Les lauréats du Prix nouvelle génération de photographes 2022

Clara Lacasse, Marisa Kriangwiwat Holmes and Séamus Gallagher. Photographs

Clara Lacasse Photo : Manolis Daris;  Marisa Kriangwiwat Holmes (détail) Photo : Ali Bosley; and Séamus Gallagher Photo : avec l’autorisation de l’artiste


Les lauréats du Prix nouvelle génération de photographes 2022 sont Séamus Gallagher, Marisa Kriangwiwat Holmes et Clara Lacasse. Dans leur travail, ces artistes allient différentes techniques dans une exploration multifacette des questions d’identité et de culture, montrant la réalité augmentée d’ajouts, de constructions et d’artifices. Leurs œuvres seront exposées à Toronto dans le cadre du Festival de photo CONTACT Banque Scotia, et une sélection sera présentée au Musée des beaux-arts du Canada plus tard cette année. Le Prix nouvelle génération de photographes, remis chaque année, récompense trois artistes canadiennes et canadiens de 35 ans ou moins qui se distinguent dans le domaine des arts photographiques par la réalisation d’images exceptionnelles.

 

Séamus Gallagher

Séamus Gallagher, visage non reconnu 1, 2022. Épreuve au jet d’encre

Séamus Gallagher, visage non reconnu 1, 2022. Épreuve au jet d’encre. Collection de l’artiste. © Séamus Gallagher 

Séamus Gallagher est photographe non binaire et artiste des nouveaux médias vivant et travaillant actuellement à Kjipuktuk (Halifax, Nouvelle-Écosse). Après avoir obtenu son diplôme de la NSCAD University, Gallagher collabore avec l’IOTA Institute depuis 2019. Son travail entremêle photographie et réalité virtuelle, empruntant à la culture drag et queer et au langage visuel des jeux vidéo. Évoquant son projet de 2018 A Slippery Space [Un espace glissant], l’artiste mentionne : « À travers un procédé de conversion de rendus numériques 3D en maquettes papier, j’ai élaboré des costumes, perruques et masques d’inspiration drag que je porte pour cette série d’autoportraits. En mettant en scène ces photographies dans un décor créé à partir d’images d’environnements de jeux vidéo, j’ai cherché à transformer les espaces virtuels et à brouiller la dimension binaire entre numérique et physique ». Son œuvre, où fleurissent couleurs vives et structures fragmentées, traite des questions d’identité et de déphasage, ainsi que des univers de la fantaisie et de la réalité.

 

Marisa Kriangwiwat Holmes

Marisa Kriangwiwat Holmes, Sonneur de cloche, 2021, épreuve au jet d’encre

Marisa Kriangwiwat Holmes, Sonneur de cloche, 2021. Épreuve au jet d’encre. Collection de l’artiste. © Marisa Kriangwiwat Holmes 

Diplômée de l’Emily Carr University of Art + Design, Marisa Kriangwiwat Holmes est une artiste multidisciplinaire qui vit à Vancouver. Elle travaille en photographie – souvent combinée au collage, à la sculpture, à l’installation et à la musique – pour créer des œuvres ayant pour thèmes la présentation et la diffusion de l’imagerie vernaculaire. Sa pratique s’articule autour des perceptions et interactions propres aux images que l’on trouve en publicité, dans les médias et sur les plateformes de réseaux sociaux. Dans un balado Polygon l’an passé, elle parle de son intérêt pour l’exploration « d’autres façons de présenter les photographies » et la découverte de points d’accès multiples. À l’aide par moments de superpositions, recadrages et petits formats, elle propose une réflexion sur l’usage contemporain du vocabulaire visuel et la façon dont, par son omniprésence, il influence la société d’aujourd’hui. La critique d’art Tatum Dooley décrit ainsi sa démarche : « Elle emploie le langage de la publicité – les couleurs, la composition et le positionnement sur un panneau – comme cadre de travail pour ses créations. Il en résulte une raillerie dystopique, des images aux allures de publicités, mais qui ne font en fait que nous refléter la société, organisant le spectacle. »

 

Clara Lacasse

Clara Lacasse, Plateaux, 2020, épreuve au jet d’encre.

Clara Lacasse, Plateaux, 2020. Épreuve au jet d’encre. Collection de l’artiste. © Clara Lacasse 

Clara Lacasse est une artiste en photographie qui crée des images porteuses de récits sur l’histoire, la science, la nature et la société. Diplômée de l’Université Concordia, Lacasse produit des œuvres basées sur des recherches archivistiques poussées et des collaborations avec différentes institutions, par exemple le Biodôme de Montréal. Elle allie images et documentation historique pour proposer une vision personnelle qui invite à la réflexion critique et à la remise en question des vérités implicites en culture. Récemment, son exposition individuelle Un jardin nommé Terre (2021) a marqué l’aboutissement d’un projet de deux ans sondant en profondeur les transformations apportées au Biodôme de Montréal, une structure réinventée depuis sa création comme vélodrome des Jeux olympiques de 1976. Parlant de sa façon de travailler, l’artiste explique : « J’essaie de m’en aller vers d’autres médiums – la vidéo, la publication – […], mais je dirais que l’image [la photographie] joue un très grand rôle dans ma pratique. Je suis quelqu’un qui est fasciné par le langage ou la culture visuelle. J’étais toujours portée vers les images, l’information qu’elles peuvent véhiculer et tout […], cette connaissance-là qui peut voyager par l’image […] Je pense que c’est cette espèce de pluralité des sens des images qui m’intéresse et les exploiter à ma façon. »

 

Les œuvres des gagnants seront incluses dans le 26e Festival de Photo Contact Banque Scotia (dès 1 mai 2022) et aussi dans l'exposition collectif Prix Nouvelle Génération de Photographes du 12 août au 19 décembre 2022. Partagez cet article et abonnez-vous à nos infolettres pour demeurer au courant des derniers articles, expositions, nouvelles et événements du Musée, et en apprendre plus sur l’art au Canada.

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