Prix Sobey pour les arts 2018 : la liste des finalistes

 

La Fondation Sobey pour les arts et le Musée des beaux-arts du Canada ont dévoilé les cinq finalistes du Prix Sobey pour les arts 2018. Le Prix Sobey pour les arts est l’une des récompenses en art contemporain les plus prestigieuses au monde. Il est remis chaque année à un artiste de 40 ans ou moins qui a exposé dans une galerie d’art publique ou privée au cours des 18 mois précédant sa mise en nomination. En récompensant un finaliste dans chacune des cinq régions du Canada, le Prix Sobey pour les arts offre une visibilité et un soutien financier aux jeunes artistes canadiens en art contemporain. Cette démarche leur donne également la chance d’échanger des idées et de faire l’apprentissage de différentes pratiques artistiques et muséologiques ayant cours à travers le pays. Les œuvres des finalistes seront présentées dans le cadre d’une exposition collective qui s’ouvrira le 3 octobre 2018 au Musée des beaux-arts du Canada. Les cinq finalistes en compétition pour le grand prix sont: Joi T. Arcand (Prairies et le Nord), Jordan Bennett (Provinces de l'Atlantique), Kapwani Kiwanga (Ontario), Jeneen Frei Njootli (Côte Ouest et Yukon) et Jon Rafman (Québec).

 

Joi T. Arcand (Prairies et le Nord)

Joi T. Arcand, Fresh Bread - Here On Future Earth, 2009, épreuve au jet d'encre, 50.8 cm x 66 cm. Collection d'Adrian Stimson. Avec l'autorisation de l'artiste

 

Artiste originaire de la nation crie de Muskeg Lake en Saskatchewan (Traité n6), Joi T. Arcand vise à revitaliser et à prévenir la disparition des langues autochtones par le biais d’œuvres photographiques et textuelles. Ses premières réalisations photographiques et de collages d’images numériques sont nourries par son intérêt pour les arts graphiques et typographiques. Son travail récent a évolué vers des œuvres sculpturales reproduisant des signes syllabiques cris présentées dans des sites choisis. Les messages en langue crie ainsi affichés visent à susciter l’espoir et à encourager les peuples autochtones. L’artiste réside aujourd’hui à Ottawa où elle a fondé le magazine d’art autochtone kimiwan. Ses plus récentes expositions ont entre autres été présentées à la Walter Phillips Gallery à Banff sans oublier sa participation à nombre d’expositions collectives internationales.

 

Jordan Bennett (Provinces de l'Atlantique)

Jordan Bennett, Histories Between and Through Time, 2017, acrylic sur bois, 198 x  91 x  4 cm. Vue de l'installation à Grenfell Art Gallery. Photo: Candace Kennedy

 

Artiste multidisciplinaire, Jordan Bennett poursuit une démarche qui s’exprime par la peinture, la sculpture, le dessin, la vidéo, l’installation et les médias numériques. Natif de Stephenville Crossing Ktaqamkuk, il entretient des liens étroits avec cette région de Terre-Neuve, comme en témoigne cet extrait d’un entretien publié dans Visual Arts News : « (...) le paysage et la culture de cette région ont fait de moi tout l’artiste que je suis ». Son œuvre est d’ailleurs profondément marquée par sa recherche au cœur des cultures picturales micmaque et béothuque. Il y explore le territoire, la langue et les savoirs ancestraux et remet en question les perceptions coloniales liées à l’existence des récits autochtones et des stéréotypes à leur égard. Son importante feuille de route se trouve ponctuée d’expositions nationales et internationales. Jordan Bennett fut l’un des deux artistes à représenter Terre-Neuve et le Labrador lors de la Biennale de Venise 2015 à la Galleria Ca’Rezzonico, en Italie, dans le cadre des événements collatéraux officiels.

 

Kapwani Kiwanga (Ontario​)

Kapwani Kiwanga, Shade #3. Gracieuseté de l'artiste et de la Goodman Gallery, Afrique du Sud. Photo : Victor Sguassero

 

Les créations de Kapwani Kiwanga se présentent sous une grande diversité de formes : installation, performance, sculpture et vidéo. À sa formation en anthropologie, religion comparée et film documentaire s’ajoute son intérêt pour l’histoire, les souvenirs et le conte. Dans une entrevue dans Frieze, elle souligne la recherche rigoureuse qui sous-tend ses œuvres et les deux thèmes centraux qu’elles recèlent : croyances et récits « (...) auxquels on n’accorde pas suffisamment d’écoute ». Dans une insatiable quête exploratoire ponctuée de traditions orales, elle sonde un éventail de concepts allant du voyage dans l’espace jusqu’aux luttes anticolonialistes, en passant par la géologie et l’afrofuturisme. Kapwani Kiwanga est née à Hamilton et a grandi à Brantford et vit aujourd’hui à Paris où elle poursuit son travail. Lauréate du Frieze Artist Award, son installation Those Cracks Which Allow Things to Grow out of Them Are Interesting To Mea été présentée dans le cadre de l’événement Frieze New York en mai. Son exposition solo Soft Measures est en cours au Tramway de Glasgow.

 

Jeneen Frei Njootli (Côte Ouest et Yukon​)

Jeneen Frei Njootli, Joanne, 2017, fichier numérique, 28 x 43 cm. Gracieusité de l'artiste

 

L’artiste interdisciplinaire Jeneen Frei Njootli, cofondatrice du collectif ReMatriate, fait partie de la première nation Vuntut Gwitchin. Elle vit et travaille depuis 10 ans sans permission sur les territoires non cédés de Musqueam, Squamish, Sto:lo et TsleilWaututh.  Dans sa pratique, elle passe par les techniques mixtes, les performances sonores, les textiles et l’installation pour révéler l’histoire qui tisse la matière culturelle, la géopolitique et la politique dans l’art autochtone. Lors de sa récente résidence en arts médiatiques au Western Front de Vancouver, elle a tenu un atelier gratuit pour d’autres femmes artistes autochtones sur la manière de créer et de mettre à jour une page Wikipedia. Lauréate 2017 du Contemporary Art Society Vancouver Artist Prize, elle a entre autres exposé à la Fierman Gallery à New York, à la Southern Alberta Art Gallery et à la Vancouver Art Gallery.

 

Jon Rafman (Québec​)

Jon Rafman, Dream Journal 2016-2017, 2017, image vidéo fixe. Avec l'autorisation de l'artiste

 

Les technologies, Internet et les subcultures font partie des domaines dont s’inspire l’artiste montréalais John Rafman. Ses sculptures, vidéos et installations intègrent le riche vocabulaire des univers virtuels pour aborder l’impact de la technologie sur la sensibilité contemporaine sous forme de récits poétiques critiques du temps présent. Son travail explore des réalités comme l’inclusion et l’exclusion, la marginalité et les affinités, de même que la frontière entre le virtuel et le réel. Parmi ses expositions les plus récentes, on compte Generation Loss à la Julia Stoschek Collection de Düsseldorf (2017–2018), Dream Journal ’16  ’1 à Sprüth Magers à Berlin (2017) et I Have Ten Thousand Compound Eyes and Each is Named Suffering au Stedelijk Museum Amsterdam (2016).

 

Les oeuvres des finalistes seront présentées dans le cadre d'une exposition collective du 3 octobre 2018 au 10 février 2019 au Musée des beaux-arts du Canada; le premier prix sera remis au lauréat le 14 novembre à Ottawa. Pour obtenir plus de renseignements, consultez le  Prix Sobey pour les arts. Pour partager cet article, veuillez cliquer sur la flèche en haut à droit de la page.