David Altmejd

David Altmejd, Le vaisseau  (2011), Plexiglas, chaîne, plâtre, bois, fil, fil de métal, peinture acrylique, résine époxy, argile époxyde, gel acrylique, médium granulaire, quartz, pyrite, minéraux divers, adhésif, épingles et aiguilles, 260,4 × 619,8 × 219,7 cm. MBAC. © David Altmejd, avec l'aimable autorisation de la Andrea Rosen Gallery, New York

Né à Montréal en 1974, David Altmejd partage son temps entre Londres et New York. Il a acquis une réputation internationale au début de sa carrière, suscitant un immense intérêt pour sa série de sculptures de loups-garous plus grand que nature – des créatures semblant en permanence coincées entre évolution et régression, le corps hérissé de miroirs, de cristaux, de bijoux de pacotille et autres matériaux incongrus.

Intéressé par le transfert d’énergie entre les formes et par la façon dont la sculpture pourrait harnacher cette force vive, David Altmejd voit ses installations comme des décors raffinés dans lesquels il envisage des scénarios fantastiques peuplés d’êtres en constante mutation. Il est fasciné par la tradition folklorique voulant que des loups-garous habitent un espace « entre » l’humain et l’animal, le bien et le mal, la nature et la culture. Comme il l’explique dans une entrevue de 2004 : « L’énergie de la transformation [. . .] se cristallise et devient un objet qui génère de l’énergie. La présentation de cet objet dans la structure architecturale que j’utilise déclenche cette énergie, la canalise ou la fait circuler à travers l’œuvre. » 

Depuis 2007, année David Altmejd a représenté le Canada à la Biennale de Venise et fait du pavillon le théâtre prismatique de ses sculptures, ses œuvres deviennent des vitrines ou des réceptacles de plus en plus compliqués en vue de harnacher cette énergie. Elles ont aussi acquis une autre dimension et sont davantage centrées sur la transmission des forces créatrices des mains de l’artiste à ses matériaux. L’acte de création artistique étant pour lui un moyen de prolonger ce transfert d’énergie, il laisse désormais délibérément des traces de lui-même dans le plâtre et dans l’argile et utilise souvent son propre corps comme moule ou comme forme.

Uniquement limité par son imagination et par les contraintes des matériaux qu’il choisit d’utiliser, il crée des installations monumentales telles que Les trous et Le vaisseau (aujourd’hui dans la collection du Musée des beaux-arts du Canada), qui mélangent des éléments organiques, comme des arbres, des branches, des œufs, des oiseaux et des animaux empaillés, et des éléments non organiques, argile, cristaux, miroirs, perles et plâtre. Ses œuvres évoquent des terrariums fantasmagoriques où les organismes bouillonnent d’une énergie viscérale circulant en permanence entre les objets animés, les humains et leur environnement.

Représentations, collections et expositions

En 2009, David Altmejd a reçu le Prix Sobey pour les arts, le prix le plus prestigieux en art contemporain du Canada. La Gallery Met du Metropolitan Opera de New York (2008), le Centre National d’Art Contemporain de Grenoble (2009), la Vanhaerents Art Collection de Bruxelles (2010) et la Brant Foundation Art Study Center de Greenwich, au Connecticut (2011) lui ont consacré des expositions individuelles. Les Abattoirs de Toulouse, le Musée des beaux-arts de l’Ontario à Toronto, le Center for Curatorial Studies du Bard College à Annandale-on-Hudson dans l’État de New York, le Dallas Museum of Art, la Galerie de l’UQAM à Montréal, le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa, le Solomon R. Guggenheim Museum et le Whitney Museum of American Art, tous deux à New York ont acquis des œuvres de cet artiste.    

 

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