James Wilson Morrice, La régate, v. 1902-1907, huile sur panneau, 23,4 x 32,8 cm. Don de A.K. Prakash, Collection J.W. Morrice, 2015, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. Photo : MBAC

James Wilson Morrice. Une collection offerte par A. K. Prakash à la nation

L’un des plus éminents peintres modernistes du Canada, James Wilson Morrice (1865–1924), possédait le don unique de sublimer en moments intemporels les tourbillons de vie qui rythmaient les marchés, les cafés et les parcs. En fait, ce don était si remarquable que le critique français le plus influent de l’époque, Louis Vauxcelles, a pu dire de lui en 1909 qu’il était le plus grand peintre nord-américain présent sur la scène internationale depuis la mort de Whistler.

James Wilson Morrice, Femme sur une chaise, v. 1900-1905, huile sur toile, 50,3 x 35,6 cm. Don de A.K. Prakash, Collection J.W. Morrice, 2015, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. Photo : MBAC

 

À l’affiche du 13 octobre 2017 au 18 mars 2018 au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), James Wilson Morrice. Une collection offerte par A. K. Prakash à la nation retrace l’ascension d’un artiste vu comme le plus important peintre moderniste canadien en y intégrant  la passion d’un fervent collectionneur, M. Ash K. Prakash. Pendant près de quarante ans, M. Prakash a assemblé une collection qui tenait compte de l’évolution artistique de Morrice et mettait en lumière la diversité, la qualité artistique et la profondeur des moments déterminants de sa carrière. 

 « Ma relation avec Morrice et son œuvre, explique le collectionneur, est celle d’un amoureux et d’un aimé. Elle n’a jamais été didactique, scientifique ou analytique. Elle a été une obsession magnifique, à laquelle je me suis abandonné sans réfléchir. »

En 2015, M. Prakash a offert au Musée cette collection de 49 tableaux et aquarelles pour souligner l’héritage de Morrice et son 150e anniversaire de naissance.

James Wilson Morrice, Au bord de l'eau, v. 1905-1910, huile sur panneau, 15.2 x 12.7 cm. Don de A.K. Prakash, Collection J.W. Morrice, 2015. Musée des beaux arts du Canada, Ottawa

 

Nombre d’œuvres parmi les plus importantes de la collection A. K. Prakash témoignent de la considération dont jouissait Morrice au Canada et à l’étranger. Par exemple, l’une des petites études à l’huile favorites du collectionneur, Au bord de l’eau, a tout d’abord appartenu à Frantz Jourdain, président du Salon d’automne de Paris du vivant de Morrice.

« On imagine mal que les publics européens et canadiens n’aient généralement eu aucune idée de sa carrière exceptionnelle à l’étranger », s’étonne Katerina Atanassova, conservatrice principale de l’art canadien au MBAC et commissaire de l’exposition. « En entremêlant  l’histoire du collectionneur et de sa collection à la vie de l’artiste, l’exposition entraîne le visiteur dans un voyage de découverte qui aide à mieux comprendre Morrice et le rôle vital qu’il a joué dans l’essor de l’art moderne au Canada. »

Morrice était un voyageur chevronné. Né à Montréal, il part pour Paris en 1890 et choisit de s’établir comme artiste dans la célèbre Ville Lumière. De là, il parcourt la France (séjournant entre autres en Bretagne et en Normandie), se rend en Italie (le plus souvent à Venise), en Afrique du Nord  (Maroc, Tunisie et Algérie) et finalement dans les Antilles. Chargé par le Fonds de souvenirs de guerre de documenter l’avancement des troupes canadiennes, il monte au front comme peintre de guerre en février 1918. Il retourne aussi régulièrement chez lui, au Canada, et peint à Montréal, à Québec et dans la région de Côte-de-Beaupré. Mais quel que soit le lieu où il peint, ses images, comme en témoigne Jardin du Luxembourg, Paris, captent l’atmosphère dramatique, théâtrale et toujours changeante de la vie moderne.

James Wilson Morrice, Jardin du Luxembourg, Paris, v. 1905, huile sur toile, 73 x 60,5 cm. Don de A.K. Prakash, Collection J.W. Morrice, 2015, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. Photo : MBAC

 

Chaque œuvre de la collection révèle un précurseur en pleine confiance de ses moyens, un pionnier qui illustrait parfaitement le nouvel axiome de la peinture par compression plutôt que par élaboration qui inspirait alors l’art moderne. Plutôt que de respecter une série de principes artistiques, Morrice a évolué vers une esthétique personnelle nourrie d’expériences et d’influences variées, créant un art remarquablement novateur tant sur la scène canadienne qu’internationale.  Morrice est en effet le premier artiste canadien dont les œuvres furent présentées à la Biennale de Venise.  C’était en 1903. Il participa à d’autres éditions de la Biennale au cours de sa vie et son œuvre y fut exposée en 1958 à l’occasion de l’exposition inaugurale du Pavillon du Canada,  un choix qui atteste son influence et sa constante popularité posthume.

James Wilson Morrice, Hiver, Montréal (La maison rose), v. 1905-1907, huile sur toile, 61,3 x 50 cm. Don de A.K. Prakash, Collection J.W. Morrice, 2015, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. Photo : MBAC

 

Cette première présentation de la collection complète d’A. K. Prakash explore les chapitres de la vie et de l’art de Morrice suivant un ordre chronologique et une perspective géographique de ses lieux de prédilection.

À l’affiche du 13 octobre 2017 au 18 mars 2018 au Musée des beaux-arts du Canada, l’exposition sera ensuite accueillie à la Galerie d’art  Beaverbrook (12 avril–2 juillet 2018), au Musée des beaux-arts de l’Alberta (20 juillet–7 octobre 2018) et au Musée d’art de Joliette (2 février–5 mai 2019). La publication abondamment illustrée qui accompagne cette présentation, en vente à  AchatsMBAC.ca explore les florissantes traditions artistiques auxquelles James Wilson Morrice a été associé.  Visitez la chaîne YouTube du Musée pour regarder des vidéos au sujet de la collection, y compris celle intitulée « Qu’est-ce qu’une pochade ? »​

Exposition

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