir dans Inspecter, Allan O’Connor cherche du Botrytis cinerea ou moisissure grise (2003), où le dos arqué des jardiniers fait écho aux courbes des haies et massifs sur lesquels ils travaillent. De plus, les activités de jardinage sont intégralement liées aux procédés photographiques, les deux ayant de nombreux éléments en commun – dont le recours à des produits chimiques : la photographie avec les révélateurs, les bains d’arrêt et les fixateurs, le jardinage avec les engrais et les pesticides.
  • Photographie : l’art et le document – Les photographies de McFarland remettent en question la catégorisation entre art et documentation. Pour ce qui est de cette dernière, la photographie dans sa capacité descriptive représente l’autorité et l’ordre, ancrée qu’elle est dans une foi culturelle en l’objectivité du médium. À un niveau, les œuvres de McFarland, à la précision toute en détail et à la netteté saisissante, présentent le monde comme quelque chose d’intensément observé et scruté. Dans certains cas, comme cela transparaît particulièrement dans les vues du Huntington Botanical Garden à San Marino, en Californie, les légendes taxinomiques telles que « echinocactus grusonii » viennent renforcer une approche documentaire par leurs liens avec les systèmes de classification scientifique qui organisent avec soin la réalité.

    L’idée de documentation, toutefois, est remise en question par la dimension artistique de l’imagerie. McFarland a recours à la technologie numérique pour créer ses œuvres photographiques. Cette capacité à transformer le monde par le biais de procédés technologiques poussés trouve écho dans son sujet même. Les jardins sont en général des lieux artificiels. Ils abritent souvent diverses espèces de plantes non indigènes que l’on a choisies pour leur effet esthétique. Pourtant, le jardin est vu plus comme un lieu organisé, et le photographe travaille donc à créer une image contrôlée de ce qu’il illustre, une aspiration des photographes de la nature qui remonte au XIXe siècle. Cependant, au XXIe siècle, la manipulation numérique permet au photographe d’agir tel un grand peintre.
  • Les animaux – Dans ses photographies soigneusement mises en scène, McFarland présente une vision raffinée de la nature et de la place des humains en son sein. Les animaux, en général domestiques, se tiennent sagement près de leurs gardiens; une main ferme sur sa tête calme un cheval que l’on vient de ferrer, et des chiens restent vigilants aux côtés de leurs maîtres.

    Avec le format en vue élargie, le sujet est traité à la manière d’un tableau empreint de majesté : un gardien de zoo nourrit avec douceur des porcs-épics placides et lourds, dans un décor naturel stylisé; de jeunes femmes toilettent des chevaux dociles dans un verger bucolique rempli de pousses printanières; des gens sont dans un bois, et leurs chiens, fidèles compagnons, sont pourtant distraits par la compagnie les uns des autres. Les univers humain et animal sont dépeints comme étant intimement entrelacés, une vision que complète la méthode de McFarland consistant à créer une imagerie qui emprunte aux propriétés tant numériques qu’analogiques de la photographie. Par cette manière hybride de travailler, l’artiste montre notre relation avec la nature comme une interaction subtile entre fait et fiction.

Scott McFarland. La réalité aménagée est présentée dans le cadre de la programmation de la Scène Colombie-Britannique à l’affiche au Centre national des Arts du 21 avril au 3 mai 2009.
 
Catalogue
Un catalogue bilingue accompagne l’exposition. L'ouvrage de 88 pages, publié avec l’appui généreux de L’Albert and Temmy Latner Family Foundation, comprend un essai de la commissaire de l’exposition, Andrea Kunard, 33 planches en couleurs et la biographie de l’artiste. En vente au prix de 25 $ à la Librairie du Musée des beaux-arts du Canada ou à la boutique virtuelle du Musée.

Commissaire de l’exposition
Andrea Kunard s’est jointe au Musée canadien de la photographie contemporaine en 1998. Depuis, elle a présenté un certain nombre d’expositions, dont Mouvance et mutation (2000), Susan McEachern. Multiplicité de sens (2004), Michael Semak (2005), La photographie peinte (2006), Involontaire, Jin-me Yoon (2006), Cheryl Sourkes. Caméra publique (2007), et Regards d’acier. Portraits par des artistes autochtones (2008). Elle a donné des cours sur l’art canadien, l’histoire de la photographie et la théorie culturelle aux universités Carleton et Queen’s et a publié des articles sur la photographie historique et contemporaine dans diverses publications comme The Journal of Canadian Art History, l’International Journal of Canadian Studies, Early Popular Visual Culture, Muse, C Magazine et ETC Montréal.

À propos du Musée canadien de la photographie contemporaine
C’est grâce à l’achat, à la cession et au don de photographies d’art et documentaires les plus remarquables d’artistes canadiens que la collection du MCPC compte aujourd’hui plus de 17 700 photographies et 144 000 négatifs et transparents. La plupart des expositions présentées à Ottawa prennent ensuite l’affiche à divers endroits au Canada et à l’étranger grâce au programme En tournée du Musée des beaux-arts du Canada. Pour obtenir de plus amples renseignements, rendez vous au .

À propos du Musée de beaux-arts du Canada
Le Musée des beaux-arts du Canada abrite la plus importante collection d’œuvres d’art historiques et contemporaines canadiennes au monde. En outre, il réunit une prestigieuse collection d’œuvres d’art indigène, occidental et européen du 14e siècle au 21e siècle, ainsi que d’art américain et asiatique, et de dessins et de photographies. Fondé en 1880, le MBAC compte parmi les plus anciennes institutions culturelles du pays. Fidèle à son mandat de rendre l’art canadien accessible partout au pays, il organise l’un des plus importants programmes d’expositions itinérantes au monde.

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Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Josée-Britanie Mallet
Agente principale, Relations publiques et médiatiques
Musée des beaux-arts du Canada
613-990-6835

Claire Schofield
Gestionnaire, Communications et relations publiques
Musée des beaux-arts du Canada
613-990-7081