John Scott

"Il faut savoir que tout genre de production, surtout depuis l’ère industrielle, impliquera une grande perte de vies humaines. En fait, le sang est le lubrifiant du monde industriel moderne."

John Scott, 1997

John Scott se considère comme un militant politique et un artiste col bleu. Son travail combine l’esthétique de la contre-culture de la fin des années 1970 et des années 1980 avec l’idéologie sociale qui se méfie des conséquences et du coût humain de l’éthique et de l’économie capitalistes. Par ses dessins, ses installations et ses objets transformés, Scott présente une vision apocalyptique d’un monde ravagé par la guerre et menacé de destruction.

Scott quitte l’école avant d’avoir terminé sa dixième année pour aller travailler dans une usine. Il milite rapidement dans le syndicat et sera plus tard sensibilisé aux droits des travailleurs et aux plus vastes questions politiques. Il est également influencé par la musique rock et les voitures rapides de la culture urbaine de Toronto.

Les dessins féroces et audacieux de Scott sont habituellement rudimentaires, souvent faits des matériaux les moins dispendieux. Parmi ses méthodes de travail, il plonge de manière répétée du papier dans un solvant et y élabore une image en y broyant des pigments noirs, de l’épaisse peinture noire, du graphite et du fusain. Scott a représenté de noirs avions de guerre survolant des paysages dévastés, vides de présence humaine. Il a également dessiné des personnages à l’allure de lapin qui représentent l’être humain angoissé, victime harcelée de la menace technologique et de l’oppression militariste. Les gros traits noirs évoquent la menace imminente d’une tragédie et de la terreur.

L’œuvre sans doute la plus connue de Scott est Trans-Am Apocalypse no 2 (1993), une Trans-Am Pontiac noire modifiée sur laquelle il a gravé le texte du livre des Révélations de saint Jean l’Évangéliste. Scott voulait suggérer que, pour leur retour contemporain, les cavaliers de l’apocalypse utiliseraient une voiture puissante, un moyen de transport beaucoup plus impressionnant pour leur arrivée. Scott examine ici le lien fondamental de l’automobile à l’identité machiste et suggère que la voiture est le symbole des manques du sexe masculin qui mèneront peut-être l’humanité au désastre. Puisque les automobiles polluent, il considère les dommages environnementaux comme un autre pas vers un monde apocalyptique.

En 200, John Scott a reçu le Prix du gouverneur général en arts visuels et arts médiatiques. Il vit à Toronto.