Mark Lewis

 « Une chose que j’ai apprise est de supprimer le son de mes films. Le son perturbe votre réflexion et vous empêche de regarder. J’aime que les spectateurs regardent mes films avec une absolue liberté de faire ce qu’ils veulent. » 2009

Mark Lewis est renommé pour son exploration de l’image cinématographique et de la capacité de celle-ci à représenter la modernité. Il travaille sur la façon dont la tradition picturale « peut se perpétuer par le film et, le cas échéant, comment la tradition elle-même a été transformée par celui-ci. » Dans plus de quarante productions, il explore la construction, le langage et l’effet de l’image cinématographique en respectant un cadre de paramètres précis propres à la réalisation. Parfois, Lewis engage des équipes et acteurs professionnels, fait construire des plateaux de tournage et utilise de l’équipement professionnel, mais la plupart de ses films sont muets, se limitent à quelque quatre minutes, ce qui correspond à la longueur standard d’une bobine de pellicule 35 mm, et comportent un récit minimal. 

Lewis étudie au Harrow College of Art (Londres) et à la Polytechnic of Central London. Au début de sa carrière, il se destine à la photographie, mais au milieu des années 1990, alors qu’il enseigne à la University of British Columbia, il commence à s’intéresser au cinéma. Il travaille à Vancouver et Toronto avant de s’installer au R.-U., où il réalise ses films et enseigne les beaux-arts au Central Saint Martins College of Art and Design de la University of the Arts, à Londres. Il est cofondateur et corédacteur en chef d’Afterall: A Journal of Art, Context and Enquiry et éditeur d’Afterall Books

Plutôt que de simplement nous proposer des récits, chaque film de Mark Lewis utilise une technique de caméra différente : travelling, zoom, panoramique en mouvement, caméra fixe ou caméra en rotation à 360º. À travers ce processus de recherche de structuration par la caméra de l’expérience de visionnement du film, c’est ce dernier ou la caméra elle-même qui devient le sujet.

Au début des années 2000, Lewis s’intéresse dans plusieurs de ses créations aux particularités d’un lieu. Dans Smithfield, le décor et la technique de caméra occupent les rôles principaux, alors que cette dernière se promène autour d’un curieux bâtiment triangulaire d’un quartier historique de Londres. Dans Isosceles, elle scrute plutôt un édifice ancien qui abritait autrefois des toilettes publiques pour les ouvriers. Dans sa quête d’innovations pour fusionner tradition picturale et art du mouvement, Lewis délaisse souvent les conventions cinématographiques. Ses films, s’ils sont la plupart du temps tournés en 35 mm, sont ensuite transférés en vidéo avec les techniques les plus actuelles et projetés en grand format dans la salle d’exposition, directement sur les murs contigus à la peinture et à la photographie. Les spectateurs entrent ou sortent à tout moment, selon le début de leur visionnement des films de Lewis, présentés généralement en boucle; leur courte durée établit un parallèle avec le temps que l’on consacrerait à contempler un tableau ou une photographie.

En 2007, Mark Lewis reçoit le prix Gershon Iskowitz et le Brit Art Doc Foundation Award. Il représente le Canada en 2009 à la Biennale de Venise.