Prix Sobey pour les arts 2022 : les cinq finalistes

Les finalistes du Prix Sobey pour les arts 2022: Divya Mehra, Tyshan Wright, Stanley Février, Azza El Siddique, et Krystle Silverfox

Les finalistes du Prix Sobey pour les arts : Divya Mehra Photo : Courtesy of the artist; Tyshan Wright Photo : Steve Farmer; Stanley Février Photo : Jean Turgeon; Azza El Siddique Photo : Merik Goma; et Krystle Silverfox Photo : Avec l'autorisation de l'artiste


Créé en 2002, le Prix Sobey pour les arts récompense des artistes contemporains provenant de toutes les régions du Canada. Financé par la Fondation Sobey pour les arts et organisé par le Musée des beaux-arts du Canada, ce prestigieux prix artistique a reconnu et appuyé de nombreux artistes, dont Brian Jungen, Annie Pootoogook, Raphaëlle de Groot et Kapwani Kiwanga, sur la scène nationale comme internationale.

Cette année, les cinq finalistes sont Stanley Février, Azza El Siddique, Divya Mehra, Krystle Silverfox et Tyshan Wright. Dans leurs œuvres, ils et elles explorent des thèmes reflétant des expériences personnelles et des problématiques universelles, la diversité culturelle et l’histoire, l’identité et le récit. Artistes interdisciplinaires, les cinq empruntent à différentes techniques dans des perspectives à la fois uniques et non conventionnelles. Une sélection de leur production sera présentée dans une exposition collective au Musée des beaux-arts du Canada cet automne; le nom du lauréat ou de la lauréate sera dévoilé en novembre.

 

Tyshan Wright (Atlantique)

Tyshan Wright, Gumbe III, 2021. Bois, peau de chèvre, perles, tissu kente

Tyshan Wright, Gumbe III, 2021. Bois, peau de chèvre, perles, tissu kente, 53 x 35 x 36 cm. © Tyshan Wright. Photo : Steve Farmer

Originaire d’Accompong, en Jamaïque, et vivant actuellement à Halifax, Tyshan Wright est un « Jamaica Gleaner » [Glaneur de la Jamaïque]. À ce titre, il est un gardien de la tradition des Marrons jamaïquains, une culture remontant au XVIIe siècle, quand des personnes issues d’Afrique se sont révoltées contre l’esclavage, créant des communautés libres et indépendantes à l’intérieur de l’île. Wright crée à partir de matériaux naturels, comme le bois, des œuvres en techniques mixtes représentant des objets culturels marrons traditionnels de célébration, de spiritualité et de cérémonie. Ses sculptures expriment les histoires de la diaspora et les correspondances culturelles à travers le temps « des origines au Ghana à la déportation des Marrons de Trelawny Town de la Jamaïque vers la Nouvelle-Écosse », tout en témoignant de l’intérêt de l’artiste pour le dialogue entre artisanat traditionnel et art contemporain. Ses œuvres ont été présentées à travers le Canada, et il a été artiste en résidence 2021–2022 à l’Institute for the Study of Canadian Slavery de la NSCAD University.

 

Stanley Février  (Québec)

Stanley Février, 1927, 2015. Table, chair,  type writer, plaster and ink on paper, variable dimensions

Stanley Février, 1927, 2015. Bureau, chaise, souliers, machine à écrire, plâtre et encre sur papier, dimensions variables. Collection du Musée national des beaux-arts du Québec. © Stanley Février Photo : MNBAQ, Idra Labrie

Né en Haïti, Stanley Février est un artiste multidisciplinaire québécois qui travaille en sculpture, photographie, installation et performance. Dans ses œuvres, il explore les questions de traumatisme psychologique, de souffrance physique, de problématique sociale, d’égalité et de relations personnelles dans un monde fragmenté. Dans sa pratique artistique, il tente « de créer un espace de rencontre où les participant.e.s sont au centre de l’œuvre », les invitant à « se repolitiser et à affirmer leur vécu pour finaliser l’œuvre ». En étendant le « je » au « nous », son art transcende le particulier en universel et crée des espaces où peuvent résonner les voix. Il a exposé au pays comme à l’étranger, et ses œuvres figurent dans des collections publiques comme celles du Musée national des beaux-arts du Québec et du Musée des beaux-arts de Montréal.

 

Azza El Siddique (Ontario)

Azza El Siddique, Begin in smoke, End in ashes Pt. II [Commence en fumée, termine en cendres, partie II], 2019. Acier, acier déployé, argile à glaçure sans cuisson, argile à glaçure cuite à la bisque, peinture émail au pistolet, eau, système d’irrigation

Azza El Siddique, Begin in smoke, End in ashes Pt. II [Commence en fumée, termine en cendres, partie II], 2019. Acier, acier déployé, argile à glaçure sans cuisson, argile à glaçure cuite à la bisque, peinture émail au pistolet, eau, système d’irrigation goutte-à-goutte, 213 x 183 x 305 cm. © Azza El Siddique Photo : avec l’autorisation de l’artiste et d’Helena Anrather, New York

L’artiste torontoise Azza El Siddique crée en peinture, sculpture, installation et film des environnements monumentaux multisensoriels incorporant un éventail d’éléments plus petits dans des matériaux comme la céramique, le verre et l’eau. S’exprimant au Gardiner Museum à Toronto en 2020, elle évoquait certains des thèmes qui l’inspirent dans son travail, en particulier l’impermanence, la perte et le décès, l’histoire, le pouvoir et la mythologie; elle précisait : « Les structures que je crée renvoient le plus souvent à l’idée de cadre institutionnel ». Elle interprète ces formes dans les domaines conceptuels de la spiritualité, de la transformation et de l’expérience humaine, proposant une réflexion sur la nature éphémère de ces notions. Canado-Soudanaise, elle est diplômée de l’Université de l’ÉADO et de la Yale School of Art, et a exposé individuellement à Toronto, Montréal et New York. On peut actuellement voir ses œuvres au MIT List Visual Arts Center à Cambridge, au Massachusetts.

 

Divya Mehra (Prairies et le Nord)

Divya Mehra, There is nothing you can possess which I cannot take away (Not Vishnu: New ways of Darsána) [Il n’y a rien que vous possédez que je ne puisse vous enlever (Pas Vishnou : nouvelles perspectives de darśana)], 2020. Café, sable, peau de chamois

Divya Mehra, There is nothing you can possess which I cannot take away (Not Vishnu: New ways of Darsána) [Il n’y a rien que vous possédez que je ne puisse vous enlever (Pas Vishnou : nouvelles perspectives de darśana)], 2020. Café, sable, peau de chamois, lacet de cuir, œillets en métal, 2.4 lb. Collection of the MacKenzie Art Gallery. © Divya Mehra. Photo : Sarah Fuller

Née à Winnipeg, Divya Mehra est une artiste interdisciplinaire dont le travail fait appel à une multitude de techniques, notamment la vidéo, la sculpture, l’écrit et la performance. Diplômée de la Columbia University à New York, elle a été finaliste de l’édition 2017 du Prix Sobey pour les arts, et est apparue en 2018 dans la série documentaire In the Making de la CBC. Dans sa pratique, elle s’intéresse aux sujets de la diaspora, du colonialisme, de l’identité et de la culture. À propos de son œuvre, elle a déclaré : « Je me sers de l’humour comme point d’accès. En fin de compte, mon travail porte sur la conversation qui vient après ». Dans des pièces comme Here at least we shall be free (Build yourself a Taj Mahal for common folks OR a simple set for funniest home video) [Ici, au moins, nous devrions être libres (Construisez-vous un Taj Mahal pour personnes ordinaires OU un simple décor pour la vidéo maison la plus drôle)] et There is nothing you can possess which I cannot take away (not Vishnu: New ways of Darsána) [Il n’y a rien que vous possédez que je ne puisse vous enlever (Pas Vishnou : nouvelles perspectives de darśana)], elle emploie la satire pour traiter des thèmes de la perte et des impacts du colonialisme.

 

Krystle Silverfox (Côte Ouest et Yukon)

Krystle Silverfox, Ets'edegél' (spear game)[Ets'edegél' (jeu de lances)], 2020. Thuya, acrylique, feuilles de cuivre

Krystle Silverfox, Ets'edegél' (spear game)[Ets'edegél' (jeu de lances)], 2020. Thuya, acrylique, feuilles de cuivre, 25 x 25 x 25 cm. © Krystle Silverfox. Photo : avec l’autorisation de l’artiste

Membre de la Première Nation Selkirk (clan du loup) et vivant actuellement dans le territoire des Tr’ondëk Hwëch’in (Dawson, Yukon), l’artiste interdisciplinaire Krystle Silverfox travaille en peinture, médias numériques, perlage autochtone et installation. L’essentiel de son œuvre s’inspire de sa culture et son patrimoine tutchone du Nord, ainsi que de ses expériences de femme autochtone urbaine. Comme elle le soulignait lors d'une récente entrevue à la Polygon Gallery, elle se sert souvent des « méthodes de création artistique traditionnelles pour raconter des histoires ». Sa démarche est axée sur la politique et l’intendance du territoire, ainsi que sur la parenté, la famille et la tradition, et fait régulièrement appel à des objets de sa propre vie comme reflets de l’identité. Diplômée de la University of British Columbia et de la Simon Fraser University, elle a été finaliste pour le Prix du Yukon pour les arts visuels en 2021.

 

Des œuvres des cinq artistes de la courte liste feront l’objet d’une exposition au Musée des beaux-arts du Canada du 28 octobre 2022 jusqu’en février 2023, et le nom du gagnant sera annoncé lors d’une cérémonie de gala cet automne. Le Prix Sobey pour les arts est administré conjointement par la Fondation Sobey pour les arts (FSA) et le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC). Merci de partager cet article et de vous inscrire à nos infolettres pour recevoir les derniers articles, pour rester au courant des expositions, des nouvelles et des activités du MBAC et pour tout savoir de l’art au Canada.

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