Profondeur de champ : Lectures sur la photographie japonaise

Depth of Field: A Japanese Photography Reading List

Photo: MBAC

 

L’héritage photographique de l’ère Shōwa au Japon (1926–89) est aussi vaste que varié, depuis les paysages de Roso Fukuhara inspirés de l’ukiyo-e, jusqu’au réalisme social d’Ihee Kimura, en passant par le style provocant de Nobuyoshi Araki. Hanran : Photographie japonaise du XXe siècle condense ces mouvements, et plusieurs autres, en une seule exposition en sept volets.

Comme son titre le suggère, Hanran, qui veut dire « débordement » en japonais, s’étend bien au-delà du simple cadre d’une image – ou dans le cas présent, d’un livre. Pour ceux et celles qui souhaitent explorer le sujet plus en profondeur, voici quelques points de départ jumelés à des recommandations de lectures additionnelles, dites « débordantes » :

 

The History of Japanese Photography

The History of Japanese Photography

Anne Tucker, The History of Japanese Photography, Museum of Fine Arts Houston Series, New Haven: Yale University Press, 2003. Avec la permission de Yale University Press. Photo: MBAC

 

Cet imposant catalogue d’exposition du Museum of Fine Arts de Houston couvre presque l'entièreté de la photographie au Japon, de l’introduction des daguerréotypes par les marchands hollandais, jusqu’aux magnifiques photographies expérimentales de la période Heisei (1989–2019). Une ligne du temps détaillée y est accompagnée d’essais d’Anne Wilkes Tucker, de Takeba Jo et de Kaneko Ryuchi. Plusieurs annexes proposent des profils d’artistes et des explications sur le rôle influent des clubs photo japonais.

 

Recommandation débordante : A Career of Japan: Baron Raimund Von Stillfried and Early Yokohama Photography (2016) par Luke Gartlan, l’un des principaux chercheurs en photographie japonaise post-sakoku.

 

Shinzo and Roso Fukuhara: Photographs by the Ginza Modern Boys 1913–1941

Shinzo and Roso Fukuhara: Photographs by Ginza Modern Boys 1913–1941

Noriko Fuku, Shinzo and Roso Fukuhara: Photographs by Ginza Modern Boys 1913–1941. Tokyo et New York : Shiseido Corporate Museum Ltd. et Sepia International, 2001. Avec la permission de Shiseido Corporate Museum Ltd. Photo : MBAC

 

Les Ginza Modern Boys − les frères Shinzo et “Roso” (né Nobutatsu) Fukuhara − ont jeté les bases de la photographie artistique au Japon. En se concentrant sur des éléments au cœur des paysages, ils ont développé une manière réfléchie de composer les images qui n’est pas sans rappeler les premiers peintres romantiques.

 

Recommandation débordante : Tous les écrits de Hiroshi Sugimoto; ses réflexions empreintes de sérénité s’inscrivent dans l’esprit du travail des Ginza Modern Boys. 

 

Ishiuchi Miyako: Postwar Shadows

Ishiuchi Miyako: Postwar Shadows

Amanda Maddox, Ishiuchi Miyako: Postwar Shadows, 1re édition. Los Angeles : J. Paul Getty Museum, 2015. Avec la permission de J. Paul Getty Museum. Photo : MBAC

 

Cette biographie par Amanda Maddox constitue une bonne introduction au travail de Miyako Ishiuchi, et à ses séries les plus connues Yokosuka (1977), Mothers (2004–09) et Hiroshima (2007). Même s’il ne se situe pas exactement dans l’ère Shōwa, le travail d’Ishiuchi en poursuit l’exploration des thèmes prédominants de l’identité, de la mortalité et des effets du temps sur les gens et les lieux.

 

Recommandation débordante : Les panoramas d’Hiroshima (1945), d’Hayashi Shigeo, qui témoignent des efforts déployés par les photographes japonais de l’après-guerre pour fouiller leur mémoire culturelle.

 

PROVOKE

PROVOKE

Takuma Nakahira (et al.), PROVOKE, 3 volumes. Tokyo : Purovoku-sha, 1968–69 (édition originale) ; Tokyo : Nitesha, 2018 (réédition). Avec la permission de Nitesha. Photo : MBAC

 

Se situant quelque part entre protestation et performance, le magazine PROVOKE, malgré sa courte existence, a servi d’exutoire aux mouvements urbains de protestation au Japon entre 1960 et 1975. Présentement exposé dans Hanran, ce recueil de collection contient les trois numéros du magazine et des commentaires de ses collaborateurs originaux, dont Takuma Nakahira.

De son propre aveu, PROVOKE cherchait à stimuler l’avant-garde par le biais de son énoncé directeur : « L’image en elle-même n’est pas une idée. Elle ne peut recouvrir la totalité d’un concept ni constituer un signe de communication tel qu’un mot. »

 

Recommandation débordante : Semblable à PROVOKE, le magazine KOGA et son collectif se penchait sur les questions de modernité dans la photographie japonaise et a contribué à la multiplication de photozines au Japon.

 

Araki: Love and Death

Araki: Love and Death

Fuyumi Namioka et Francesca Bernasconi (éd.), Araki: Love and Death. Cataloghi di Mostre Series, Milan: Silvana Editorale, 2011. Avec la permission de Silvana Editorale. Photo : MBAC

 

Nobuyoshi Araki est un photographe des extrêmes. Son travail va de portraits d’enfants jouant dans les rues aux photographies de bondage en passant par des images tendres et mélancoliques de son chat Chiro. Sa vision crue et controversée est dans ce livre nuancée par l’inclusion de la série Sentimental Journey/Winter Journey (1971–90) qui vient documenter la santé déclinante, puis la mort de sa femme Yoko.

 

Recommandation débordante : La protégé d’Araki, Michico Kon, possède un style sombre également nourri par les œuvres de Joel Peter Witkin.

 

Voyez les œuvres de Nobuyoshi Araki, Takuma Nakahira, Miyako Ishiuchi, Roso Fukuhara et celles de plus de 20 autres photographes de la collection du Musée des beaux-arts de Yokohama dans Hanran : Photographie japonaise du XXe siècle, présentée jusqu’au 22 mars 2020 dans les salles de l’Institut canadien de la photographie du Musée des beaux-arts du Canada.

 

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