Focus sur la collection : Leonce Raphael Agbodjélou

Découvrez des œuvres récemment acquises par l’Institut canadien de la photographie

Leonce Raphael Agbodjélou, Sans titre (série Demoiselles de Porto-Novo), 2012

Leonce Raphael Agbodjélou, Sans titre (série Demoiselles de Porto-Novo), 2012, épreuves à développement chromogène, 150 x 100 cm (chacune), acheté en 2017, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

 

Leonce Raphael Agbodjélou (1965–) est un photographe béninois dont les œuvres sont chargées de références à l’Afrique, au Bénin, et plus spécifiquement à l’histoire de la ville de Porto-Novo. Dans Citizens of Porto-Novo, il photographie les gens de la capitale de manière à témoigner d'expériences de vie qui s'inscrivent entre la tradition et la modernité. De ce projet majeur découlent plusieurs séries dont Demoiselles de Porto-Novo et Musclemen, auxquelles appartiennent les oeuvres acquises par l'Institut canadien de la photographie. 

 

Demoiselles de Porto-Novo fait allusion au tableau Les Demoiselles dAvignon (1907) de Pablo Picasso, dans lequel les visages des femmes rappellent des masques africains. L’artiste se réapproprie la figure de la femme au torse nu en l’affirmant cette fois en tant que sujet africain. Il photographie son sujet portant un masque traditionnel dans le contexte d’une résidence à l’architecture coloniale, devenue aujourd'hui sa maison familiale. 

 

Musclemen joue sur les codes du portrait photographique tel que pratiqué dans les studios africains. Les mises en scène d'Agbodjélou prennent place dans un studio en extérieur et s'accompagnent souvent d’accessoires et de tissus décoratifs. Dans cette série, il photographie trois hommes forts de Porto-Novo qui portent des pantalons aux motifs typiques des vêtements du Bénin. Les couleurs vives et les bouquets de fleurs contrastent avec l’attitude macho qui se dégage de leur posture.

 

Pour voir la série Musclemen, acquise par l’Institut canadien de la photographie, visitez l’Exposition internationale d’art indigène, Àbadakone | Continuous Fire | Feu continuel, du 8 novembre 2019 au 5 avril 2020, au Musée des beaux-arts du Canada.

Leonce Raphael Agbodjélou, Sans titre (série Musclemen), 2012

Leonce Raphael Agbodjélou, Sans titre (série Musclemen), 2012, épreuve à développement chromogène, 150 x 100 cm, acheté en 2017, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

Leonce Raphael Agbodjélou, Sans titre (série Musclemen), 2012

Leonce Raphael Agbodjélou, Sans titre (série Musclemen), 2012, épreuve à développement chromogène, 150 x 100 cm, acheté en 2017, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

Pour en savoir plus...

 

Biographie

Agbodjélou (Porto-Novo, Bénin, 1965–) apprend la photographie auprès de son père, Joseph Moise Agbodjélou (1912–2000), qui dirige un studio très prospère à Porto-Novo dès 1960. Après la mort de son père, il reprend la gestion du studio et, bien qu’il continue à faire de la photographie commerciale, il porte une attention grandissante à la photographie d’art. Agbodjélou est également le fondateur et directeur de la première école de photographie du Bénin.

 

Dans les mots de l’artiste

 

À propos de Demoiselles de Porto-Novo :

« Je connais l'œuvre de Picasso, Les Demoiselles dAvignon. Le sujet de la réappropriation culturelle constituait certainement un facteur majeur lorsque j'ai travaillé sur ces séries. Cela étant dit, la majeure partie des éléments de ces œuvres demeure profondément personnelle, en rapport avec moi-même, ma famille et l'histoire de mon pays. Ces photographies ont été prises sur place, dans la maison de ma famille. […] Les filles viennent de villages voisins et sont vêtues de manière traditionnelle. Les masques qu'elles portent proviennent des marchés de fétiches vaudous de Porto-Novo et des alentours. »

 

À propos de Musclemen :

 « Leur centre de musculation est une cour d'autos où ils construisent leur propre équipement et leurs poids et haltères en utilisant de vieilles pièces de voiture. »  Les modèles, poursuit-il, arrivaient habillés dans leurs vêtements aux motifs typiquement béninois, et je choisissais alors un fond et j'arrangeais la composition. Leur réaction en se voyant sur les images en était une de fierté. Pour eux, ces images sont belles et illustrent la force et l'accomplissement. »

 

 

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À propos de l'auteur

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