La solitude de la guerre : James Wilson Morrice

James Wilson Morrice, Scène de guerre, 1918. Huile et mine de plomb sur bois, 23.5 x 33 cm. Don de G. Blair Laing, Toronto, 1989. Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. Photo: MBAC

James Wilson Morrice est l’un des plus grands peintres modernistes du Canada. Il réussit, avec une habileté unique, à représenter dans ses toiles ce qu’il vit, à saisir un moment et à le rendre éternel. Son talent est à ce point remarquable que l’éminent critique d’art français Louis Vauxcelles écrit, en 1909, que, depuis James Abbott McNeill Whistler, Morrice est le premier peintre nord-américain à obtenir une place importante dans le monde de l’art international.

Contrairement à un grand nombre de ses collègues canadiens, Morrice décide de s’installer en Europe, où il vit la plupart du temps. Il passe presque toute la durée de la Première Guerre mondiale à Paris ou en voyageant en France, avec quelques séjours au Canada et une visite fortuite dans les Caraïbes en 1915. À la fin de 1917, il fait partie du groupe d’artistes britanniques et canadiens engagés par lord Beaverbrook et le Bureau canadien des archives de guerre pour documenter le conflit. En février 1918, dans le but de consigner l’avancement des troupes canadiennes en préparation d’une grande peinture murale (aujourd’hui dans la collection du Musée canadien de la Guerre), Morrice se rend au front en tant que membre du Corps expéditionnaire canadien. Il réalise des études qui captent la destruction et le calme relatif de plusieurs villes françaises après les combats.

Le Canadien se rend à Vimy et dans d’autres champs de bataille importants de l’est de la France. Dans Scène de guerre, Morrice dessine sur la surface peinte encore humide à l’aide d’une mine de plomb et d’un objet émoussé, peut-être un pinceau inversé, ce qui lui permet d’accentuer les lignes de la composition de manière expressive. Cette étude, comme d’autres qu’il a produites pour ce projet, porte la marque de la technique développés par Morrice dans les Caraïbes trois ans avant. Le ciel bleu roi s’inspire des tons de bleu de ses premières peintures dans cette région. La figure solitaire devient un motif récurrent dans ses œuvres parisiennes, mais dans ce contexte sa représentation d’un soldat isolé présente un éloignement qui exprime la détresse et l’isolement de la guerre. L’effet fait surgir la beauté parmi les décombres, une représentation universelle des suites des hostilités.

 

Scène de guerre de James Wilson Morrice et les œuvres de guerre d’artistes canadiens sont présentées dans la salle A107a au Musée des beaux-arts du Canada. Partagez cet article et n’oubliez pas de vous abonner à nos infolettres pour connaître les dernières informations et en savoir davantage sur l’art au Canada.

Partager cet article: