Focus sur la collection : Isabelle Hayeur

Isabelle Hayeur, Mississippi 2, 2013. Épreuve au jet d'encre, collé sur aluminium.

Isabelle Hayeur, Mississippi 2, 2013. Épreuve au jet d'encre, collé sur aluminium, 158.1 x 121 cm. Musée des beaux‑arts du Canada, Ottawa. © Isabelle Hayeur. Photo: MBAC

 

L’artiste visualiste Isabelle Hayeur exprime ses préoccupations concernant l‘utilisation et l’exploitation du territoire à travers la photographie et la vidéo expérimentale, en adoptant une perspective critique environnementale, urbanistique et sociale1.

Splendides au premier regard, ses photographies captivent les spectateurs par leur attention épurée aux textures, leurs palettes de couleur limitées et leurs compositions simples. Après un examen plus approfondi, cependant, les effets déconcertants et troublants de la dévastation environnementale émergent.

Isabelle Hayeur, Nadia, 2004. Épreuve au jet d'encre, collé sur aluminium.

Isabelle Hayeur, Nadia, 2004. Épreuve au jet d'encre, collé sur aluminium, 108.9 x 157 cm. Musée des beaux‑arts du Canada, Ottawa. © Isabelle Hayeur. Photo: MBAC

 

La sélection par le Musée d’œuvres photographiques de Hayeur recoupe des séries diverses, reflétant l’intérêt de l’artiste pour l’impact de l’urbanisation sur l’environnement. Dans ses images, Hayeur explore différents types de sites pour montrer à quel point l’activité humaine a profondément affecté le paysage.

Nadia est un commentaire sur les conséquences de la construction de quartiers de banlieue sur la nature, alors que Mississippi 2 atteste des années de préoccupations environnementales envers les cours d’eau engendrées par l’intervention humaine. Les photographies de Hayeur sont visuellement discordantes : elles rendent les spectateurs désagréablement conscients de choses qu’ils aimeraient mieux ignorer, tout en évoquant un sentiment de malaise et de désarroi devant un système défectueux et la destruction continue de la nature2.

Au-delà de sa critique des environnements urbains, la démarche actuelle de l’artiste fait une place plus grande au militantisme. « Penser mondialement, agir localement », telle est l’attitude qu’elle tend à incorporer dans ses créations à travers son engagement dans la communauté3. Elle estime important de s’investir et d’éduquer les gens, et elle utilise sa production artistique comme outil pour susciter une prise de conscience, tout en rendant compte de la beauté tragique de ce qui nous entoure.

En savoir plus... 

Biographie

Isabelle Hayeur, qui habite la région de Montréal, entreprend sa carrière artistique dans les arts médiatiques et obtient en 2002 une maîtrise en arts plastiques de l’Université du Québec à Montréal. Dans son travail, elle adopte une perspective critique écologique et urbanistique et, depuis la fin des années 1990, elle a élargi sa vision photographique avec des images de chantiers, de terrains vagues et de terres exploitées dans une dénonciation du traitement de la nature en Amérique du Nord4.

À propos de l’autrice

Jennifer Tang étudie à la maîtrise en conservation et gestion des collections de films et de photographies à la X University (anciennement Ryerson) à Toronto.

 


1 « Isabelle Hayeur », site Web d’Isabelle Hayeur. Consulté le 27 septembre 2021, https://isabelle-hayeur.com/biographie/

2 Serge Bérard, « Inhabiting: The Works of Isabelle Hayeur », site Web des Oakville Galleries, 2006. Consulté le 27 septembre 2021, http://www.oakvillegalleries.com/site/static/digitalarchivefileuploads/47/0606-Isabelle_Hayeur.pdf

3 Ibid.

4 « Isabelle Hayeur, Biographie », site VOX. Consulté le 27 septembre 2021, http://centrevox.ca/artiste/isabelle-hayeur/

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