Abbas Akhavan remporte le prix Sobey pour les arts 2015

 

Abbas Akhavan. Avec la permission du Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse. Photo : Steve Farmer

Cette année, le récipiendaire du prestigieux prix Sobey est Abbas Akhavan, un artiste de Toronto qui pratique aussi bien le dessin que l’installation, la vidéo et la performance. Le lauréat a reçu son prix au gala de dévoilement organisé le 28 octobre au Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse.

« Je suis un peu dans un rêve, c’est surréaliste, dit-il à Magazine MBAC. Pour moi c’est un encouragement très fort, une confirmation, qui renforce ma confiance dans que j’ai fait. »

Né à Téhéran en 1977, Abbas Akhavan a obtenu un baccalauréat en beaux-arts à l’Université Concordia en 2004 et une maîtrise en art de l’Université de la Colombie-Britannique en 2006. Outre de nombreuses expositions aussi bien au Canada et aux États-Unis qu’en Europe ou en Asie, aux Émirats arabes unis et en Australie, il a obtenu de nombreux prix et subventions dont le prix des arts d’Abraaj Group en 2014.

Ses installations in situ explorent la notion du lieu dans l’espace domestique et public. Pour Study for a Monument [Étude pour un monument] (2013), l’œuvre qui lui a valu le prix Abraaj, il a collectionné des images des plantes et de la flore indigènes des fleuves irakiens du Tigre et de l’Euphrate, a reproduit les spécimens en cire puis coulé ses répliques en bronze. Ensuite, il a disposé ces sculptures de bronze sur des draps de coton blanc pour symboliser les traditions funéraires propres aux monuments et monuments commémoratifs.

 

Abbas Akhavan, Fatigues (2014), Taxidermy White-Tailed Deer. Avec la permission du Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse. Photo : Steve Farmer

Pour l’exposition du prix Sobey, Abbas Akhavan et Sarah Fillmore, conservatrice principale du Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse, ont choisi Fatigues (2014), une installation déjà présentée à la Biennale de Montréal du Musée d’art contemporain qui répartit dans le musée des animaux empaillés, figés dans des positions mortuaires. Ici, un cerf de Virginie tué par un chasseur gît au sol, le cou renversé en arrière. Un peu partout, des oiseaux entrés en collision avec des gratte-ciels en verre reposent sans vie, les pattes en l’air. Là, un renard frappé par une voiture est recroquevillé dans un coin.

Sarah Fillmore explique dans une entrevue avec Magazine MBAC : « Avec cette installation, Akhavan nous offre un commentaire sur les environnements naturels et construits, et sur les créatures qui y vivent. Tous ces animaux sont morts à la suite d’un contact avec des humains. C’est une œuvre très forte, chargée d’émotion, qui propose une réponse viscérale aux visiteurs qui parcourent les salles. »

Les dessins, vidéos et performances de l’artiste explorent également ces concepts de lieu, de domesticité, d’hospitalité et d’hostilité.

Abbas Akhavan, Fatigues (2014), Taxidermy Red Fox. Avec la permission du Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse. Photo : Steve Farmer 

Le prix Sobey pour les arts est un prix de 50 000 $ remis chaque année à un artiste canadien contemporain. Établi en 2002 par l’ancien président du conseil d’administration du Musée des beaux-arts du Canada Donald Sobey, il récompense un artiste de moins de 40 ans dont le travail a été exposé dans les 18 mois précédent sa mise en candidature. Sarah Fillmore précise : « Ce prix a été créé pour combler un vide immense. Il y avait des prix pour rendre hommage aux réalisations de toute une vie, mais aucun pour stimuler la carrière des jeunes artistes. Le Sobey a satisfait ce besoin de façon intéressante. »

Tous les ans, un jury pancanadien de conservateurs choisit le lauréat à partir d’une liste de cinq finalistes représentatifs de différentes régions du Canada. Outre Abbas Akhavan (Ontario), les finalistes de cette année étaient Raymond Boisjoly (Côte Ouest), Sarah Anne Johnson (Prairies et Nord), Jon Rafman (Québec) et Lisa Lipton (Atlantique). Le travail de ces artistes est également représenté dans l’exposition du prix Sobey.

Abbas Akhavan affirme que l’exposition est l’occasion de mettre en lumière le talent des candidats qui, dit-il, méritent tous autant le prix : « La famille Sobey se montre généreuse, mais j’aimerais que le prix ne soit pas une compétition. Cela dit, il me donne la responsabilité de rendre  la pareille et de me montrer aussi généreux. La générosité appelle la générosité, et mon vœu le plus cher est que nous puissions tous donner à notre tour. Pas seulement en art, mais dans la vie en général. »

Parmi les lauréats des années précédentes, citons sont Nadya Myre (2014), Daniel Young et Christian Giroux (2011), David Altmejd (2009) et Annie Pootoogook (2006) qui sont tous représentés dans la collection d’art canadien du MBAC.

L’exposition du prix Sobey pour les arts est présentée au Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse jusqu’au 3 janvier 2016.
Partager cet article: 

À propos de l'auteur