Michel Campeau

« J’ai essayé de rester proche de la photographie comme expérience instinctive, jazzée. C’est cette dimension de l’improvisation qui m’a attiré vers l’art et la photographie. » 

– Entretien avec MagazineMBAC.ca, 2013

Depuis plus de trois décennies, Michel Campeau explore la double fonction de la photographie, à la fois document et moyen d’expression individuelle. Il a réalisé de nombreuses images dans lesquelles il traite ce moyen d’expression sous l’angle de l’autoréflexion. Certaines œuvres ont directement pour sujet la création d’images, tandis que d’autres nous montrent la photographie sous l’angle de sa capacité à construire des idées sur les lieux, le patrimoine et la culture.

Dans sa série Chambre noire, Campeau se concentre sur la « mortalité » du moyen d’expression photographique en livrant des vues intimes de chambres noires, dont certaines apparaissent abandonnées ou désespérément reléguées aux oubliettes par les procédés et les technologies numériques. Pour cette série, Campeau a visité des chambres noires dans tout le Canada, ainsi qu’à La Havane (Cuba) et à Niamey (Niger). Dans la photographie intitulée Sans titre 8277 (2005–2010), trois appareils photo de la marque Rollei incrustés de sable sont posés sur une étagère. Les deux objectifs aveugles de chaque appareil fixent le spectateur. Cette scène nous dit que la photographie analogique est désormais une manière fruste et désuète de créer des images, alors qu’à peine 20 ans auparavant, elle était louée pour son élégance et sa modernité.

Campeau a reçu plusieurs récompenses prestigieuses, dont le Prix international de la photographie d’Higashikawa, sur l’île d’Hokkaido, au Japon (1994); la Bourse de carrière Jean Paul Riopelle, du Conseil des arts et des lettres du Québec (2009) et le Prix du duc et de la duchesse de York en photographie (2010), décerné par le Conseil des arts du Canada.