Au-delà de l’art, photographies d’artistes canadiens

Photographe non identifié, Paul Peel dans son atelier parisien avec son fils, 1889, 12,9 x 17,4 cm. Fonds Paul Peel and Isaure Verdier Peel

Il arrive que la dimension la plus captivante d’une œuvre d’art tienne à son créateur. Est-il brouillon ou ordonné ? Travaille-t-il dans un atelier spacieux ou sur un coin de table ? S’inspire-t-il d’un environnement rural ou fait-il partie des urbains purs et durs ? La nouvelle exposition de Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), Les artistes canadiens en photographie, offre un aperçu fascinant de la vie d’artistes canadiens de renom.

Organisée par Philip Dombowsky, archiviste à Bibliothèque et Archives du MBAC, l’exposition regroupe une bonne cinquantaine de photos allant du milieu du XIXe siècle à nos jours. Produite en complément des nouvelles salles d’art canadien et autochtone du MBAC qui doivent ouvrir leurs portes le 15 juin, l’exposition comprend aussi des clichés d’artistes représentés dans La photographie au Canada, 1960-2000, actuellement à l’affiche à l’Institut canadien de la photographie (ICP) du MBAC.

H.U. Knight, Emily Carr dans son atelier, janvier 1934, 20,3 x 25,3 cm. Collection de ressources visuelles

En entrevue avec Magazine MBAC, le commissaire explique que chaque photo a été sélectionnée à partir des différentes collections de Bibliothèque et Archives, y compris le fonds du Musée canadien de la photographie contemporaine et les collections de ressources visuelles. L’exposition rend hommage à des artistes individuels ainsi qu’aux des membres du Groupe des Sept et aux artistes de Regina 5, du Groupe des Onze et du groupe des sept peintres autochtones. Disposées par ordre chronologique selon la date de naissance de chacun, beaucoup de ces photos n’ont encore jamais été publiées ou exposées.

Cornelius Krieghoff devant son chevalet, sans date, 18,5 x 13 cm. Photographie Les Livernois, Québec. Collection de ressources visuelles, Musée des beaux-arts du Canada

De gauche à droite, la première image est celle du photographe du XIXe siècle Cornelius Krieghoff. Bien connu pour ses représentations de paysages canadiens, de communautés autochtones et d’activités des colons franco-canadiens, Krieghoff fait partie des plus célèbres artistes d’avant la Confédération. Dans ce rare portrait réalisé en studio, l’artiste met l’accent sur sa carrière en posant près d’un chevalet, sa palette à la main.

Photographe non identifié, Pegi Nicol MacLeod à l’Observatory Art Centre, Université du Nouveau-Brunswick, Fredericton, 1945, 12,3 x 17,4 cm. Fonds Madge Smith

Outre des portraits professionnels dont ce cliché de Krieghoff, l’exposition réunit des instantanés moins formels d’artistes vaquant à leurs occupations quotidiennes, entre autres une image de Pegi Nicol MacLeod vêtue d’une chemise couverte de taches de peinture prise à l’Université du Nouveau-Brunswick de Fredericton où elle a donné des cours d’art d’été de 1940 à 1948.

Photographe non identifié, Florence Wyle dans son atelier, sans date, 11,9 x 9,8 cm. Fonds Frances Gage

D’autres portraits sont des vues passionnantes d’artistes dans leur atelier. Une photo de la sculpteure Florence Wyle révèle différents indices sur son espace de travail. Une autre de Paul Peel et de son fils présente d’intéressants détails sur les objets et le décor de l’atelier de Peel. Plusieurs œuvres de ce dernier, dont Baigneuse vénitienne (1889), sont exposées dans les nouvelles salles d’art canadien et autochtone.

Philip Pocock, Alex Colville, sans date, 23,6 x 19 cm. Collection de ressources visuelles

L’exposition met aussi en vedette des clichés pris par de célèbres photographes canadiens, notamment des images de Philip Pocock d’Ottawa, de John Vanderpant de Vancouver et de Violet Keene de Toronto. Une photo unique de l’artiste Alex Colville prise par Philip Pocock se distingue par sa spontanéité et son utilisation de l’architecture comme cadre naturel. Pocock a également été directeur de projet de l’exposition internationale de photographie Regards sur la terre des hommes présentée à Expo 67, à Montréal. Regards établissait un lien intéressant entre l’histoire de la photographie, la production artistique et le centenaire de la Confédération. La photo du membre du Groupe des Sept A. Y. Jackson prise par Vanderpant est un autre clou de cette exposition, d’une part parce qu’elle représente le peintre devant un de ses tableaux, Matinée d’octobre, Algoma (1920), d’autre part parce qu’elle est signée Vanderpant, un des photographes modernistes les plus influents du Canada. Célèbre pour sa représentation de la lumière et de la forme,  Vanderpant était lui-même à l’apogée de sa carrière artistique lorsqu’il a pris cette photo de Jackson.

John Vanderpant, A. Y. Jackson dans son atelier, 1929, 20,3 x 25,2 cm. Collection de ressources visuelles

Décrivant l’idée qui sous-tend l’exposition, Philip Dombowsky déclare : « Elle a été conçue pour présenter l’élément humain des œuvres qui seront exposées à l’ICP et dans les salles d’art autochtone. Ce lien présente un intérêt certain. Les visiteurs peuvent venir à la Bibliothèque après avoir vu les autres expositions et découvrir la personne derrière l’œuvre. »

Les artistes canadiens en photographie est à l’affiche à Bibliothèque et Archives du Musée des beaux-arts du Canada jusqu’au 4 septembre 2017. Présentée dans les salles de l'ICP est l'exposition La photographie au Canada. 1960–2000, à l’affiche jusqu'au 17 septembre 2017. Les Salles d’art canadien et autochtone du Musée des beaux-arts du Canada seront inaugurées le 15 juin 2017.

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