Les Canadiens de Montréal : images d’une équipe

Turofsky, Expérience et jeunesse forment un nouveau trio pour les Canadiens de Montréal. De gauche à droite : Rocket Richard (38 ans), son frère Henri (23 ans) et la recrue Cec Hoekstra. (24 ans), 1960. Épreuve à la gélatine argentique. © Imperial Oil-Turofsky/Hockey Hall of Fame; Photographe inconnu, Le hockeyeur Gump Worsley, à son premier départ dans les buts pour les Canadiens de Montréal en finale de la Coupe Stanley, observe Jacques Laperrière (2) en train de dégager la rondelle devant l’attaquant des Maple Leafs Pete Stemkowski hier soir au Gardens, 1967. Épreuves à la gélatine argentique; et Photographe inconnu, Se verser une Coupe Stanley de champagne au printemps est une tradition victorieuse toujours agréable pour Boum-Boum Geoffrion (à droite), mais une sensation nouvelle pour les recrues Marcel Bonin et Ralph Backstrom, 1959. Épreuve à la gélatine argentique. Tous don du Globe and Mail inc., Toronto, 2020. Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. Photo : MBAC

Il y a quelque chose d’énergisant au fait de lacer ses patins et de sauter sur la glace de sa patinoire extérieure locale par moins 20 degrés au cœur de l’hiver. Les bâtons s’entrechoquent, les poumons brûlent, la glace se fend en profonds sillons creusés par vos lames alors que vous vous précipitez vers la rondelle. Voilà un cadeau familier des rudes hivers canadiens pour quiconque montre assez de bravoure (ou d’inconscience) pour affronter les éléments. Une autre observation qui frappe devant une telle scène est le port du maillot des équipes de hockey, en particulier les couleurs bleu, blanc et rouge de celui des Canadiens de Montréal. Ce qui rend cette image peut-être encore plus emblématique est sa répétition depuis maintenant plus d’un siècle, partisans et joueurs locaux de toutes générations arborant leur allégeance aux Habs, surnom affectueusement donné à l’équipe.

Si les origines du hockey sur glace moderne demeurent un sujet controversé, Montréal est généralement considérée comme le berceau du hockey organisé au Canada. Après une première partie jouée selon des règles officielles attestée à la patinoire Victoria en mars 1875, des clubs de hockey ne tardent pas à se former et à prospérer tant à Montréal que dans les régions avoisinantes. Une dizaine d’années plus tard, en 1886, l’Association de hockey amateur du Canada est créée pour encadrer les compétitions entre l’Ontario, le Québec et les Maritimes. Cet organisme est remis en cause, renommé et rebâti à plusieurs reprises entre 1898 et 1910.

John Ambrose O'Brien fonde les Canadiens de Montréal en 1909, équipe dans laquelle les joueurs canadiens-français constituent la majorité des effectifs. L’équipe est renommée Club de hockey Canadien en 1917, après avoir rejoint la Ligue nationale de hockey (LNH), nouvellement constituée, et fait partie de celles qui participent à la saison inaugurale en 1917–1918. Si le club devient l’une des franchises sportives les plus titrées avec une avalanche de succès tout au long du XXe siècle, son histoire n’est pas exempte de conflits ou de tensions. Ceci est particulièrement vrai dans les premiers temps des rivalités entre équipes anglophone et francophone à Montréal et avec le rôle joué par le club dans l’affirmation d’une nationalité et identité canadiennes-françaises cohésives.

Dans le fonds d’archives photographiques du Globe and Mail au Musée des beaux-arts du Canada, le hockey sur glace masculin professionnel est le sport qui fait l’objet de la couverture la plus importante. Ceci témoigne de l’importance historique de ce sport en termes d’images d’actualité dans la presse illustrée et d’intérêt de la part du public, à la fois à titre de divertissement et d’entreprise commerciale. Si l’on trouve dans cette collection de nombreuses images d’équipes et de membres du panthéon de la LNH, plusieurs photographies ont pour sujet les Canadiens de Montréal. Ces épreuves à la gélatine argentique en noir et blanc réalisées à l’époque de la photographie analogique par des photographes de sport et de presse immortalisent toute l’énergie et l’esprit de l’équipe dans ses victoires comme dans ses défaites crève-cœur.

Turofsky, Nomadic Jacques Plante, Canadien’s Goaltender, Forms Line Astern as He Forsakes His Cage to Watch the Chase, 1957

Turofsky, Jacques « le serpent » Plante, gardien de but des Canadiens, passe derrière la ligne après avoir quitté sa cage pour regarder la poursuite, 1957. Épreuve à la gélatine argentique. Don du Globe and Mail inc., Toronto, 2020. Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. © Imperial Oil-Turofsky/Hockey Hall of Fame. Photo : MBAC

Parmi ces portraits des légendes québécoises des Canadiens de Montréal, on trouve Maurice « Rocket » Richard, son frère cadet Henri « Pocket Rocket » Richard, Bernard « Boum-Boum » Geoffrion, Jean Béliveau et Jacques Plante, pour n’en nommer que quelques-uns. Ces joueurs ont forgé la légende du club au cours des années 1950, 1960 et 1970, période où ce dernier a remporté les deux tiers de ses Coupes Stanley. Une image d’un photographe inconnu illustre les festivités dans le vestiaire après le gain d’une quatrième Coupe Stanley d’affilée lors de la saison 1958–1959 aux dépens des Maple Leafs de Toronto dans le cinquième match au Forum de Montréal. Un autre cliché, pris par le studio Turofsky, réputé pour ses formidables reportages sportifs, montre Jean-Guy Talbot fonçant le long de la bande, poursuivi par le joueur des Leafs Sid Smith. Le gardien des Canadiens Jacques Plante y figure, sans son terrible masque. Il est le premier gardien de but professionnel à porter une protection faciale dans la ligue. Même si cela fait quelques dizaines d’années qu’ils n’ont plus ramené la Coupe Stanley chez eux, les Canadiens sont toujours détenteurs du record de titres avec 24 championnats remportés. On peut donc dire que l’héritage et le succès historique de l’équipe demeurent sans égal.

Bien que le jeu lui-même se soit énormément transformé, le hockey sur glace et les Canadiens de Montréal sont aujourd’hui encore de puissants symboles du patrimoine, de la culture et de l’identité canadiens-français, les ligues, divisions, joueurs et joueuses du Québec ayant apporté d’inestimables contributions au progrès et à la popularité de ce sport. Les partisanes et partisans des Canadiens de Montréal restent aussi celles et ceux dont la passion et la ferveur sont les plus fortes parmi toutes les franchises de la LNH. Ces archives de photographies de presse nous ouvrent une fenêtre sur les époques et dynasties passées de l’équipe, nous permettant ainsi de nous souvenir de sa longue, riche et incroyablement dense histoire, et de lui rendre hommage.

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