Le musée est ouvert pendant les travaux sur la promenade Sussex.

Pre 1900

1880's

Alléluia, une galerie est née

La Galerie nationale du Canada reçoit l’appui d’un marquis doublé d’un poète (également nommé gouverneur général du Canada) et cohabite avec la Cour suprême du Canada, un colocataire des plus réfractaires. La collection comprend initialement 15 tableaux à l’huile offerts en don ainsi que les premières œuvres achetées des artistes canadiens William Brymner, Robert Harris et Paul Peel

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1880

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Claredon Hotel, 1880, Canadian Illustrated News, Musée des beaux-arts du Canada Bibliothèque et Archives, Ottawa

CHANGEMENTS IMPORTANTS

Nous devons à sir John Douglas Sutherland Campbell, marquis de Lorne et gouverneur général du Canada, d’avoir enclenché le processus qui a finalement abouti à la création d’un musée des beaux arts appartenant à tous les Canadiens et Canadiennes.

À 34 ans, sir Campbell est le plus jeune gouverneur général que le Canada ait connu. Décrit à l’époque comme un jeune homme sensible, un poète et un fervent amateur de dessin, il compte parmi ses amis intimes les peintres britanniques réputés Landseer et Millais. Son épouse, la princesse Louise, fille de la reine Victoria, est reconnue à juste titre pour son talent de peintre et de sculpteure. L’amour des époux pour les arts ainsi que leurs aspirations artistiques respectives leur valent une réputation de caractère bohème.

Le 6 mars 1880, l’élite de la jeune société ottavienne se masse à l’hôtel Clarendon, sur la promenade Sussex, pour assister à l’inauguration de la première exposition officielle de l’Académie des arts du Canada. Sir Campbell profite de l’occasion pour souligner la nécessité d’établir un musée des beaux arts dans la capitale et manifester son appui à une telle initiative. En outre, le gouverneur général déclare que les morceaux de réception des nouveaux académiciens formeront désormais le noyau d’une collection nationale d’œuvres d’art qui sera administrée par l’architecte en chef du Dominion, au ministère des Travaux publics. Cette annonce marque le début d’un soutien vice royal indéfectible à la création d’un musée des beaux arts, en collaboration avec les artistes du Dominion. Cet appui durera quatre ans.

COLLECTIONS

Lever de soleil sur le Saguenay (1880) de Lucius O’Brien (1832-1899), premier président de l’Académie royale des arts du Canada, compte parmi les œuvres de la nouvelle collection nationale.

EXPOSITIONS

Le marquis de Lorne, gouverneur général du Canada, inaugure la première exposition officielle de l’Académie des arts du Canada (qui deviendra plus tard l’Académie royale des arts du Canada).

1882

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Cour Suprême, 1881, Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

LOCAUX

C’est au ministère des Travaux publics que le Musée doit sa première demeure. Il occupe, sur la colline du Parlement, deux pièces de 10,8 sur 6 m (36 sur 20 pi) dans un atelier modernisé de constructeurs adjacent à la Cour suprême du Canada. Bien qu’exigu, cet espace signifie que le Musée peut commencer à exposer sa collection grandissante quelque deux ans après sa fondation.

CHANGEMENTS IMPORTANTS

Le matin du 27 mai 1882, le Musée ouvre ses portes au public. Parmi les premiers invités à se présenter figure le gouverneur général, le marquis de Lorne, accompagné de plusieurs de ses amis. Son Excellence est, rapporte t on, enchantée par la collection du Musée dont un certain quotidien écrira qu’elle a « un grand mérite » et « suscite un profond intérêt ».

COLLECTIONS

Constituée principalement de morceaux de réception donnés par l’Académie royale des arts du Canada, alors fondée depuis peu, la modeste collection du Musée comprend à l’époque 15 peintures à l’huile (y compris Une tête ronde de Charlotte Schreiber), deux aquarelles, sept dessins architecturaux et un plâtre grandeur nature de François van Luppen.

Le Musée acquiert ses premières œuvres européennes : Golfe de Naples (1875) de Vilhelm Melby, don d’Allan Gilmour, et Sansone (v. 1858) de Frederick Lord Leighton, don de l’artiste.

John W. H. Watts, employé du ministère des Travaux publics, installe avec goût les œuvres de la collection en vue de la première exposition.

1883

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DIRECTEURS

Pour s’assurer que les œuvres de sa collection sont entreposées et exposées adéquatement, le Musée nomme son premier conservateur à temps partiel : John W. H. Watts, architecte d’origine britannique et membre de l’Académie des arts.

1884

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William Brymner, Avec Dolly chez le sabotier, 1883, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.

Photo © MBAC

COLLECTIONS

Le Musée achète sa première œuvre : Avec Dolly chez le sabotier (1883), un tableau de l’artiste contemporain canadien William Brymner.

1886

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Cour Suprême, 1881, Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.

LOCAUX

En 1886, beaucoup reconnaissent que les locaux où se trouve le Musée ne conviennent pas à une collection d’envergure nationale. « Si les salles de la Cour suprême se prêtent bien aux harangues sonores des sages affublés d’hermine (qui, soit dit en passant, fulminent devant l’impitoyable invasion de leur domaine), elles ne sont pas adaptées à l’exposition d’œuvres d’art », rapporte alors l’Ottawa Citizen.

COLLECTIONS

En 1886, le Musée multiplie les acquisitions, mettant la main sur La courtepointe bigarrée de William Brymner et Une rencontre des commissaires d’école de Robert Harris, un tableau qui, aujourd’hui, demeure l’une des œuvres favorites des visiteurs.

1888

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Hall Victoria, v. 1900, Emile Lacas, Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

LOCAUX

Le Musée déménage dans des locaux plus vastes, à l’étage supérieur d’un bâtiment où le ministère des Pêches monte des expositions très prisées, rue O’Connor. Le 10 mars 1888, l’Ottawa Daily Free Press rapporte que « toute la collection tient désormais dans une seule pièce dont l’espace d’exposition suffit pour l’instant. En outre, puisqu’elle est adjacente aux expositions mieux connues et plus populaires du ministère des Pêches, cette salle est susceptible d’attirer plus d’attention des visiteurs qu’elle n’en a eu jusqu’ici. »

EXPOSITIONS

Lorsqu’il quitte sa demeure initiale pour s’installer dans ses nouveaux locaux, le Musée voit sa fréquentation passer de 11 943 à 22 961 visiteurs. Entre 1889 et 1909, l’Académie royale des arts du Canada y tiendra sept expositions.

COLLECTIONS

La collection du Musée s’enrichit grâce à des achats, à divers dons et à des morceaux de réception d’académiciens canadiens.

Reconnaissant pour la première fois sont rôle de protecteur des œuvres anciennes du patrimoine canadien, le Musée reçoit six tableaux de Paul Kane que le gouvernement avait commandés en 1851.

1895

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Paul Peel, Baigneuse vénitienne, 1889, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

Photo © MBAC

COLLECTIONS

En 1894, après son premier achat d’œuvres d’artistes européens vivants, le Musée fait sa première acquisition ferme d’une œuvre d’un artiste canadien dédédé : Baigneuse vénitienne de Paul Peel.

1896

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Philip Reinagle, La mort de Nelson, 1806-1815, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

Photo © MBAC

COLLECTIONS

Le Musée des beaux-arts du Canada achète sa première peinture européenne à sujet historique : La mort de Nelson de George Philip Reinagle. Quatre années s’écouleront avant que le Musée se dote d’autres œuvres.

1897

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COLLECTIONS

L. Fennings Taylor qui concevra plus tard le Pavillon du Canada pour l'Exposition internationale de 1904, tenue à St. Louis (Missouri), succède à John H. W. Watts, premier conservateur du Musée, en 1897. À l’époque, la Société est encore toute jeune et ses ressources sont limitées. Au cours des trois premières années du mandat de M. Taylor, l’institution ne fait aucune acquisition.

* Certaines sources indiquent qu’il est né en 1862.