Les USA des années 1900–1950. Photographies du Musée des beaux-arts du Canada se penche sur une période féconde de la photographie, une période où ce nouveau procédé s’est révélé à la fois un art et un moyen de documenter le changement social. Cette exposition qui réunit 134 œuvres de la remarquable collection de photos américaines du Musée relate l’évolution de cette technique, du pictorialisme au modernisme, en passant par la photographie pure et par le travail documentaire. Vous y verrez plusieurs images d’une beauté à couper le souffle, dont L’entrepont d’Alfred Stieglitz, Nocturne – Escalier de l’Orangerie, Versailles d’Edward Steichen, Lever de lune, Hernandez, Nouveau-Mexique d’Ansel Adams et Martha Graham, Lettre au monde (Le battement) de Barbara Morgan, qui sont des représentations iconiques du travail des photographes les plus influents.
Au début du xxe siècle, les photographes américains sont totalement impliqués dans l’esthétique pictorialiste, produisant des paysages pastoraux, des scènes de rue nappées de brouillard et des portraits idéalisés de femmes et d’enfants. Le flou artistique et la lumière diffuse créent une atmosphère romantique. Les pictorialistes manipulent souvent les négatifs et les épreuves pour imiter les effets de la peinture, ainsi certaines images, telle Serbonne de Gertrude Käsebier, dégagent une aura impressionniste.
Au milieu des années 1910, des artistes tels que Stieglitz, Paul Strand et Walker Evans rejettent l’idée que la photographie doit imiter la peinture au profit des remarquables qualités du procédé photographique, exaltant notamment sa précision technique, son éclairage uniforme et sa surface lisse. Il en résulte alors des œuvres modernistes révolutionnaires, comme en témoignent la série de prises de vues Équivalent de Stieglitz, Vortographe d’Alvin Langdon Coburn et Mur latéral d’une grange peinte en blanc de Charles Sheeler.
Sur la côte Ouest, les membres du collectif f.64 adhèrent, au début des années 1930, à l’idéal d’une photographie non manipulée, dite « pure ». Les nus et les genévriers d’Edward Weston ou le portrait de Frida Kahlo d’Imogen Cunningham expriment les principes du groupe : netteté du détail et précision du foyer, souvent associées à une sobre sensualité.
Les premières décennies du xxe siècle sont un terreau fertile, les photographes documentaires ont l’embarras du choix des sujets étant donné l’impact des bouleversements économiques et sociaux sur la vie quotidienne. Les images d’immigrants et d’enfants au travail de Lewis Hine sont des récits fascinants, de même que les clichés de Dorothea Lange et Walker Evans illustrant les ravages de la Grande Dépression. La Photo League envoie ses membres photographier des gens ordinaires dans les rues de New York. Helen Levitt, Jerome Liebling et Sol Libsohn documentent les petits drames de la vie qui se déroulent sur les trottoirs.
Les visiteurs qui connaissent bien les paysages sublimes et grandioses d’Ansel Adams seront peut-être surpris de découvrir sa série plus contemplative de vagues écumantes du Pacifique, Le ressac en séquence. L’exposition mettra aussi en vedette la série poétique de Minor White, Song Without Words [Chants sans paroles], également exécutée sur la côte Ouest. Ces deux séries, qui illustrent une approche presque cinématographique
Rencontre avec la conservatrice
Le vendredi 10 février à 12 h 15, en anglais
Le vendredi 17 février à 12 h 15, en français
Visite de l’exposition avec Ann Thomas, commissaire de l’exposition Les USA des années 1900–1950. Compris avec le droit d’entrée au Musée.
Conférence
Le dimanche 12 février à 14 h
Ann Thomas, commissaire de l’exposition, analyse l’influence de la photographie américaine de 1900 à 1950 sur le travail des photographes canadiens. À la Salle de conférences. En anglais avec interprétation simultanée. Entrée libre
Causeries
Causeries thématiques de 10 minutes sur un thème de l’exposition. Compris avec le droit d’entrée au Musée.
En anglais
7 janvier – 1er avril
Tous les jeudis à 18 h
Les samedis et dimanches à 14 h
En français
7 janvier – 1er avril
Tous les jeudis à 18 h 30
Les samedis et dimanches à 14 h 30
Visites guidées
Visites de groupes sur demande. Inscriptions et billets :
613-998-8888.
Film
Présentation de films à propos des photographes américains de 1900 à 1950.
Entrée libre. En anglais sauf indication contraire. À la Salle des conférences.
Le samedi 21 janvier à 15 h
Dorothea Lange: A Visual Life, de Meg Partridge, 1995, 46 min. Ce portrait d’une artiste qui a produit certaines des images photographiques les plus marquantes du xxe siècle est un regard pénétrant et fascinant sur une vie consacrée à la photo. Des entrevues avec les fils et les assistants de Dorothea Lange présentent ses réalisations artistiques et ses enquêtes sur la diversité de la culture américaine.
Le samedi 28 janvier à 15 h
Portrait of Imogen, de Meg Partridge, 1988, 30 min. Réalisé par la petite-fille d’Imogen Cunningham, ce documentaire sélectionné aux Oscars met en scène une rencontre virtuelle avec Cunningham. L’artiste y révèle comment elle a façonné son impressionnante carrière sans négliger sa famille et son foyer.
Le samedi 11 février à 15 h
Eloquent Nude: The Love and Legacy of Edward Weston & Charis Wilson, d’Ian McCluskey, 2007, 57 min. Charis Wilson était jeune, belle et avide de connaissances ; Edward Weston était un nouveau virtuose du monde de la photographie. Amoureux dès leur première rencontre, ils ont parcouru l’Ouest, machine à écrire et un appareil photo à portée de main, au plus sombre de la crise économique. Ils ont révolutionné la photographie tout en évoluant l’un avec l’autre. À 90 ans, Charis Wilson se rappelle ses années passées en compagnie de Weston avec humour et franchise… et une pointe de regret.
Le samedi 25 février à 15 h
Eugène and Berenice – Pioneers of Urban Photography, de Michael House, 2008, 52 min. Considéré comme une figure de premier plan de l’histoire de la photographie, le Français Eugène Atget a méticuleusement documenté le Paris du début du xxe siècle. Toutefois, son œuvre aurait pu tomber dans l’oubli sans Berenice Abbott qui lui a apporté toute la reconnaissance qu’il méritait. Plus tard, Abbott s’est inspirée d’Atget pour saisir New York sur pellicule. En entrevue un an avant sa mort, elle évoque les liens entre le travail d’Atget et le sien.
Le samedi 3 mars à 15 h
Edward J. Steichen, de Claude Waringo, 1995, 56 min. En français. Récipiendaire du prix argent du Worldfest de Houston. Pour beaucoup, Edward J. Steichen était « le plus grand photographe portraitiste du xxe siècle ». À l’origine de l’exposition The Family of Man qui a attiré plus de 9 millions de visiteurs, Steichen a photographié Charlie Chaplin, Gary Cooper, Greta Garbo, Marlène Dietrich et bien d’autres illustres artistes de l’ère moderne. Personnage incontournable de la scène culturelle, il a présenté Picasso au monde artistique de New York et a réinventé la photo de mode et de guerre.
Le samedi 10 mars à 15 h
Ansel Adams: A Documentary Film, de Ric Burn, 2002, 100 min. Peu de photographes américains – en fait, peu d’artistes en tout genre – ont séduit un public aussi vaste qu’Ansel Adams. De plus, personne n’a influencé aussi profondément la façon dont les Américains ont saisi la splendeur de leur propre territoire ou modifié la perception des gens face à la nature. Ansel Adams était un photographe visionnaire, un pionnier de la technique photographique et un ardent environnementaliste.
