Sur la piste : Festival de photographie CONTACT (partie 2)

Je reviens du Festival de photographie CONTACT Banque Scotia, un événement majeur en photographie qui a lieu chaque année à Toronto. Dans un premier article, je partageais les découvertes que j’ai réalisées lors de mes visites d’expositions. Dans celui-ci, je vous parle plus précisément de la conférence de l’artiste Moyra Davey et de l’exposition du Prix nouvelle génération de photographes organisée par l’Institut canadien de la photographie du Musée des beaux-arts du Canada.

 

Ryerson Image Centre >>> Moyra Davey

Moyra Davey, EM Copperheads 1-150, Galerie Buchholz (détail), 2017

Moyra Davey, EM Copperheads 1-150, Galerie Buchholz [EM Têtes de cuivre 1-150, Galerie Buchholz] (détail), 2017. Permission de l’artiste, de la Galerie Buchholz, Berlin/Cologne/New York, et de greengrassi, Londres

 

J’ai assisté avec mes collègues de l’Institut canadien de la photographie à la conférence de Moyra Davey organisée dans le cadre de son exposition au Ryerson Image Centre. Davey est lauréate en 2018 du Prix de photographie Banque Scotia, l’un des plus prestigieux prix en photographie au Canada. Il se trouve qu’elle exposera également au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa à partir du printemps 2020, sous le commissariat d’Andrea Kunard, conservatrice associée à l’Institut canadien de la photographie.

Lors de sa présentation, Davey a effectué un survol des principaux projets qui ponctuent sa démarche artistique. Des aspects importants en sont ressortis, notamment l’exploration du mail art (art postal) comme moyen de diffusion. Cette approche lui a permis de repenser sa pratique de la photographie et de lui donner un nouveau souffle en simplifiant le transport et l’installation de ses œuvres. Elle plie ses photographies pour en faire des enveloppes qu’elle scelle à l’aide de papier autocollant aux couleurs vives. Une fois arrivées à destination, celles-ci sont dépliées et épinglées au mur. Les résidus de papier autocollant demeurent visibles sur la surface. Ils apparaissent comme une constellation de petits points qui délimitent des zones de l’image rappelant la fonction du viseur d’un appareil-photo. 

Elle produit également des textes et vidéos qui accompagnent son travail en photographie. Ceux-ci lui permettent de révéler sa subjectivité et de développer sa propre narration. Elle s’intéresse aussi à la pensée d’auteurs et d’autrices pour alimenter ses réflexions sur le processus créatif. Par exemple, elle cite les écrits de Jean Genet quand il dit qu’un auteur ne doit pas seulement écrire pour des raisons commerciales, mais qu’il doit aussi se nourrir à l’extérieur même de l’acte d’écrire, en s’attardant à la musique, au cinéma, au théâtre ou à toute autre passion. Dans ce même esprit, Davey insiste sur ce qui est l’essence de son travail :

 

« I have to keep working to live, but not just materially, I need to keep working in order to be happy. » [Je dois continuer à travailler pour vivre, mais pas seulement sur le plan matériel, je dois continuer à travailler pour être heureuse.]

 

Gladstone Hotel >>> Prix nouvelle génération de photographes

Luther Konadu, Voir Spectateur Vue, 2018

Luther Konadu, Voir Spectateur Vue, 2018, épreuve au jet d'encre. Permission de l’artiste. © Luther Konadu

Ethan Murphy, Éviscéré, 2018

Ethan Murphy, Éviscéré, 2018, épreuve à développement chromogène. Collection de l’artiste. © Ethan Murphy

Zinnia Naqvi, Autoportrait au jardin, 2017, et Nani au jardin (2), 1948, tirage de 2017

Zinnia Naqvi, Autoportrait au jardin, 2017, et Nani au jardin (2), 1948, tirage de 2017, épreuve au jet d’encre. Collection de l’artiste. © Zinnia Naqvi

 

Sur la rue Queen West, au deuxième étage du Gladstone Hotel, est présenté le travail des trois lauréats 2019 du Prix nouvelle génération de photographes. Organisée par Andrea Kunard, conservatrice associée à l’Institut canadien de la photographie, cette exposition permet de mieux connaître la pratique des jeunes photographes qui ont été récompensés. Leurs images sont déployées sur tout l’étage, dans le hall, les corridors et même dans les pièces qui servaient autrefois de chambres.

Luther Konadu s’intéresse au portrait et à la façon dont il est utilisé pour représenter le corps des personnes noires dans la culture visuelle occidentale. Lors de la prise de ses photos, il instaure une ambiance détendue favorisant les conversations pour que ses sujets s’approprient l’espace et confrontent directement la caméra.

Les œuvres d’Ethan Murphy portent sur l’identité, la famille et la communauté en relation avec l’idée de lieu. Il trace la mémoire de son père défunt en captant, par ses photographies, l’essence des endroits favoris de ce dernier sur l’île Bell située au large de Terre-Neuve.

Zinnia Naqvi puise dans son histoire personnelle et familiale pour explorer les problématiques du colonialisme, de la race et du genre. De vieilles photos de ses grands-parents lui permettent de revisiter le passé et de créer des liens entre différentes réalités qui façonnent les histoires familiales.

Les photographies de Luther Konadu, Ethan Murphy et Zinnia Naqvi seront exposées dans le PhotoLab de l'Institut canadien de la photographie au Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa, du 11 octobre 2019 au 22 mars 2020.

 

Pour entendre ces trois artistes parler de leur pratique, visionnez les vidéos produites par le Musée des beaux-arts du Canada : 

 

Luther Konadu - Lauréat du Prix Nouvelle génération de photographes 2019

Ethan Murphy - Lauréat du Prix Nouvelle génération de photographes 2019

Zinnia Naqvi - Lauréate du Prix Nouvelle génération de photographes 2019

 

Pour en savoir plus sur la programmation du festival, visitez le site Internet du Festival de photographie CONTACT Banque Scotia.  ​

Cliquez ici pour lire le premier article sur le festival : Sur la piste : Festival de photographie CONTACT (partie 1)​

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