BGL représentera le Canada à la Biennale de Venise de 2015



BGL, Rapides et dangereux (2005), motocyclette et documentaire vidéo sur vidéodisque numérique (DVD), 7 min 36 s. Acheté en 2007. Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. Photo © Musée des beaux-arts du Canada

Le collectif BGL a été choisi pour représenter le Canada à la Biennale de Venise de 2015, l’une des plus prestigieuses manifestations d’art du monde.

Les membres de ce collectif québécois – Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière – travaillent ensemble depuis près de 20 ans. Ils ont créé et présenté une quantité d’œuvres originales en rupture avec les limites traditionnelles du champ expérimental de l’art, surprenant souvent leur public.

Parmi leurs créations les plus remarquables figurent Jouet d’adulte (2003), un VTT renversé et criblé de flèches comme s’il s’agissait d’un animal  traqué, et Rapides et dangereux (2005), une performance et une vidéo dans lesquelles ils poussent une moto hors service dans les rues de Québec, habillés en lugeurs olympiques et chaussés de patins à roue alignés. En 2008, à l’occasion d’Artistique Feeling II, une œuvre exposée  au Musée des beaux-arts du Canada,  BGL s’est installé sur une plate-forme élévatrice et a lancé 20 000 $ en billets sur le sol du Musée.

Comme le soulignent les experts du comité de sélection d’art contemporain : « Si les installations et les performances de BGL ont une connotation politique indirecte, elles sont aussi empreintes d’un humour qui se révèle typiquement canadien. » Et cet humour parfois teinté d’autodérision s’est évidemment manifesté lors d’une récente conversation avec un des membres du collectif, Jasmin Bilodeau.

Revenant sur le moment où il a appris la sélection de BGL pour Venise, celui-ci a admis que sa première pensée avait été que le Musée des beaux-arts du Canada – qui organise la participation canadienne à la Biennale – appelait parce que l’une de leurs œuvres de la collection du Musée s’était cassée. Plus sérieusement, il a affirmé que le fait d’être sélectionné pour représenter le Canada à Venise était à la fois un honneur et un rêve, ajoutant que BGL était impatient de relever le défi de créer quelque chose de « magique » pour cette exposition.

Marc Mayer, directeur du Musée des beaux-arts du Canada, est tout aussi emballé pour BGL qui, dit-il, s’est récemment imposé comme une force esthétique à ne pas négliger : « Je suis convaincu que le public du monde entier sera aussi enthousiaste à son égard que les Canadiens le sont aujourd’hui. »

Cet intérêt international croissant pour le travail de BGL a séduit le comité de sélection, de même que la démarche artistique du trio. « Les artistes travaillent généralement seuls, dans leur atelier, et quand ils ont fini un œuvre, elle est exposée », note Marie Fraser, professeure à l’Université du Québec à Montréal et commissaire du projet canadien de l’année prochaine à Venise. Toutefois BGL pratique une démarche entièrement collective, ce qui signifie que ses membres testent ensemble leurs idées et se les renvoient mutuellement. Bien qu’une telle approche soit de plus en plus populaire dans le monde de l’art actuel, les collectifs ont aussi été « très importants dans l’histoire du Canada », souligne Marie Fraser, citant par exemple des collectifs aussi célèbres que General Idea. Pour elle, BGL représente parfaitement cette vision de l’art canadien.

L’exposition de BGL sera présentée du 9 mai au 22 novembre 2015 à la 56e Biennale de Venise, au pavillon du Canada.

 

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