Gershon Iskowitz

 « Mes peintures ne sont pas abstraites, ne sont pas réalistes, elles sont hyperréalistes, je vois ces choses… Je peins ce que je vois. »

Gershon Iskowitz est peintre et dessinateur. Il naît dans le village de Kielce, en Pologne, en 1921. Enfant fantasque, Iskowitz s’intéresse beaucoup à l’art, voie dans laquelle sa famille l’encourage. Un de ses passe-temps favoris à cette époque est d’aller voir des films. Pour payer son entrée, Iskowitz s’entend avec le directeur du cinéma local sur un système de troc, échangeant des dessins des vedettes de l’heure contre un billet gratuit. 
En 1939, son oncle soumet un portefeuille de ses réalisations à l’Académie des beaux-arts de Varsovie. Cependant, Iskowitz n’y entrera jamais, puisque le 1er septembre de la même année, les nazis envahissent la Pologne. Iskowitz et son frère sont envoyés travailler dans une usine dirigée par les nazis, où l’on fabrique des rayons de roues pour l’armée allemande. En 1942, à l’âge de 18 ans, Iskowitz est transféré au camp de concentration d’Auschwitz. Deux ans plus tard, il est à nouveau transféré, au camp de concentration de Buchenwald, plus à l’ouest. 

Alors qu’il est prisonnier dans les camps, Iskowitz use d’ingéniosité pour trouver du matériel de dessin, et fait des croquis tard dans la nuit, s’assurant de bien dissimuler ses dessins une fois le matin venu. Il se porte souvent volontaire pour enlever les gravats résultant des bombardements alliés, dans l’espoir de trouver quelque nourriture ou matériel d’artiste dans les magasins détruits. C’est de cette façon qu’il se procure le papier et les aquarelles dont il se sert pour créer Condamné

En tout, Iskowitz passe six ans interné dans les camps de concentration nazis, dont il sort à l’âge de 23 ans. Après la libération du camp, le 11 avril 1945, il est admis dans un hôpital proche de Munich pour se rétablir. Deux ans plus tard, il entreprend des études d’art classiques à l’Académie des arts de Munich et suit des cours particuliers avec l’artiste autrichien Oskar Kokoschka. En 1949, Iskowitz immigre au Canada, et s’installe à Toronto. 
Son œuvre d’après-guerre est lourdement marqué par le souvenir de ses expériences, par exemple dans La lune, Buchenwald. Puis s’ensuit une période où il se concentre sur le portrait et le personnage. Son sujet d’inspiration principal à compter du milieu des années 1960 demeure toutefois les paysages canadiens. Un voyage en hélicoptère à la rencontre des paysages du nord canadien constitue de ce point de vue un tournant dans son œuvre, qui évolue ensuite vers des abstractions topographiques, tel qu'on le voit dans Saisons, n° 1.

Pour pouvoir continuer sa pratique artistique, Iskowitz enseigne l’art, d’abord au Holy Blossom Temple, puis, de 1967 à 1970, à la New School à Toronto. En 1972, il représente le Canada à la Biennale de Venise. Deux ans après, il devient membre de l’Académie royale des arts du Canada. En 1977, il reçoit la Médaille commémorative du règne de la Reine. Il crée par la suite la fondation Gershon Iskowitz et le Prix Gershon Iskowitz, en association avec le Conseil des Arts du Canada. 

Nom
Gershon Iskowitz
Pologne: Kielce
1921-11-24
Nationalité
Pologne, Canada
Décédé
Canada: Ontario, Toronto
Canada, 1988-01-26