Georges Rouault

«La machine envahit terre et ciel, va aux profondeurs de la mer et jusqu’au désert sans crainte de troubler l’air du matin. On va de plus en plus vite, on n’a même plus le temps de soupirer à l’instant de disparaître. L’art en ce siècle mécanique ne serait-il pas parfois le miracle?»

- Rouault, Stella Vespertina, Paris, 1947, s. p.

Rouault, un artiste profondément spirituel, exprime dans son art son identification avec la pauvreté et la souffrance. Au sommet de son art, ses tableaux ressemblent à des vitraux et reflètent sa nature religieuse et sa formation première dans ce médium.

Rouault est né à Paris d’une famille pauvre durant la Commune de 1871. Son grand-père lui fait connaître l’art de Courbet, Daumier et Manet. Rouault est apprenti chez Tamoni et Hirsch, des fabricants et des restaurateurs de fenêtres en vitrail. Il étudie à l’École des arts décoratifs et, en 1890, se joint à l’atelier d’Élie Delaunay à l’École des Beaux-Arts. Matisse est un camarade étudiant comme le sont ses amis Léon Lehmann, René Piot, Paul Louis Baignières et Léon Bonhomme. Gustave Moreau, le professeur de Rouault à compter de 1891, exerce sur lui une grande influence. Rouault considère l’écrivain André Suarèsson " frère en art ". En 1908, Rouault épouse Marthe, la sœur de l’artiste Henri Le Sidaner. Ambroise Vollard est le galériste exclusif de Rouault à compter de 1917 jusqu’à sa mort en 1939. Roger Lacourière imprime ses gravures.

Rouault est grandement inspiré par l’artiste symboliste Gustave Moreau et devient conservateur au Musée Gustave Moreau en 1903. À compter de 1904, fondateur du Salon d’automne, il y expose. Son art reflète sa sympathie pour les pauvres et comprend plusieurs images de prostituées (Les deux filles, 1906) et de travailleurs de cirque. Rouault jouit de la sécurité financière à compter de 1913 quand le galériste Vollard achète le contenu de son atelier. En 1929, il conçoit les décors du ballet Prokofiev , L’Enfant prodigue. Il illustre Les réincarnations du père Ubu (1932) (Frontispice pour Les réincarnations du Père Ubu, 1928) à la demande de Vollard qui commandite ses gravures Miserere. Rouault illustre les poèmes d’André Suarès sur la Passion (imprimés en 1939) (Christ et disciples). À compter de 1930, Rouault retravaille toujours davantage ses tableaux. En 1947, il détruit 317 de ses premières pièces plutôt que de les laisser telles quelles. Ses tableaux tardifs ressemblent à des vitraux avec des couleurs riches dans des formes simples cernées d’un trait noir (Christ en croix, 1939). En 1949, l’Église catholique lui commande des fenêtres pour l’église de Plateau d’Assy en Haute-Savoie en France.

Prix

1894 : Prix Chenavard pour Le Christ enfant parmi les docteurs (Musée Unterlinden de Colmar)

Nom
Georges Rouault
France: Paris
1871-05-27
Nationalité
France
Décédé
France: Paris
1958-02-13
© Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos