Le questionnaire de Proust : Ron Terada

Le questionnaire de Proust est au départ un jeu populaire à la fin de l’époque victorienne, conçu pour révéler des aspects clés du caractère d’une personne. L’auteur Marcel Proust, encore adolescent, répond à une suite de questions semblables avec un tel enthousiasme que, lors de la découverte en 1924 de ses réponses originales, son nom devient associé de façon permanente à ce type d’entrevue informelle. Les questions originales étaient adaptés pour le Magazine MBAC.

 

RON TERADA

Ron Terada. Photo: Joni Low

Depuis les années 1990, l’artiste conceptuel Ron Terada travaille avec différentes techniques, dont la peinture, l’installation, la photographie, l’affiche, l’enseigne, le panneau, la vidéo et l’audio. L’essentiel de son œuvre tourne autour de la typographie et du texte – souvent sur fond monochrome – explorés à travers la culture populaire, l’art conceptuel et les systèmes sociaux pour porter la participation du public à un autre niveau. Dans la collection du Musée des beaux-arts du Canada, on trouve, entre autres, des peintures de sa série Jeopardy (1997–99) et de sa série Jack (2010–17), ainsi que sa sculpture au néon C’est ce que c’est, c’était ce que c’était (2008). Son œuvre récente TL; DR (2017) – un abréviatif Internet pour « too long; didn’t read » en anglais [trop long; pas lu] – transpose sur toile les manchettes de l’univers techno dans un geste de suspension du flux langagier de notre époque marquée par la distraction numérique.

Né à Vancouver, Terada a étudié à l’Emily Carr College of Art and Design et à la University of British Columbia et a été plusieurs fois récompensé, notamment en 2006 par le prix Victor-Martyn-Lynch-Staunton (arts visuels) du Conseil des arts du Canada et en 2004 par le VIVA Award de la Jack and Doris Shadbolt Foundation for the Visual Arts, à Vancouver. Il a exposé, entre autres, au Musée des beaux-arts du Canada, à la Vancouver Art Gallery, au Museum of Contemporary Art à Detroit et au Hayward Gallery Project Space à Londres. Parmi ses plus récentes expositions, on compte Political Affairs: Language Is Not Innocent à la Kunstverein de Hambourg en 2019, et Jack and the Jack Paintings au Musée des beaux-arts de l’Ontario en 2018. Il vit et travaille à Vancouver.

Ron Terada, Jack, 2010. Acrylique sur toile, 76.2 x 61 cm chacune. Acheté en 2011. Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. © Ron Terada Photo: MBAC

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Mon premier souvenir de l’art :
Quand j’avais 6 ou 7 ans, j’ai développé une véritable obsession pour le « masque cible » (créé par James Homuth et Carl Lamb) du gardien des Canadiens de Montréal, Ken Dryden. Je me suis mis à essayer de dessiner sans fin Dryden avec des stylos à bille bleus et rouges bon marché.

Le moment où j’ai su que ce serait ma vocation :
Je venais de finir ma troisième année à Emily Carr et j’ai eu cette chance de participer à un programme d’atelier d’été de six semaines à New York. En groupe nous avons visité l’atelier de Haim Steinbach et je me suis dit par la suite : « Je peux faire ça ». Une vraie révélation.

Ma plus grande influence :
Mes parents. Ils ont travaillé tellement dur et sans relâche.

L’occupation que j’aurais choisie (autre que les arts) :
N’importe quel métier de concepteur (graphisme, dessin industriel, designer d’intérieurs, etc.).

Mon loisir préféré (autre que les arts) :
Suivre les Canucks de Vancouver (+ de 50 ans de futilité!).

Mon artiste préféré(e) :
En ce moment : Rei Naito et Ryue Nishizawa, Cady Noland, John Pawson.

Mon auteur(e) et musicien(ne)/compositeur(rice) préféré(e) :

Actuellement : Dave Chappelle, Larry David. Dan Bejar, Nick Cave, Johnny Jewel, Kevin Parker.

La couleur, la fleur et/ou l’oiseau que je préfère :
Je n’ai pas de couleur, de fleur ou d’oiseau préférés. Mais j’ai un vrai faible pour mon érable japonais nain – un Mikawa Yatsubusa – tout ébouriffé de feuilles émeraude.

L’aliment et la boisson que je préfère :
Steak-frites et une bouteille de vin.

L’odeur et le son que je préfère :
L’odeur et le son du café qui se prépare sur la cuisinière tôt le matin.

L’objet que je préfère :
En cette période de confinement pour cause de COVID-19, je cuisine tout le temps, donc je dirais mes pinces en inox Sori Yanagi.

L’environnement ou le paysage que je préfère :
N’importe quel bar sombre, un peu désert.

Le temps ou la saison que je préfère :
Quand un bon chandail est de mise.

L’expression, la formule, le proverbe ou le mot que je préfère :
Mais, vraiment …? Mais, est-ce sûre...?

Ma bête noire:
Les gars qui ont les ongles longs (ça passe si vous jouez de la guitare).

Ma meilleure qualité :
Mon côté « piquant ».

Mon pire défaut :
Mon côté « piquant ».

Ma définition du bonheur :
La solitude active. Être avec mon amour, Joni.

L’endroit où je désirerais vivre :
Partout où il ne fait ni trop froid, ni trop chaud et humide. J’imagine que c’est Vancouver.

Un rêve récurrent :
Que je travaille encore au magasin de fournitures d’art de l’autre côté de la rue de l'ancien Emily Carr sur l’île Granville.

Un souhait :
Que cesse ce rêve récurrent.

Ce que je veux faire avant de mourir :
Voir enfin les Canucks soulever la Coupe Stanley.

L’art pour moi, c’est (en cinq mots ou moins) :
Super normal.

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Pour plus d'information sur d'œuvres de Ron Terada dans la collection du Musée des beaux-arts du Canada, visionnez la collection en ligne. Partagez cet article et abonnez-vous à nos infolettres pour demeurer au courant des derniers articles, expositions, nouvelles et événements du Musée, et en apprendre plus sur l’art au Canada.

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