Jori Smith

« J´ai réellement essayé de faire de la peinture abstraite pendant environ deux ans, mais ce n´était pas moi. Je ne me reconnaissais même plus. Vous voyez, j´adore la nature passionnément, et je m´en inspire. L´idée même de peindre sans être inspirée par la nature ne veut rien dire pour moi. La nature sert de tremplin à mon imagination. Je ne dis pas que je souhaite en être captive, mais les idées me viennent de la nature, et si je n´y réponds pas avec spontanéité, le résultat ne vaut rien. »
(Jori Smith, c. 1974)

Jori Smith, peintre, aquarelliste, dessinatrice et muraliste, est une figure centrale du milieu de l´art montréalais durant les années trente. Membre fondateur du Groupe de l´Est et de la Société d´art contemporain, Smith est surtout connue pour les portraits qu´elle réalise alors qu´elle vit dans la région de Charlevoix au Québec. Avec son regard pénétrant et humain, elle saisit la personnalité et l´humeur dans des portraits remarquablement dénués de sentimentalité, qui frappent également par la spontanéité de leur exécution. Smith a également réalisé des nus, des natures mortes et des paysages.

Marjorie Smith avait quinze ans en 1922 lorsqu´elle s´inscrit à l´Art Association of Montreal, où elle suit les cours de Randolph Hewton. À la fermeture de l´école trois mois plus tard, elle entre à l´École des beaux-arts, et au cours des cinq prochaines années, remporte plusieurs prix. Elle fréquente simultanément le Monument national, et étudiera plus tard auprès d´Edwin Holgate.

C´est en 1930 que Smith et son mari, Jean Palardy, entreprennent leur première excursion axée sur la peinture dans la région de Charlevoix. Au cours des dix prochaines années, ils font de longs séjours dans cette région, où pendant deux ans ils louent une maison, logeant avec diverses familles; ils achèteront ensuite leur propre maison d´été à Petite-Rivière-Saint-François. Pendant deux étés, ils parcourent la région avec l´ethnographe Marius Barbeau, l´aidant dans ses recherches sur la culture de Charlevoix. S´intégrant à la communauté rurale, Smith tire son inspiration des gens dont elle fait la connaissance. À cette époque, sa porte est toujours ouverte, autant dans Charlevoix qu´à Montréal, aux nombreux artistes et intellectuels, notamment à des amis proches comme Jean Paul Lemieux, Marian Scott et John Lyman ainsi que Goodridge Roberts et Alfred Pellan.

En 1934, Smith entame avec Palardy le premier d´une longue série de voyages en Europe et parcourt la France, l´Espagne et l´Angleterre, où elle commence à s´intéresser aux artistes britanniques contemporains. Au cours de ces voyages à l´étranger, elle peint de nombreux paysages à l´encre, à l´aquarelle et à l´huile. En 1937, a lieu sa première exposition en solo à la Picture Loan Society de Toronto; à cette époque, elle signe déjà ses œuvres du nom de Jori Smith. Vingt ans plus tard, Smith cesse d´exposer à la suite de sa séparation d'avec son mari, Jean Palardy, et passe de plus en plus de temps à voyager. En 1976, elle réapparaît et continue à peindre chaque jour, même à quatre-vingt-dix ans passés.

Jori Smith a toujours été fortement inspirée par les œuvres de Bonnard. Ses œuvres de jeunesse, notamment Nu (1937), montrent déjà une approche moderne, alors qu´elle utilise à cette époque une palette plutôt douce. Sous l´influence de Pellan, elle commence à employer des couleurs plus vives, comme on peut le voir dans La communiante (1944).

Smith remporte le prix Jessie Dow décerné par le Musée des beaux-arts de Montréal (1955) et la Médaille de l'Assemblée nationale du Québec (2001). Elle fut membre de l´Ordre du Canada (2002).

Nom
Jori Smith
Canada: Québec, Montréal
1907-01-01
Nationalité
Canada
Décédé
Canada: Québec, Montréal
2005-11-12