Yannick Pouliot

« Ces recompositions visuelles s´offrent comme autant de structures psychiques, affectives et sociales dans lesquelles les signes nous tiennent près et loin à la fois, dans un va-et-vient de reconnaissance culturelle et d´abstraction. »

- Le 10 novembre 2008

Pour ses sculptures, photographies et installations, Yannick Pouliot utilise la stratégie de « la double lecture ». Ses œuvres déconcertent le spectateur dans sa perception initiale en se révélant différentes de ce qu´elles semblent être. Utilisant des éléments d´architecture et de mobilier comme matière brute, Pouliot exécute méticuleusement des formes domestiques ? qui intègrent des matières de luxe et de charmants éléments décoratifs ? et en fait des calembours visuels qui servent souvent de scène à la satire sociale.

Yannick Pouliot étudie d´abord l´horticulture à l´Institut de technologie agroalimentaire (ITA) de Saint-Hyacinthe, de 1997 à 1999, avant de se tourner vers les beaux-arts, obtenant son baccalauréat en beaux-arts en 2001 à l´Université Laval.

Dans ses oeuvres, Pouliot s´approprie l´aménagement intérieur néo-classique français et l´utilise pour explorer les tensions entre illusion et réalité, séduction et frustration, décoration et affection. Dans Régence : monomaniaque (2007), il utilise et altère les motifs de la France du XVIIIe siècle pour approfondir ses explorations. L´œuvre est constituée de quatre fauteuils identiques de style Régence, faits en acajou et recouverts d´un garnissage en jacquard, qui fonctionnent comme un seul objet troublant, en contradiction complète avec l´utilisation normale de cet objet fonctionnel. Au lieu de demander à un professionnel de fabriquer ces fauteuils, Pouliot suit des cours d´ébénisterie en 2005 et 2006 au Centre de formation professionnelle de Neufchâtel, et apprend seul l´art du rembourrage afin de reproduire parfaitement le meuble ancien. « Je suis absolument obsédé par les détails? d´un naturel perfectionniste mais, parallèlement, mon but n´est jamais de faire la démonstration de mon savoir-faire technique, explique l´artiste. En fait, c´est tout à fait le contraire ? je veux que le travail consacré à une œuvre se fonde dans l´arrière-plan, de manière à ce que le spectateur puisse immédiatement passer au niveau d´interprétation suivant, à savoir le but de l´oeuvre. »

En 2008, Pouliot réalise Débourrement I : Louis XV; Débourrement II : néo-renaissance; Débourrement III : Louis XV et Organisation IV : Eastlake, une série de silhouettes représentant des secrétaires en dos d´âne, des buffets, des cabinets et un ensemble de salle à manger dans le style néo-classique français, pochés sur du papier blanc avec une peinture noire. L´artiste explique : « Initialement, les silhouettes présentaient au XVIIIe et XIXe siècle les maîtres de la maison. Dans l´esprit de ma recherche, je trouvais cohérent de montrer les biens matériels de la maison plutôt que leurs occupants, jouant ainsi un retournement contemporain dans un langage classique. »

Yannick Pouliot expose au Canada depuis 2002. Il travaille à Saint-Casimir-de-Portneuf, au Québec.