Elizabeth Price remporte le prix Turner 2012

Elizabeth Price, lauréate du prix Turner 2012, lors du gala de remise, le 3 décembre 2012. Photo : Lucy Dawkins, Tate Photography

Le prix Turner 2012 a été décerné à une vidéaste qui avoue avoir raté ses examens à l’école d’art, pensé à renoncer à une carrière d’artiste et découvert sa voie seulement dans la quarantaine, à temps pour être admissible au prix.

« L’idée même que je pouvais être finaliste au prix Turner était tout simplement absurde, grotesque. Complètement inimaginable », déclare Price, 46 ans, au Guardian après avoir reçu le prix lors d’une cérémonie ultra chic à la Tate Gallery, à Londres, le 3 décembre 2012.

Le prix Turner est remis à un artiste britannique de moins de 50 ans pour souligner une exposition ou toute autre présentation d’une œuvre remarquable durant les 12 mois précédant la date limite de mise en nomination. Nombreux sont ceux qui le considèrent comme l’un des prix les plus prestigieux au monde pour ce qui est des arts visuels.

Price a reçu le prix de 25 000 £ (40 000 $) pour son installation vidéo The Woolworth's Choir of 1979 [La chorale de 1979 de Woolworth]. Composée de trois parties séparées et distinctes, l'œuvre est à première vue décousue : photographies d’architecture religieuse, extraits vidéo de spectacle des Shangri-Las, groupe de filles des années 1960, et séquences de nouvelles sur un célèbre incendie en 1979 dans le rayon mobilier d’un magasin Woolworth, qui avait fait 10 victimes. Price tisse ces composantes dans une trilogie éminemment fascinante qui allie histoire sociale et fantaisie.

Dans le communiqué de presse de la Tate Britain, on peut lire « Le jury a admiré les qualités de séduction et d’attraction de la trilogie vidéo de Price, qui reflètent l’ambition caractérisant son travail des dernières années. Ses membres ont été impressionnés par la façon dont Price crée une expérience rythmique et ritualiste à travers des installations cinématographiques, qui combinent des matériaux différents et des vocabulaires techniques allant de documents d’archives à la publicité en passant par des vidéos de musique populaire. »

Les finalistes pour le prix Turner 2012, outre Price, étaient Spartacus Chetwynd, Luke Fowler et Paul Noble, qui recevront chacun 5000 £ (8000 $). Tous les artistes œuvrant au Royaume-Uni et les artistes britanniques travaillant à l’étranger sont admissibles. Le prix Turner, créé en 1984 par le collectif Patrons of New Art, a pour objectif de favoriser la discussion publique sur l’évolution de l’art contemporain britannique.

Lors de la fête qui précédait la cérémonie de remise des prix, Price a affirmé qu’elle était surprise d’avoir été retenue comme finaliste, « mais que c’était vraiment une surprise très agréable. Le plus intéressant, c’est la possibilité de présenter une exposition à la Tate, et aussi de faire une exposition qui attirerait un aussi grand nombre de personnes. Ce n’est pas toujours possible pour nous, artistes, d’atteindre un public aussi vaste, aussi nombreux. »

Price a commencé son périple en sculpture à la fin des années 1980, mais elle estimait son travail « trop poli, trop nerveux », comme elle le confie aux médias. « Il n’est pas comme moi. Il n’est pas fâché contre les choses. Les blagues ne sont pas des blagues que je trouve drôles. Il est trop complexé, pas suffisamment direct et candide. » Elle ne s’est sentie « émancipée » qu’à partir du moment où elle a commencé à réaliser des vidéos.

Elle affirme qu’une nomination au prix Turner « est un immense encouragement… Soudain, cette chose que l’on faisait au rez-de-chaussée de cet entrepôt de Hackney Road passe à la télé. Vous avez alors le sentiment d’être un défenseur de l’art contemporain. »

Le prix Turner a souvent attiré la controverse et la critique, en raison de pièces comme The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living : un requin dans le formaldéhyde, de Damien Hirst, et My Bed, un lit défait, de Tracey Emin.

Une exposition des œuvres des quatre finalistes est présentée à la Tate Britain jusqu’au 6 janvier 2013.

Elizabeth Price, lauréate du prix Turner 2012, lors du gala de remise, le 3 décembre 2012. Photo : Lucy Dawkins, Tate Photography

 

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