À propos des gens

En 1967, Jean Sutherland Boggs provoque un tollé en achetant Brillo d’Andy Warhol. Des décennies plus tard, à l’invitation de Pierre Théberge, le sculpteur vedette Ron Mueck crée une immense tête de bébé… juste pour nous. Depuis son fondateur, le marquis de Lorne, jusqu’à l’époque actuelle en passant par la suite colorée de conservateurs, de directeurs et de présidents du Conseil d’administration qui se sont succédé, le Musée a joui, tout au long de son histoire, d’une direction visionnaire et audacieuse.

  • John William Hurrell Watts, conservateur
  • L. Fennings Taylor, conservateur
  • Eric Brown, directeur
  • Harry Orr McCurry, directeur
  • Robert H. Hubbard, conservateur
  • Alan Hepburn Jarvis, directeur
  • Charles Fraser Comfort, directeur
  • Jean Sutherland Boggs, directrice
  • Hsio-Yen Shih, directrice
  • Joseph Martin, directeur
  • Shirley Thomson, directrice
  • Pierre Théberge, directeur
  • Marc Mayer, directeur

John William Hurrell Watts, conservateur
En tant qu'architecte au service du bureau de l'architecte en chef du Dominion, au ministère des Travaux publics, John William Hurrell Watts (1850-1917) est nommé premier conservateur à temps partiel du Musée en 1883, ce dernier ayant été fondé en 1880. Sous la direction de l’architecte d’origine britannique et membre de l’Académie des arts, une collection nationale voit le jour avec l’acquisition d’œuvres comme Lever de soleil sur le Saguenay de Lucius O’Brien.

L. Fennings Taylor, conservateur
L’architecte québécois L. Fennings Taylor (1864*-1947) succède à John H.W. Watts, premier conservateur du Musée, en 1897. À l’époque, le Musée est encore un jeune établissement et ses ressources sont limitées. Au cours des trois premières années du mandat de M. Taylor, le Musée ne fait aucune acquisition. L. Fennings Taylor concevra plus tard le Pavillon du Canada pour l’Exposition internationale de 1904, tenue à St. Louis (Missouri). *Certaines sources indiquent qu’il est né en 1862.

Eric Brown, directeur
Eric Brown (1877-1939) devient le premier directeur du Musée des beaux-arts du Canada en 1912. Lors d’une rencontre avec Byron Edmund Walker (plus tard fait chevalier), qui sélectionnait des tableaux pour le Conseil consultatif des beaux-arts nouvellement créé à Ottawa, M. Walker lui avait demandé s’il serait prêt à venir à Ottawa et à mettre de l’ordre dans les affaires du Musée dont la gestion était boiteuse depuis longtemps, offre que M. Brown avait rapidement acceptée.

« Comme il n’est possible d’approfondir sa connaissance et sa compréhension de l’art qu’en établissant des comparaisons entre diverses oeuvres, le Musée des beaux-arts poursuit d’abord un mandat d’éducation », écrit M. Brown dans un article publié le 4 mai dans le Toronto Globe. « Outre nos propres tableaux canadiens, nous devons présenter les plus brillants exemples de la production artistique mondiale que nous puissions acquérir. C’est ainsi que nous pourrons évaluer notre mérite et la progression de nos efforts. »

Né à Nottingham en août 1877, Eric Brown s’établit au Canada en 1909. Il travaille d’abord à Montréal, à une exposition d’oeuvres britanniques prêtées, puis entre à l’Art Gallery of Toronto (maintenant appelée le Musée des beaux-arts de l’Ontario).

Harry Orr McCurry, directeur
En novembre, à la mort d’Eric Brown, Harry Orr McCurry (1889-1964) est nommé directeur de la Galerie nationale du Canada. En poste au Musée à titre de directeur adjoint depuis 1919, il en sera le directeur de 1939 à 1955. M. McCurry est un ardent défenseur des programmes de diffusion et d’éducation artistique du Musée et il parcourt le pays pour en faire la promotion.

Robert H. Hubbard, conservateur
Historien de l’art et expert en sculpture franco-canadienne, Robert H. Hubbard (1916-1989) devient le premier conservateur de l’art canadien du Musée en 1947. En 1954, il s’est déjà élevé au rang de conservateur en chef, poste qu’il occupera jusqu’en 1978. Durant cette période, on inaugurera l’édifice Lorne et on se tournera vers l’acquisition d’oeuvres d’art contemporain.

Alan Hepburn Jarvis, directeur
Le sculpteur Alan Hepburn Jarvis (1915-1972) devient le nouveau directeur de la Galerie nationale du Canada en 1955. Il visite de nombreuses galeries canadiennes, s’intéressant plus particulièrement aux peintures et sculptures du XXe siècle et faisant la promotion des artistes régionaux.

Formé à l’école secondaire supérieure Parkdale (Toronto), puis à l’Université de Toronto, où il obtient un baccalauréat ès arts en 1938, et à Oxford, où il bénéficie d’une bourse Rhodes en 1938-1939, M. Jarvis accepte, après avoir appris la sculpture auprès du collectionneur d’art torontois Douglas Duncan, une bourse de l’Institut des beaux-arts de l’Université de New York. En 1941, il retourne en Angleterre, où il devient un expert-conseil pour le ministère chargé de produire les aéronefs. Au terme de la Deuxième Guerre mondiale, il y occupera quelques postes, notamment ceux de directeur des relations publiques au conseil de dessin industriel du Royaume-Uni (de 1945 à 1947), de directeur de Pilgrim Pictures (de 1947 à 1950), de chef de l’Oxford House (de 1950 à 1955), de président du conseil d’administration du London’s Group Theatre et de directeur de la British Handcraft Export Corporation.

Charles Fraser Comfort, directeur
Charles Fraser Comfort (1900-1994), artiste de guerre à qui l’on doit un tableau magistral illustrant le raid sur Dieppe, est aussi le seul artiste à avoir été nommé directeur du Musée des beaux-arts du Canada. Durant son mandat de cinq ans, il monte des expositions marquantes comme The Controversial Century 1850-1950.

Natif de l’Écosse, M. Comfort s’établit à Winnipeg en 1912. Il étudie l’art dans cette ville ainsi qu’à New York (1922-1923) avec Robert Henri. Son amitié avec les membres du Groupe des Sept, sa connaissance de l’oeuvre de Paul Cézanne et d’autres peintres modernistes, son intérêt pour l’histoire de l’art et son expérience professionnelle en graphisme, qu’il acquiert à Winnipeg (de 1914 à 1925) et à Toronto (de 1925 à 1936), exercent une influence majeure sur son art.

La trame expressive et le caractère éminemment dramatique perceptibles dans ses grands portraits exécutés dans les années 1920 et 1930 le sont tout autant dans ses paysages tardifs et dans les fresques qu’il peint pour la Bourse de Toronto (1937), première interprétation moderne de l’art mural au Canada. En reconnaissance des nombreuses responsabilités qu’il cumule au cours de sa carrière au sein de sociétés d’art (y compris celles de président de l’Académie royale des arts du Canada de 1957 à 1960) et de son travail comme artiste de guerre (1943 1946), il est reçu Officier de l’Ordre du Canada en 1972.

Jean Sutherland Boggs, directrice
Le 1er juin 1966, Jean Sutherland Boggs, Ph.D. (1922-), devient la première directrice du Musée. L’Ottawa Citizen la décrit comme « la personne la plus attirante qui ait jamais dirigé la Galerie nationale ». Le quotidien ajoute qu’« en plus d’avoir du charme, Mme Sutherland Boggs est une spécialiste exceptionnelle et une administratrice efficace ».

Première femme à prendre les rênes de la Galerie, Mme Boggs est aussi la première directrice de la Galerie à détenir un doctorat en beaux arts. Elle retracera d’ailleurs l’histoire de la Galerie et de sa collection dans The National Gallery of Canada, qu’elle publiera en 1971. Avec l’acquisition de Brillo d’Andy Warhol en 1967, elle suscite de nombreuses réactions.

De 1948 à 1966, elle enseigne dans un certain nombre d’établissements, dont les collèges Skidmore et Mount Holyoke, l’Université de la Californie et l’Université Washington, à St. Louis. En 1962, elle devient conservatrice de l’Art Gallery of Toronto. Après 10 années passées à la direction du Musée des beaux-arts du Canada, elle devient professeure en beaux-arts à l’Université Harvard (1976-1979) et directrice du Musée des beaux-arts de Philadelphie (de 1978 à 1982). Elle est ensuite présidente du conseil d’administration et chef de la direction de la Société de construction des musées du Canada de 1982 à 1985, au sein de laquelle elle participe aux projets de construction d’un édifice spécialement conçu pour accueillir le Musée des beaux-arts et du bâtiment unique qui abrite le Musée canadien des civilisations. En 1973, elle est nommée Officier de l’Ordre du Canada « en reconnaissance de son savoir et de la détermination dont elle a fait preuve en enrichissant la collection et les services du Musée ». Elle devient Compagnon de l’Ordre du Canada en 1992.

Hsio-Yen Shih, directrice
Hsio-Yen Shih (1933-2001), qui a grandi en Chine, au Canada, en Afrique du Sud et à Taiwan, assure ensuite la direction du Musée de 1977 à 1981. Détentrice d’un doctorat en arts chinois et auparavant conservatrice au ROM, elle contribuera considérablement à l’enrichissement de la collection d’oeuvres d’art et d’artefacts asiatiques du Musée.

Joseph Martin, directeur
Le 27 juillet 1981, Joseph Martin (1922-2003) devient le septième directeur de la Galerie. Il compte déjà 13 années d’expérience à la Galerie, dont il a été directeur adjoint (1970-1973), codirecteur (1975-1978) et, plus récemment, conseiller spécial, Affaires extérieures. En outre, il a dirigé le bureau de l’Unesco à Venise (1973-1975), où il devait s’occuper des efforts internationaux en vue de sauver les trésors artistiques vénitiens des inondations menaçant la ville. Il sera directeur intérimaire du Musée à deux reprises, de juillet à décembre 1976 et de 1981 à 1983.

Shirley Thomson, directrice
Shirley Thomson, Ph.D. (1930-2010), est nommée directrice du Musée des beaux-arts du Canada en 1987. Durant son mandat de dix ans, elle réorganise l’institution qui vient tout juste d’emménager dans un nouvel édifice et d’adopter un nouveau système administratif (le Musée devient une société d’État en 1990). Mme Thomson se dote d’une solide équipe professionnelle qui favorise les débats intellectuels et met sur pied une programmation fondée sur la qualité et l’érudition. La controverse publique autour du tableau au nom prédestiné de Voix de feu  ne fait que renforcer sa détermination. Les portraits de Renoir : Impressions d’une époque, dernière exposition majeure tenue durant son mandat, établira un record d’affluence au Musée, attirant 340 000 visiteurs.

Associée dès 1964 à la Commission canadienne pour l’Unesco, dont elle est secrétaire générale de 1985 à 1987, Mme Thomson dirige aussi le Musée McCord, à Montréal. Après son passage au Musée des beaux arts, elle exerce les fonctions de directrice du Conseil des Arts du Canada, de 1998 à 2002, puis préside le conseil d’administration de la Commission canadienne d’examen des exportations de biens culturels. Détentrice d’un doctorat en histoire de l’art de l’Université McGill, elle reçoit aussi, tout au long de sa carrière, de nombreuses récompenses, y compris le titre d’Officier de l’Ordre du Canada (1994) et un Prix du Gouverneur général pour sa contribution au domaine des arts et le rôle essentiel qu’elle a joué auprès des organismes culturels canadiens (2008). Son décès le 10 août 2010 entraîne plusieurs messages du public lui rendant hommage. 

Pierre Théberge, directeur
Pierre Théberge O.C., C.Q. (1942-) est nommé directeur du Musée des beaux-arts du Canada en janvier 1998. Au cours des 11 années que dure son mandat, M. Théberge fait entrer le Musée dans l’ère numérique. Il fait aussi l’acquisition de grandes oeuvres contemporaines, dont Tête d’un bébé de Ron Mueck et Maman, l’araignée géante de Louise Bourgeois qu’il fait installer de manière permanente sur l’esplanade du Musée.

Pierre Théberge est né en 1942 à Saint-Éleuthère, dans le comté de Kamouraska (Québec). Remarquable figure de la communauté artistique depuis près de quatre décennies, M. Théberge est diplômé en histoire de l’art de l’Université de Montréal et a étudié également au Courtauld Institute de Londres. Directeur du Musée des beaux-arts de Montréal de 1986 à 1997, il donne à l’institution un profil international grâce à une programmation originale et vivifiante. Il est aussi à la barre du Musée au cours de la construction du pavillon Jean-Noël-Desmarais.

De nombreux honneurs jalonnent la carrière remarquable de Pierre Théberge. Il est nommé chevalier de l’Ordre national du Québec en 1992 et est reçu Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le gouvernement de la France en 1994. En 2001, M. Théberge est nommé Officier de l’Ordre du Canada par la gouverneure générale Adrienne Clarkson pour son apport exceptionnel aux arts visuels canadiens. En 2002, il reçoit la Médaille du jubilé de Sa Majesté la reine conférée aux personnes qui ont apporté une contribution exceptionnelle au Canada, à leur collectivité ou à leurs concitoyens. En 2003, le gouvernement de l’Autriche lui remet la Croix d’honneur de la Science et des Arts. En 2008, il est nommé Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres par la République française.

Marc Mayer, directeur
Le 9 décembre 2008, au terme d’un processus de recrutement mené en Amérique du Nord et à l’étranger, Marc Mayer (1956-) devient le 10e directeur et chef de la direction du Musée des beaux-arts du Canada. Il entre en fonction le 19 janvier 2009. M. Mayer est l’ancien directeur du Musée d’art contemporain de Montréal, l’établissement muséal le plus important au Canada consacré à l’art contemporain.

Marc Mayer est né à Sudbury (Ontario), en 1956. Diplômé de l’Université McGill, où il a étudié l’histoire de l’art, il a occupé de nombreux postes influents sur la scène artistique internationale. Sa carrière commence pour de bon en 1986, lorsqu’il est nommé adjoint du directeur, puis directeur adjoint du Centre d’art contemporain canadien 49th Parallel, à New York, où il demeurera jusqu’en 1990. De 1990 à 1993, il dirige le département des arts visuels des Services culturels de l’ambassade du Canada à Paris et travaille comme correspondant pour la revue new-yorkaise The Journal of Art, de Rizzoli. Il sera également le conservateur de la galerie d’art Albright-Knox, à Buffalo (New York), de 1994 à 1998, le directeur de la galerie d’art contemporain Power Plant du Centre Harbourfront, à Toronto, de 1998 à 2001, et le sous-directeur des arts au musée d’art de Brooklyn, de 2001 à 2004.