Sam Tata

Je ne crois pas en la technique du « mitraillage », qui consiste à photographier sans viser. Elle ne vous donne que peu de photos intéressantes […] Il est nécessaire de se familiariser à l’avance avec l’événement et de savoir ce qui va se passer, où et comment. Connaissez bien votre sujet et soyez attentif. Et surtout, apprenez à « ressentir » l’événement ainsi qu’à voir et observer.
– Sam Tata, « On Assignment », Foto-Canada, vol. 1, no 1, 1967, page 42.

Fils de Bejan Dadabhoy Tata, prospère entrepreneur parsi, Sam Bejan Tata est une figure culturelle importante de la photographie canadienne. Il a touché à de nombreuses facettes de la photographie : pictorialisme, photographie de rue, photojournalisme et documentaire. Il a réalisé de nombreux portraits de personnalités, d’abord à Shanghai puis à Montréal, et représenté des événements historiques majeurs comme l’entrée de l’Armée populaire de libération (APL) à Shanghai en 1949.

Tata prend ses premières photos à 24 ans, avec une boîte photographique, à Shanghai. Il est d’abord influencé par, notamment, le portraitiste Oscar Seepol, le photographe australien Julian Smith et les photographes chinois Chin-San Long (avec qui il expose) et Liu Shu Chong. En 1947, sa première exposition individuelle est organisée à Bombay par le célèbre pictorialiste indien Jehangir Unwalla. Quelques mois plus tard, Tata rencontre Henri Cartier-Bresson, qui devient son mentor et avec lequel il noue une profonde amitié. En 1956, il s’installe à Montréal. Il gagne d’abord sa vie en faisant des portraits de personnalités littéraires et artistiques canadiennes, comme Michel Tremblay, Leonard Cohen, Irving Layton, Donald Sutherland, Alice Munro et Gilles Vigneault. Il devient ensuite photographe pigiste pour l’Office national du film du Canada, des publications d’entreprise et des magazines comme le Maclean’s, Weekend, Châtelaine et Time.

 Les collections du Musée canadien de la photographie contemporaine et du Musée des beaux-arts du Canada comptent de nombreuses œuvres majeures de Tata, notamment des portraits pris à Shanghai, l’entrée de l’APL à Shanghai, ses photos d’Inde (1955) ainsi que de nombreux portraits de personnalités culturelles du Canada, du Japon, d’Angleterre et d’Inde. En 1983, l’Université Concordia lui décerne un diplôme honoris causa et, en 1988, le Musée canadien de la photographie contemporaine lui consacre une exposition majeure intitulée L’Époque Tata, qui fait une tournée du pays. Deux ans plus tard, Tata reçoit un prix d’excellence pour l’ensemble de sa carrière, remis par l’Association canadienne des créateurs professionnels de l’image (CAPIC; anciennement L'Association canadienne de photographes et illustrateurs en communications).

Sam Tata à l'inauguration de l'exposition de Claire Beaugrand-Champagne et Roger Charbonneau au Musée de la photographie à Ottawa (détail) Judith Eglington 1976 négatif noir et blanc Musée canadien de la photographie contemporaine (no 76-X-303)

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