Le Prix Sobey pour les arts 2019: Les cinq finalistes

 

 

Chaque année, le Prix Sobey pour les arts permet de dresser un portrait de l’art contemporain au Canada, attirant une plus grande attention sur les artistes, tant au pays qu’à l’échelle internationale. L’une des récompenses en art contemporain les plus prestigieuses au monde, le prix récompense un artiste de moins de 40 ans dont le travail a été exposé dans une galerie d’art publique ou privée au cours des 18 mois précédant sa mise en candidature.  La Fondation Sobey pour les arts et le Musée des beaux-arts du Canada ont dévoilé les cinq finalistes du Prix Sobey pour les arts 2019 et leurs œuvres seront présentées dans le cadre d’une exposition collective au Musée des beaux-arts d'Alberta en automne. Le jury de 2019, présidé par la conservatrice principale de l’art contemporain au Musée des beaux-arts du Canada, Josée Drouin-Brisebois, se compose de Peter Dykhuis (directeur et conservateur de la Dalhousie Art Gallery), Jo-Ann Kane (conservatrice principale de l’art contemporain à la Collection Banque Nationale), Swapnaa Tamhane (conservatrice indépendante, artiste et écrivaine), Lindsey Sharman (conservatrice, Art Gallery of Alberta), Nigel Prince (directeur de la Contemporary Art Gallery) et la jurée internationale Henriette Bretton-Meyer (conservatrice principale à la Kunsthal Charlottenborg à Copenhague, au Danemark). En récompensant un finaliste dans chacune des cinq régions du Canada, ce prix  offre une visibilité et un soutien financier aux artistes canadiens en art contemporain. « Le Prix Sobey pour les arts permet au Musée des beaux-arts du Canada de suivre l’évolution du paysage de l’art contemporain au Canada. Il offre d’inestimables possibilités aux conservateurs et aux artistes partout au pays d’échanger des idées et d’avoir la chance de découvrir une myriade de pratiques artistiques différentes », a souligné Sasha Suda, directrice générale du Musée des beaux-arts du Canada. « C’est une initiative qui vient soutenir et faire la promotion du talent canadien ici et ailleurs, ce qui est au cœur de notre mission et de notre mandat en tant que Musée national. »

 

D'Arcy Wilson (La région Atlantique​)

D’Arcy Wilson, La mémorialiste : muséologie: Lagopus albus, peau 45195, The American Museum of Natural History, 2016. Èpreuve au jet d’encre qualité archives, 51 x 75 cm. Photo: Chris Friel

D’Arcy Wilson crée des installations en techniques mixtes axées autour des interactions avec le monde naturel et des changements qui en résultent. Dans ses œuvres récentes, elle aborde les bouleversements historiques infligés à la nature par le colonialisme. « Pour mon travail, j’étudie la transformation de la nature en spectacle et ses conséquences, dans le contexte d’une culture d’origine européenne. Dans ma pratique artistique, j’essaie de me lier autant que possible à l'environnement naturel, soit en m'y plongeant moi-même, soit en accomplissant des actes bienveillants à son endroit; toutefois, la capacité de comprendre et de participer dans cet autre monde m’échappe », déclare-t-elle. Intégrant photographie, vidéo, dessins et performance, son œuvre porte un regard sur les interventions du passé et du présent. Installée à Corner Brook, à Terre-Neuve, elle a récemment exposé à la Dalhousie Art Gallery à Halifax, à la Galerie d’art Beaverbrook à Fredericton et à The Rooms à St John's.

 

Nicolas Grenier (Québec)

Nicolas Grenier, Stasis/Turmoil; New Order/Previous Attempts, 2016. huile et acrylique sur toile, 61 x 61cm. Collection particulière. Photo: Atelier Nicolas Grenier.

Les peintures et installations d’inspiration architecturale de Nicolas Grenier explorent des enjeux sociétaux et contemporains à travers des éléments symboliques et des codes de couleur. Structures et espace façonnent ses tableaux comme ses sculptures, jouant sur les contrastes, les tensions, les inclusions et les exclusions. « Je m'intéresse aux rapports entre les différents systèmes que nous habitons — politiques, économiques, culturels et sociaux — et les principes ou l’absence de principes dans lesquels ces systèmes prennent racine … J'utilise le langage de l'urbanisme, de l'architecture et des diagrammes pour imaginer différents modèles, souvent absurdes ou pervers, qui invoquent les mécanismes par lesquels divers éléments organiques sont intégrés pour former une entité structurée de manière plus ou moins forcée. » Grenier partage son temps entre Montréal et Los Angeles et a exposé au pays et à l’étranger, notamment à Athènes, Bruges, Los Angeles et Montréal.

 

Stephanie Comilang (Ontario)

Stephanie Comilang, Yesterday In The Years 1886 & 2017, 2017, installation vidéo deux canaux, dimensions variables. Avec l’autorisation de l’artiste. Photographie : Kitchener-Waterloo Art Gallery

La réalisatrice Stephanie Comilang est une artiste qui vit à Toronto et à Berlin. Ses vidéos d’essence documentaire traitent des expériences des migrants, d’inégalités sociales et d’isolement. Dans son œuvre récente Yesterday, In the Years 1886 and 2017, elle s’intéresse « aux liens qu’ont tous les migrants » à travers les expériences et difficultés qu’ils partagent. Le travail de Comilang a été présenté à la Ghost : 2561 Bangkok Video & Performance Triennale, à la S.A.L.T.S Basel, à la UCLA, à l’International Film Festival Rotterdam et à l’Asia Art Archive in America à New York. Lors d’une résidence récente au Tropical Futures Institute à Cebu aux Philippines, elle a mené des recherches sur l’histoire linguistique de la tribu Eskaya et la quasi-extinction de celle-ci sous l’effet du colonialisme espagnol.

 

Kablusiak (Prairies et Nord)

Kablusiak, Listerine, 2018. Soapstone and tung oil, 18 x 9 x 4.5 cm. Collection particulière. Avec l'authorisation de l'artiste

Kablusiak, artiste et conservateur inuvialuk, traite en techniques mixtes des thèmes de la diaspora, de l’identité et du contrôle. Teintées d’humour, ses œuvres (vidéos, dessins, sculptures et peintures créées en séries) expriment une autoreprésentation déstabilisante qui reflète des idées universelles de genre, de solidarité et de souveraineté autochtone. Né à Yellowknife, dans les T.N.-O., et vivant à Mohkinstsis, l’artiste a exposé en Alberta et au Québec et a œuvré en muséologie à Banff, Calgary et Winnipeg.

 

Anne Low (Côté Ouest et Yukon​)

Anne Low, Un mur en forme de table à pieds chandelier, 2018, bois, papier peint, textiles des collections d’Ann Wahlfors, Sorunda Hembygdsförening et Sorunda Hemslöjdsförening, dimensions variables. Vue d’installation, Sorunda Folkets Hus, Suède. Commandée par le Tensta konsthall, Stockholm. Avec l’autorisation de l’artiste. Photo : Jean Baptiste Béranger

Anne Low allie les concepts d’objets domestiques et d’éléments décoratifs historiques pour créer des installations qui donnent à ces mêmes objets une nouvelle nature et identité dans le présent. Travaillant en sculpture, textile et gravure, Low s’inspire du tissage et d’autres techniques artisanales, qu’elle utilise dans une réflexion sur les intérieurs et processus historiques. La Vancouvéroise séjourne actuellement à Montréal. Ses œuvres ont été exposées à Vancouver, Berlin, Toronto et New York.

 

L’exposition Prix Sobey pour les arts  2019 d’œuvres des cinq artistes finalistes sera présentée au Musée des beaux-arts de l’Alberta à Edmonton du 5 octobre 2019 au 5 janvier 2020. Le nom du lauréat ou de la lauréate du Prix sera annoncé lors d’un gala au Musée des beaux-arts de l’Alberta le 15 novembre 2019. Partagez cet article et abonnez-vous à nos infolettres pour connaître les dernières informations et en savoir davantage sur l’art au Canada.

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