Jeux panaméricains et Art de la boxe à Oshawa

 

Clinton Griffin, Superpunch [Super coup de poing] (2002–2010), encre, acrylique et huile sur carton, 42,9 x 60,5 cm. Collection de l’artiste. Photo : Lesli Michaelis Onusko

Apprenant que l’Oshawa Sports Centre allait accueillir les matchs de boxe des Jeux panaméricains cet été, l’équipe de la Robert McLaughlin Gallery, un musée adjacent au centre sportif, a décidé qu’elle voulait participer à cette fête du sport. 

Linda Jansma, conservatrice en chef de la McLaughlin, a donc conçu une exposition thématique de vingt œuvres sur le thème de la boxe intitulée Boxing : The Sweet Science [Boxe : le noble art]. Les sculptures, les peintures, les photos et la vidéo dépeignent des boxeurs en pleine action ou utilisent ce sport pour d’illustrer une idée. Prises comme un tout, les œuvres démontrent à quel point ce sport fait maintenant partie de la culture dominante. 

 

« Quand nous avons choisi ce thème et que nous avons commencé nos recherches, nous avons vite vu qu’il existait une immense quantité d’images de boxe et su que nous tenions notre expo », explique Linda Jansma dans une entrevue avec Magazine MBAC.

Le Musée des beaux-arts du Canada a prêté Combat de boxe à mains nues (1885–1886, tiré en 1887) d’Eadweard Muybridge, un photographe britannique renommé pour ses études photographiques du mouvement. Ainsi, une de ses célèbres images démontre que les quatre pattes d’un cheval au galop quittent le sol en même temps. 

 

Eadward Muybridge, Combat de boxe à mains nues (v.  juin 1885 – 11 mai 1886, tiré en novembre 1887), phototype, 16.2 x 44.8 cm. MBAC. Don de Benjamin Greenberg, Ottawa, 1981

Combat de boxe à mains nues met en images l’entraînement de deux pugilistes à peine vêtus, les figeant sous bien des angles. Linda Jansma note : « Il se sert des boxeurs pour étudier la séquence des mouvements du corps. Il essaie de capter les minuscules mouvements que l’œil ne peut normalement pas saisir. Voilà pourquoi son travail offre selon moi un regard aussi fascinant sur la boxe : il saisit l’action sous toutes sortes d’angles différents. La composition de l’œuvre en fait une œuvre artistique, mais elle représente aussi un croisement intéressant avec la science. »

  

Pete Doherty, The Docks Nightclub, Toronto, Ontario [Boîte de nuit de The Docks, Toronto, Ontario] (2005/2015), épreuve à la gélatine argentique, 28 x 35,6 cm. Collection de l’artiste, avec la permission de la Stephen Bulger Gallery. Photo © Pete Doherty

Des œuvres anciennes telles que Combat de boxe à mains nues côtoient des images qui expriment une perspective plus contemporaine sur ce sport, telles les six épreuves du photographe canadien Pete Doherty. Boxeur amateur à la retraite et diplômé de l’Ontario College of Art, Doherty possède le don de saisir les brefs instants vécus dans un ring de boxe, une salle d’entraînement (ou en-dehors de ces lieux), transmettant le drame et la force de la volonté humaine. C’est le cas du boxer de The Docks Nightclub, Toronto, Ontario [Boite de nuit de The Docks, Toronto, Ontario] (2005). Assis dans un coin du ring, les épaules relâchées et les yeux fermés, il ne semble même pas conscient que l’eau que l’on asperge sur son torse semble s’évaporer au contact de sa chaleur. Impossible d’oublier une telle impression d’épuisement.

L’exposition présente aussi une grande épreuve au jet d’encre de l’artiste canadien Kristan Horton, Marty and Klaus [Marty et Klaus] (2012). Sur cette image, deux hommes aux visages transpirants, distordus et menaçants bravent l’objectif.

Linda Jansma précise : « Je lisais un article de Canadian Art dans lequel Kristan expliquait qu’il avait eu l’impression, après avoir créé cette image, qu’il voyait les deux frères du film de Martin Scorsese, Raging Bull [sur Jake LaMotta et son frère, Joey]. Les deux hommes de cette photo ne sont pas des boxeurs, mais ça n’a pas vraiment d’importance ; la référence de l’artiste au film a changé ma façon de voir l’image. »

 

Kristan Horton, Marty et Klaus (2012), épreuve d’archive au jet d’encre, 127 x 240 cm. Collection de l’artiste, avec la permission de la Jessica Bradley Gallery. Photo © Kristan Horton

La vidéo de Coral Short, Stop Beating Yourself Up [Arrêtez de vous taper dessus] (2013/2015), est la seule de l’exposition même si celle-ci n’était vraiment prévue au départ. En réalité, Coral Short est une artiste de performance qui s’entraîne à la boxe. Après avoir lacé ses gants, elle commence à se donner des coups de poings sur la tête. Trois heures plus tard, elle a une commotion cérébrale. La vidéo est un montage de cinq minutes de cette performance de trois heures filmée par Morgan Sea. « C’est une homosexuelle féministe qui veut attirer l’attention sur le fait que les femmes passent leur temps à s’auto-flageller, qu’il s’agisse de leur image corporelle ou de leur identité sexuelle, indique Linda Jansma. Elle a littéralement mis en scène ce comportement dans cette performance. C’est peut-être dur à voir, mais c’est très fort. »

Pour rester dans l’esprit de la boxe, la McLaughlin a demandé à quatre artistes de la région – Philip Nuttall, Dani Crosby, Joaquin Manay et Karolina Baker – de visiter le Motor City Boxing Club d’Oshawa. Réunies dans Motor City Boxing Stories [Histoires de boxe de Motor City], une exposition jumelée à Boxing, les œuvres qu’ils ont créées sont le fruit le leur expérience.

Boxing: The Sweet Science est à l’affiche à la Robert McLaughlin Gallery jusqu’au 13 septembre 2015. Une causerie spéciale et une visite réservées aux mordus de boxe seront organisées le 28 juin. Motor City Boxing Series sera présentée à la McLaughlin du 14 juillet au 2 août 2015. 

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