Stephen Waddell

Stephen Waddell commence sa carrière artistique comme peintre. Il passera ensuite au cinéma, puis à la photographie. Ces trois techniques ont chacune une influence sur ses choix et sa présentation des sujets. Waddell étudie auprès de Jeff Wall et s’intéresse à l’importance qu’accorde celui-ci à la continuité des traditions et stratégies visuelles de la peinture dans la pratique de la photographie contemporaine. 

Waddell parcourt les rues, suit les gens sur plusieurs pâtés de maisons, les photographiant de dos. Son but est de comprendre l’humain dans l’environnement moderne, une question abordée par de nombreux artistes depuis le milieu du XIXe siècle. Son approche diffère toutefois de la photographie de rue traditionnelle. Il ne recherche pas le moment qui surgit spontanément, mais plutôt celui qui semble avoir été mis en scène pour l’objectif photographique (Homme avec une écharpe rouge).

Depuis le tout début de sa carrière, Waddell traite ses sujets plus comme des genres que comme des individus, comme on le voit dans Piéton n° 1. La véritable filature qu’exerce l’artiste sur ses sujets et leur photographie prise de dos réduit forcément leur dimension d’individu. Le regardeur voit un état général de la condition humaine plutôt que des expressions manifestes de personnalité ou de singularité. La scène est trouvée, et non créée. Les humains deviennent des composantes formelles dans l’art d’inventer des images. Les photographies de Waddell témoignent d’une culture artistique dans laquelle, tant pour l’artiste que pour le regardeur averti, l’image, saturée de références à l’histoire de l’art et à la photographie, crée un système de signification autonome. 

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