Des artistes d’exception : Les finalistes du prix Sobey pour les arts

 

L’avant-dernière étape a été franchie. En effet, le jury du prestigieux Prix Sobey pour les arts 2017 a annoncé les noms des cinq finalistes : l’artiste interdisciplinaire Ursula Johnson, représentant les Provinces de l’Atlantique; la photographe et vidéaste Jacynthe Carrier, du Québec; l’artiste de performance Bridget Moser, de l’Ontario; l’artiste multimédia Divya Mehra, représentant les Prairies et le Nord; et l’artiste du texte Raymond Boisjoly, de la côte Ouest et du Yukon.

 

L’annonce a été faite conjointement par la Fondation Sobey pour les arts et le Musée des beaux-arts du Canada. Créé en 2002 par la Fondation Sobey pour les arts et le Musée des beaux-arts de la Nouvelle-Écosse, le prix consiste en une bourse de 110 000 $, dont 50 000 $ sont remis au lauréat, 10 000 $ aux quatre autres finalistes et 1 000 $ à chacun des artistes figurant dans la liste préliminaire.

Josée Drouin-Brisebois, conservatrice principale de l’art contemporain au Musée et présidente du comité de sélection du Prix Sobey pour les arts, a dit au Magazine MBAC, « Les finalistes du Prix Sobey pour les arts 2017 sont cinq artistes exceptionnels qui témoignent de la richesse des arts visuels contemporains au Canada. »

Pour la première fois dans l’histoire du prix, la majorité des finalistes sont des femmes.

 

Ursula Johnson (Atlantique)

Ursula Johnson, (Il/Elle rentre à la maison), 2010, performance coopérative de longue durée par interprètes interposés avec éclisses de frêne blanc/noir, érable, roseau et foin d’odeur. Photo : Krista Comeau

 

Ursula Johnson explore, à travers la performance, la sculpture, la musique et la gravure, les notions d’identité, d’origine et de pratiques culturelles, juxtaposant souvent disciplines artistiques autochtones traditionnelles et formes contemporaines. Dans son œuvre de 2010, Elmiet (He/She Goes Home) [Emiet (Il/Elle rentre à la maison)], qui fait référence à la proclamation adoptée en 1756 par la Nouvelle-Écosse accordant une prime pour les scalps de Micmacs, Johnson a orchestré un événement autour de ce qui devait être la dernière prise de scalp de la province. Originaire de la Première Nation micmaque, Johnson a étudié les beaux-arts à la Nova Scotia School of Art and Design (qui s’appelle maintenant NSCAD University), où elle a obtenu son diplôme en 2006. Elle vit aujourd’hui à Dartmouth.

 

Jacynthe Carrier (Québec)

Jacynthe Carrier, brise glace #3 et soleil blanc #4, 2016, impression jet d'encre sur papier coton, vue de l'exposition brise glace soleil blanc à la Galerie Antoine Ertaskiran, Montréal. Collection de la Banque Nationale.

 

Jacynthe Carrier explore, par la photographie et la vidéo, les différents rapports du corps à l’environnement avec divers types d’interventions soigneusement mises en scène dans le paysage, qu’il soit urbain ou rural. Son œuvre de 2016, brise glace, filmée en hiver à proximité de Kamouraska, au Québec, présente des hommes et des femmes qui dialoguent avec le cadre rocheux et glacé qui les entoure. Jacynthe Carrier, qui réside à Québec, est titulaire d’une maîtrise en arts visuels de l’Université Concordia.

 

Bridget Moser (Ontario)

Bridget Moser, Éléments sympathiques, 2016, Documentation d’une performance présentée à la Galleria Artericambi, Vérone (16 min 24 s)

 

Le travail de Bridget Moser se situe à la jonction du comique, de la littérature absurde et de la danse et du théâtre expérimentaux. Fondées sur l’humour et l’autodérision, ses performances soulignent la beauté sous-jacente des moments étranges et inconfortables. Dans sa vidéo Asking for a friend [À la recherche d’un ami] de 2013, elle se promène dans une salle blanche en jouant avec divers objets banals – chaises pliantes, micro, pompe à vélo, parasol – tout en méditant sur la nature de la créativité, des relations et du succès personnel. Elle habite Toronto.

 

Divya Mehra (Prairies et Nord)

Divya Mehra, Ethnicité neutre (je suppose que l’argent l’aura changé, j’imagine que j’aurai oublié d’où je viens), 2014. tricot de vêtements sport (88 % polyester, 12 % spandex), survêtement pour homme, tailles américaines TP, P, M, G, TG. Photo : Georgia Scherman Project

 

Travaillant avec diverses techniques – dont la sculpture, le texte, les livres d’artiste, l’installation, la publicité, la vidéo et, plus récemment, le cinéma – Divya Mehra traite des notions de colonisation, de racisme et de diversité, réinterprétant des références empruntées au hip-hop, à la littérature et à l’actualité. Son œuvre de 2014, Neutral Ethnicity (I guess the money should’ve changed him, I guess I should’ve forgot where I came from) [Ethnicité neutre (je suppose que l’argent l’aura changé, j’imagine que j’aurai oublié d’où je viens)], dénonce la décision de la Banque du Canada de retirer le portrait d’une scientifique de son nouveau billet de cent dollars sous prétexte qu’elle semblait trop asiatique. Dans son installation, Mehra a placé un mannequin doré, sans tête, vêtu de billets de cent dollars devant un mur qui en était aussi tapissé. Elle est titulaire d’une maîtrise en beaux-arts de la Columbia University et elle vit à Winnipeg, Delhi et New York.

 

Raymond Boisjoly (Côte Ouest et Yukon)

Raymond Boisjoly, Discrepants: Strategy of Distance [Divergeant : stratégie de distance], 2016, 254 x 152 cm, jet d’encre à base de solvant sur vinyle. Photo : SITE Photography

 

Raymond Boisjoly est un artiste autochtone d’origine haïda. Utilisant fréquemment le texte dans son travail, il étudie des aspects du langage qui sont menacés de disparition ou de modification sémantique, brouillant souvent les frontières du passé, du présent et de l’avenir. Il s’intéresse à l’histoire et au colonialisme, tout en s’inspirant de musiciens afrofuturistes, de la pensée orientale, de fantastique et de science-fiction. Son œuvre de 2016, Discrepants: Strategy of Distance [Divergeant : stratégie de distance], renvoie à un court-métrage de 1953 contre le colonialisme, Les statues meurent aussi, qui décrit le point de vue occidental sur la statuaire africaine la considérant comme de simples objets esthétiques. Boisjoly vit et travaille à Vancouver, et il est titulaire d’une maîtrise en beaux-arts de la University of British Columbia.

 

Le Prix Sobey pour les arts est devenu l’une des principales récompenses artistiques au Canada. Il est remis tous les ans à un artiste canadien de 40 ans ou moins qui a présenté ses œuvres dans une galerie d’art publique ou commerciale au cours des dix-huit mois précédant sa mise en candidature. Les lauréats précédents sont Abbas Akhavan, David Altmejd, Daniel Barrow, Michel de Broin, Raphaëlle de Groot, Jean-Pierre Gauthier, Tim Lee, Duane Linklater, Nadia Myre, Annie Pootoogook, Jeremy Shaw et Daniel Young & Christian Giroux, qui ont tous à leur actif une grande carrière nationale et internationale.

Dans le respect du mandat national du Prix Sobey pour les arts, le Musée des beaux-arts organise l’exposition du travail des finalistes en assurant une rotation entre différents lieux : l’exposition revient au Musée des beaux-arts du Canada lors des années paires et se tient ailleurs au Canada au cours des années impaires.

Une sélection d’œuvres de ces cinq artistes remarquables – Ursula Johnson, Jacynthe Carrier, Bridget Moser, Divya Mehra et Raymond Boisjoly – sera présentée dans le cadre de l’exposition collective du Prix Sobey pour les arts, qui se tiendra à l’Art Museum de l'Université de Toronto, du 24 octobre au 9 décembre 2017. Le nom du lauréat sera annoncé lors d’un gala le 25 octobre dans le grand hall de la Hart House, à la même université.

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