Don à l’Institut canadien de la photographie d’œuvres de l’un des plus grands photographes du XXe siècle

Paul Strand, Espalier, poirier, France, 1951, épreuve à la gélatine argentique. Don anonyme, 2017. Photo: MBAC © Aperture Foundation, Inc., Paul Strand Archive

 

Chroniqueur remarquable des personnes et des lieux, le photographe et réalisateur américain Paul Strand (1890–1976) a été l’un des photographes les plus importants du début du XXe siècle.

Trois Canadiens ont récemment fait don de 635 épreuves argentiques à la gélatine de la main de l’artiste à l’Institut canadien de la photographie du Musée des beaux-arts du Canada. Ces images, prises sur plus de soixante ans, couvrent toute l’étendue de la pratique de Strand, de ses premières incursions dans le modernisme au milieu du XXe siècle, à ses voyages au Mexique, en Égypte, au Ghana, au Maroc, en France, en Italie, en Roumanie, en Gaspésie, aux Hébrides et dans le Sud-Ouest et le Nord-Est des États-Unis. Elles constituent également une superbe exploration de la flore dans les jardins de sa maison à Orgeval, en France, où il a vécu à partir des années 1950 jusqu’à sa mort en 1976.

À gauche : Robert Bourdeau, Le Tarn, France, 1990, tiré en 1991, épreuve à la gélatine argentique, 32,7 x 25,7 cm, Musée des beaux arts du Canada, Ottawa. Photo: MBAC © Robert Bourdeau / À droite : Bertrand Carrière, Rivière-à-Claude, Gaspésie, 2010 (De la série Après Strand), tirage pigmentaire, 81,3 x 101,6 cm. Photo : Avec l’aimable permission de l’artiste © Bertrand Carrière

 

Son travail a inspiré des générations successives de photographes, dont les Canadiens Robert Bourdeau et Bertrand Carrière. Bourdeau a admiré sa compréhension de la discipline, son éloquente expression stylistique et sa maîtrise technique. Bourdeau et Strand ont correspondu dans les années 1960, principalement sur des sujets techniques. Carrière aussi a apprécié l’œuvre de Strand et il est, en 2011, reparti sur les traces des voyages réalisés par celui-ci en Gaspésie en 1929 et 1936, reprenant certaines images de l’époque. Carrière a publié une sélection de photographies de cette redécouverte du travail de Strand dans son album Après Strand.   

Né à New York sous le nom de Nathaniel Paul Stransky, Strand a étudié auprès du photographe documentaire américain Lewis Hine à l’Ethical Culture School dans cette même ville entre 1907 et 1909. Il a, pendant une courte période, tenté de vivre de son travail de photographe commercial en 1912, avant de se consacrer à temps plein à sa vocation artistique.

Paul Strand, Portrait d’une fille, Gaspé, 1936, tiré dans les années 1950, épreuve à la gélatine argentique. Don anonyme, 2017. Photo: MBAC © Aperture Foundation, Inc., Paul Strand Archive

 

Strand a, pendant sa carrière, adopté diverses approches — du pictorialisme au documentaire en passant par l’abstraction — avant d’en arriver à une démarche unique intégrant son intérêt pour l’humanité et son amour de la nature. Il accordait également beaucoup d’attention aux détails et à la texture de surface dans ses images à la composition expressive et au tirage soigné.

À la suite de ce don anonyme, l’Institut canadien de la photographie devient le plus important dépositaire des photographies de Paul Stand au Canada. Ce don s’ajoute à la remarquable collection de l’Institut de photographies de Walker Evans, contemporain de Strand.   

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