Focus sur la collection : Spring Hurlbut

Découvrez des œuvres acquises récemment par l’Institut canadien de la photographie.

Spring Hurlbut, Une ligne fine : Arnaud n°4 (série Une ligne fine), 2014

Spring Hurlbut, Une ligne fine : Arnaud n°4 (série Une ligne fine), 2014, épreuve au jet d’encre, 69,2 x 69,2 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. Photo : MBAC

 

Spring Hurlbut rend hommage à l’artiste suprématiste Malevitch dans sa façon d’aborder le spirituel par le biais de formes géométriques, comme le cercle, le carré et la croix. À l’aide d’une technique surprenante, elle étend de minces couches de cendre humaine ou animale sur une surface noire pour ensuite photographier sa composition.

Dans Après Malevitch : Le moment de la dissolution, Nutmeg n°2, Hurlbut reprend la célèbre croix de Malevitch, notamment son aspect asymétrique, mais inverse l’ordre des couleurs pour obtenir une forme blanche sur un fond noir. Prenant l’apparence d’une comète, celle-ci semble disparaître peu à peu dans le cosmos. Cet effet, présent dans plusieurs œuvres de l’artiste réalisées avec des cendres, évoque la dissolution des formes solides et la nature éphémère de la vie.

Une ligne fine : Arnaud n°4 est un hommage à son mari, Arnaud Maggs (1926−2012), qui admirait lui aussi l’art des suprématistes. Également artiste, Maggs a exploré la forme du cercle dans ses propres portraits en exécutant des poses devant la caméra selon une trajectoire de 360 degrés. Il a ensuite regroupé les images dans une grille de manière à représenter une multitude de perspectives. À partir des cendres de Maggs, Hurlbut fait référence à ces codes en créant une forme circulaire striée de lignes horizontales. Cet arrangement, qui ressemble à la Lune, est une réflexion sur les sentiments de perte et de deuil, mais évoque aussi les images en astronomie.

 

Pour en savoir plus…

 

Biographie

 

L’artiste canadienne Spring Hurlbut a étudié à l’Ontario College of Art and Design et au Nova Scotia College of Art and Design. Sa pratique artistique couvre la sculpture, l’installation, la photographie et la vidéo. Son approche unique propose un dialogue entre sculpture et architecture, à commencer par la recherche de matériaux et de formes d'expression appropriés au contexte.

En 2005, sa mère lui transmet les cendres de son père et elle commence à explorer des façons de les utiliser de manière expressive. En découle une série de photographies intitulée Deuil I, suivie d’autres séries et de vidéos sur le même thème qu’Hurlbut considère comme des portraits posthumes évoquant la transformation du corps après la mort.

Spring Hurlbut, Après Malevitch : Le moment de la dissolution, Nutmeg n°2 (série Après Malevitch : Le moment de la dissolution), 2014

Spring Hurlbut, Après Malevitch : Le moment de la dissolution, Nutmeg n°2 (série Après Malevitch : Le moment de la dissolution), 2014, épreuve au jet d’encre, 69,3 x 69,1 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. Photo : MBAC

 

Dans les mots de l’artiste

 

Sur la mortalité *

Explorer la mortalité… Ça évoque pour moi quelque chose de délicieusement particulier, cette question de ce qui se passe de l’autre côté. Des gens de tous les milieux m’ont demandé de travailler avec leurs proches. Ils m’ont donné cette permission. Et c’est un grand et remarquable privilège.

Je considère mes sujets posthumes comme des collaborateurs; ce sont les dernières particules de ce qui a composé un individu vivant sur la terre et qui s’est épanoui à certains niveaux. Je ne perçois certes pas mon travail comme macabre; c’est beaucoup plus une célébration de la vie.

 

Sur la série Après Malevitch : Le moment de la dissolution

Ma série Après Malevitch : Le moment de la dissolution est basée sur les peintures et dessins de Kasimir Malevitch. À la manière de Malevitch, je pars d’une forme géométrique unique. Une portion de cette composition géométrique s’estompe graduellement dans l’arrière-plan. Cet effacement inattendu cause une rupture au sein de l’image emblématique.

Après Malevitch : Le moment de la dissolution, Nutmeg n° 2 est composée à partir des restes de crémation d’un cheval. Une croix semble s’élever. Les cendres qui forment sa surface paraissent se répandre au-delà des bords dans la noirceur. Ma croix en lévitation reprend les notions de Malevitch sur la manière dont il percevait la dimension métaphysique dans ses compositions géométriques.

 

Sur la série Une ligne fine *

La série intitulée Une ligne fine comprend des photographies des cendres de mon défunt mari, Arnaud Maggs, et elle combine chaos et mesure. Je crois qu’elle correspond parfaitement à l’esthétique et à la conception du monde d’Arnaud. Je travaille encore avec lui, et nous collaborons. N’est-ce pas incroyable et beau? J’en ressens beaucoup de réconfort et de joie.

 

* Tirés de la vidéo produite par le Conseil des arts du Canada pour le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques 2018 (réal : Scott Dobson).

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À propos de l'auteur

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