André Biéler (Lausanne, Suisse 1896–1989 Kingston, Ontario)

 

André Biéler, Avant l'encan (1936), huile sur panneau de fibres, 111,8 x 121,8 cm. MBAC. Don d'Albert et Christa Fell, Kingston, 2011, à la mémoire de leur fils Douglas Branton Fell

André Biéler est né en Suisse et a immigré au Canada à l’âge de 12 ans, lorsque son père a commencé à enseigner à l’Université McGill. Il s’est enrôlé dans l’armée pendant la Première Guerre mondiale, a été blessé et gazé et est revenu invalide à Montréal en 1919.

Biéler a ensuite commencé des études d’art aux États-Unis. Toutefois, souffrant de graves crises d’asthme provoquées par le gazage, il part se refaire une santé en Suisse en 1922 grâce au climat alpin et devient l’apprenti d’un peintre suisse établi : son oncle Ernest Biéler (1863–1948).

Attiré par les coutumes agricoles préindustrielles et par les festivals religieux traditionnels qui règlent la vie des villages de Suisse et du Québec rural, il retourne au Canada en 1926 et s’installe à Sainte-Famille, dans l’île d’Orléans, jusqu’en 1930. Sainte-Famille comble toutes ses attentes. Le village est plutôt isolé (accessible uniquement par traversier ou par le fleuve gelé) et ses traditions culturelles centenaires sont bien implantées. Exposée au vent, l’île offre aussi un climat favorable pour son asthme, et le coût de la vie y est bas. 

Les rapides croquis de personnes et de paysages à la mine de plomb et à l’aquarelle que Biéler a l’habitude d’exécuter constitueront pendant des dizaines années des notes de terrain pour ses tableaux. Ses toiles peintes à la fin des années 1920 ont aussi bien pour thème des portraits de personnages locaux que des activités rurales et des traditions communautaires, sans oublier les paysages environnants. Dans une huile de 1929, La procession à Sainte-Famille, la rue est décorée du drapeau tricolore français, un drapeau souvent utilisé par les Nord-Américains francophones jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

André Biéler, La procession à Sainte-Famille  (1929), huile sur bois, 24,7 x 32,7 cm. MBAC. Legs de Vincent Massey, 1968

Biéler s’installe à Montréal en 1930. De là, il effectue régulièrement des excursions de dessin dans les Laurentides, d’abord à Saint-Sauveur-des-Monts puis, à partir de 1935, à Sainte-Adèle. Une grande aquarelle (43 x 53,5 cm) de 1935, Encan à Sainte-Adèle, a servi de base à Avant l’encan, où le peintre a modifié la disposition du groupe de personnages dans le centre droit et la partie supérieure gauche.

À la fin des années 1920 et dans les années 1930, André Biéler réalise de nombreuses estampes et peintures à la tempera ainsi que des aquarelles, des caséines et des huiles. Il peint peu de grandes huiles, la plus grande de cette époque étant Avant l’encan. La couleur plus pâle, la perspective en plongée et le regroupement des personnages témoignent de son admiration pour le travail de Paul Gauguin et des Nabis. 

La collection du Musée des beaux-arts du Canada a le privilège d’abriter quatre esquisses à l’huile de Biéler, ainsi qu’une riche sélection de ses merveilleuses estampes datant des années 1920 et 1930. Elle ne compte cependant qu’une seule œuvre de dimensions importantes, La Madone de la Gatineau (1940), et aucune des grandes aquarelles remarquables de cette époque.

 

André Biéler, La Madone de Gatineau (1940), tempera sur masonite  92 x 107,4 cm. MBAC

En 1936, André Biéler déménage à Kingston où il dirige jusqu’en 1963 le département d’art et le programme des expositions de l’Université Queen’s. Après sa retraite, il continue à produire des œuvres inspirées des centaines d’esquisses dessinées dans les villages du Québec à la fin des années 1920 et au début des années 1930.

 

 

 

 

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