Les Chevaux au galop de Joe Fafard : en liberté toute l'année

Joe Fafard, Chevaux au galop, 2017, aluminium enduit de poudre, 10‑12 m en largeur installé. Acheté en 2017. Musée des beaux‑arts du Canada, Ottawa. © Joe Fafard Photo: MBAC

 

Chevaux au galop, la sculpture dynamique et immersive de Joe Fafard exprime toute la puissance et l’énergie des chevaux et confirme leur importance pour les paysages des Prairies canadiennes ainsi que leur relation privilégiée avec l’espèce humaine. La version originale, installée pendant quatre étés entre 2011 et 2016 devant le Musée des beaux-arts du Canada, ne supportait toutefois pas le climat rigoureux d’Ottawa et devait être rentrée l’hiver pour éviter de se détériorer. Une nouvelle édition de l’œuvre du célèbre artiste de la Saskatchewan est maintenant prête à être exposée toute l’année le long de la promenade Sussex.

Joe Fafard, Chevaux au galop, 2007, acier enduit de poudre et bronze, 10-12 m en largeur installé. Acheté en 2008 grâce à l’appui généreux des Mécènes distingués de la Fondation du Musée des beaux-arts du Canada. Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. Photo: MBAC

 

Les visiteurs et les habitants du quartier espéraient depuis longtemps pouvoir admirer ces chevaux en permanence. Leur souhait a été entendu et l’équipe de conservation et de restauration du Musée et Joe Fafard ont travaillé en étroite collaboration au cours de la dernière année pour créer une installation extérieure permanente. Évoquant les vastes paysages des provinces de l’Ouest, la sculpture originale se compose de onze silhouettes de chevaux au galop découpées au laser dans de l’acier. Chaque cheval est unique avec ses motifs tracés au laser et ses couleurs thermolaquées inspirées des couchers du soleil de l’Ouest. Tous sont individuellement ancrés dans un socle en bronze coulé qui rappelle les herbes des Prairies balayées par le vent.

Indépendamment de sa popularité et de sa forte présence visuelle, Chevaux au galop marque un moment déterminant de la carrière de l’artiste, soulignent Stephen Gritt, directeur de la conservation et de la recherche technique, et Doris Couture-Rigert, conservatrice en chef du Laboratoire de restauration et de conservation. Lorsqu’il a réalisé cette installation, l’artiste exécutait depuis de nombreuses années des moulages classiques en bronze et commençait à peine à produire des sculptures en acier découpé au laser. Chevaux au galop est donc un des premiers exemples importants de cette nouvelle technique. Or, comme l’explique Doris Couture-Rigert, l’acier et le bronze sont des matériaux polyvalents et généralement durables, mais leurs propriétés les rendent impropres aux vents et aux froids intenses de l’hiver d’Ottawa. Les deux métaux sont sujets à la corrosion, en particulier quand ils sont exposés aux sels de voierie en suspension, et les températures glaciales combinées à de grands vents peuvent faire vibrer la mince feuille de métal de 6 mm, causant le fendillement de la peinture le long des arêtes de l’acier.

Joe Fafard, détail de tête d'un cheval de la sculpture Chevaux au galop, 2017, aluminium enduit de poudre, 10‑12 m en largeur installé. Acheté en 2017. Musée des beaux‑arts du Canada, Ottawa. © Joe Fafard Photo: MBAC

 

Depuis la création de l’œuvre originale en 2007, Fafard a poursuivi ses expérimentations de matériaux et de procédés et produit de nouvelles sculptures robustes à partir de feuilles de métal. En plus d’utiliser de l’acier plus résistant, il travaille aujourd’hui avec des plaques d’aluminium de 1,5 cm façonnées par hydroformage, aux arêtes arrondies et avec des socles en aluminium moulé, lui permettant de créer des pièces extérieures qui résistent aux vents forts, aux précipitations et aux fluctuations de température extrêmes du climat septentrional.

Cette évolution technique a incité l’artiste et l’équipe de conservation et de restauration du Musée à recourir aux nouveaux matériaux et procédés afin de reproduire la sculpture Chevaux au galop en vue d’une installation extérieure permanente. L’artiste a ainsi produit une nouvelle série de onze chevaux en aluminium thermolaqué.

Joe Fafard, Chevaux au galop, 2017, aluminium enduit de poudre, 10‑12 m en largeur installé. Acheté en 2017. Musée des beaux‑arts du Canada, Ottawa. © Joe Fafard Photo: MBAC

Respectant l’esprit de l’œuvre de 2007, les nouveaux chevaux ont été réalisés à partir des motifs découpés originaux et les mêmes moules ont été utilisés pour les socles évoquant les herbes. Comme l’indique Stephen Gritt, cette approche a créé « un lien génétique » entre les deux éditions. La sculpture originale sera exposée dans les expositions à l’intérieur et la nouvelle version sera exposée en plein air de façon permanente. La réalisation de ce projet est une avancée significative, le musée participant à l’évolution d’un prototype de ce genre de sculpture, d’autant que l’installation témoigne de l’intérêt de l’artiste pour la maîtrise de nouveaux matériaux.

Fafard a créé l’édition originale de Chevaux au galop il y a onze ans et deux ans ou presque ont passé depuis la dernière fois qu’ils ont embelli la façade du Musée le long de la promenade Sussex. Le nouveau troupeau, dorénavant coulé en aluminium, galopera toute l’année en toute liberté. 

 

Les nouveaux Chevaux au galop en aluminium de Joe Fafard courront à l’extérieur du Musée des beaux-arts du Canada à partir de 17 mai 2018. The Essential Joe Fafard - Van Gogh & Other Inspirations est à l'affiche à Mayberry Fine Art à Toronto, jusqu'au 9 juin. Si vous désirez communiquer cet article, cliquez sur la flèche en haut à droite de la page.

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